Les Philadelphia 76ers ont arraché un Game 7. En battant les Boston Celtics 106-93 dans leur salle, ils se sont offert bien plus qu’un match décisif : une occasion de renverser une histoire qui leur échappe depuis des décennies.
Parce que le contexte est brutal. Philadelphie n’a plus éliminé Boston en playoffs depuis 1982. Six confrontations depuis, six éliminations. Une domination qui dépasse les générations et qui a fini par s’installer comme une constante. Joel Embiid n’a pas tourné autour du sujet.
“Je joue contre eux depuis longtemps… et j’en ai marre de perdre contre eux. On a une chance de faire quelque chose de spécial.”
Ce Game 6, les Sixers l’ont maîtrisé de bout en bout. Pas de trou d’air, pas de passage à vide, pas de course derrière le score. Une copie solide, construite, avec une vraie maîtrise du tempo. Boston n’a jamais mené.
Tyrese Maxey a donné le ton avec 30 points, sans perdre le moindre ballon en près de 40 minutes. Une performance propre, tranchante, essentielle face à une défense qui vit habituellement des erreurs adverses.
Paul George a signé son match le plus complet depuis son arrivée à Philadelphie : 23 points, de l’impact défensif sur les ailes et des tirs importants quand Boston tentait de revenir.
“Il a été énorme. Constant. Un vrai leader”, a résumé Maxey.
Et puis il y a Embiid. Toujours en reprise après son opération, encore en difficulté à l’adresse (6/18 au tir), mais indispensable dans l’équilibre du jeu. Huit passes pour une seule perte de balle, des prises de décision propres, et une capacité à fixer la défense pour créer des décalages.
“Tous les tirs que je prends sont courts… ça va finir par tomber. J’espère que ce sera au prochain match.”
Le prochain match, ce sera à Boston. Et tout se complique forcément là-bas. Les Celtics restent une équipe redoutable à domicile, capable de prendre feu très vite à trois points. Mais sur les deux dernières rencontres, quelque chose a bougé. Jaylen Brown l’a reconnu :
“On joue un peu dans leurs mains… ce n’est pas ce qu’on fait habituellement.”
Ce basculement, même léger, suffit à ouvrir une fenêtre. Philadelphie a réussi à ralentir le jeu, à contrôler les possessions et à limiter l’impact extérieur de Boston. Trois fois dans cette série, les Celtics ont été maintenus sous les 30% à trois points. Quand cette mécanique s’enraye, tout devient plus compliqué pour eux.
Reste un autre mur à franchir : l’histoire récente des Sixers eux-mêmes. Zéro victoire en dix-huit (!) tentatives après avoir été menés 3-1. Aucune remontée. Jamais. 0-18. Ce Game 7 est une première vraie chance de faire sauter ce verrou. Mais Nick Nurse, stratège reconnu qui confirme son talent d'adaptation sur cette série, garde la tête froide :
“On a très bien joué, mais ça ne garantit rien. Il faudra s’adapter encore, faire les bons ajustements et produire un énorme effort.”
Tout se résume à ça. Un match. Un contexte hostile. Une série qui a déjà basculé plusieurs fois. Et une équipe qui traîne un passif lourd face à cet adversaire. Philadelphie est à une victoire de changer son histoire face à Boston.
Grosse mêlée et double éjection pour Dyson Daniels et Mitchell Robinson
