Enfin. Enfin le dénouement d’un feuilleton qui commençait sérieusement à (trop) s’éterniser. Après 13 années passées dans le Wisconsin, Giannis Antetokounmpo n’est plus un joueur des Milwaukee Bucks. Direction le Miami Heat pour la superstar grecque, qui devient le premier multiple MVP tradé depuis Moses Malone en 1986. Une issue qui semblait inévitable. Ce n’était finalement plus une question de « si » mais de « quand » il serait échangé.
Et Shams Charania avait vu juste en annonçant lundi une décision imminente sur le dossier. Le journaliste listait alors deux finalistes : Miami et Boston. Le couperet est tombé quelques heures plus tard, toujours via Charania, et c’est donc le Heat qui remporte les enchères en expédiant Tyler Herro, Kel’el Ware, Jaime Jaquez, Kasparas Jakucionis, un droit de swap à la draft en 2030, des premiers tours en 2031 et 2033 ainsi que deux autres swaps sur des seconds tours. Giannis rejoint lui South Beach en compagnie de Bobby Portis.
Giannis Antetokounmpo tradé à Miami !
Jimmy Haslam, l’un des quatre co-propriétaires des Bucks, avait profité de la conférence de presse d’introduction de Taylor Jenkins, le nouveau coach de l’équipe, début mai pour fixer une deadline artificielle sur le cas Antetokounmpo. Il estimait que le club se devait de débloquer la situation étrange autour de son meilleur joueur avant la draft (prévue ce mardi soir). Avec seulement deux options possibles : soit le vétéran indiquait son intention de prolonger avec Milwaukee, soit il serait transféré. Les dirigeants se sont tenus à ce délai. Le natif d’Athènes ayant fait comprendre qu’il ne s’engagerait pas sur du long terme, le management est donc passé à l’action.
C’est maintenant avec le Heat que Giannis Antetokounmpo peut parapher un nouveau bail de quatre années supplémentaires pour un montant estimé autour des 275 millions de dollars. Les deux parties peuvent valider l’extension à partir du premier octobre prochain.
En attendant, le trade pourrait être étendu à plusieurs autres équipes. Tout dépend notamment de ce que les Bucks envisagent pour Tyler Herro. L’arrière de 26 ans est le joueur le plus talentueux récupéré par Milwaukee à l’heure actuelle. Il est originaire du Wisconsin et serait enchanté à l’idée de pouvoir prendre un nouveau départ après sept saisons passées en Floride. Il dispose aussi d’une dernière année de contrat à 33 millions de dollars. Son nouveau club peut donc éventuellement le prolonger, et ses agents réclameront une somme proche du maximum, ou le rerouter vers un autre point de chute.
Parce que même si les Bucks vont officiellement entrer dans une nouvelle ère et entamer leur reconstruction avec ce départ de Giannis, ils n’ont pas la main sur leurs propres tours de draft avant 2031. La franchise peut essayer de rester le plus compétitive possible. Mais les équipes dans ces situations ont tendance à vouloir miser sur des jeunes talents qu’elles sélectionnent puis développent. Herro constitue une monnaie d’échange suffisamment intéressante pour récupérer d’autres atouts (picks, jeunes joueurs). Une autre option consiste à renvoyer ailleurs les choix du Heat (2031 et 2033) en contrepartie des tours précédemment cédés. Les Pelicans contrôlent le pick 2027 des Bucks et les Blazers possèdent celui des trois drafts suivantes.
Les picks de Miami présentent un certain intérêt étant donné que Giannis Antetokounmpo sera a priori au-delà de son prime en 2030, 2031 et 2033. L’organisation floridienne sera alors elle aussi potentiellement en reconstruction. Brooklyn avait par exemple refourgué à Houston plusieurs tours de draft d’autres franchises pour obtenir ceux (2024 et 2025) précédemment envoyés aux Rockets. Affaire à suivre donc. Herro serait d’ailleurs suivi de près par Detroit.
Mais le gros du transfert concerne évidemment la formation qui met la main sur l’un des cinq meilleurs basketteurs de la planète. Pat Riley tient enfin sa superstar. Après avoir échoué pour recruter Kevin Durant ou pour rameuter Donovan Mitchell et Damian Lillard via un trade, le boss montre qu’il est encore capable de conclure un marché. En payant le prix fort, ce qui lui avait manqué lors des dernières négociations. Il faut dire qu’Antetokounmpo boxe dans une autre catégorie que Lillard et Mitchell. C’est théoriquement un « game changer » et un joueur susceptible de s’inscrire dans la lignée de Alonzo Mourning, Dwyane Wade, Shaquille O’Neal et LeBron James. Son jeu et sa mentalité collent aussi parfaitement avec la culture développée au Heat depuis de nombreuses années.
Et pourtant… ce trade fait-il vraiment de Miami un favori au titre ? Ou même un favori à l’Est ? Il est évident que le front office va encore devoir travailler durant les prochains semaines. Parce que, sur le papier, l’effectif est un peu léger sur certains postes clés. Dans l’état, Giannis Antetokounmpo sera donc associé à Bam Adebayo, Bobby Portis, Andrew Wiggins s’il active son option à 30 millions de dollars (ou est prolongé pour un montant plus bas sur plusieurs saisons), Pelle Larsson, Nikola Jovic, Dru Smith, Davion Mitchell et éventuellement Norman Powell s’il accepte de signer un nouveau contrat. C’est solide, bien sûr. Notamment dans la raquette, où les deux All-Stars devraient former une paire défensive extraordinaire.
Mais ça manque de créativité. De punch balle en main. D’adresse. Autant d’éléments cruciaux pour gagner des matches de basket au plus haut niveau de la compétition à notre époque. Le Heat a besoin de shooteurs, de playmakers d’élite et de profondeur de banc. Sauf que la marge est infiniment réduite avec ce trade. Les dirigeants n’ont plus de tours de draft disponibles à échanger et une flexibilité financière très limitée. Ils peuvent toujours tester la valeur de Jovic mais il paraît quasiment impossible de rameuter un arrière star pendant l’intersaison.
Ja Morant faisait un temps office de plan B si jamais Giannis ne venait pas à Miami. Cette piste peut-elle être réactivée ? En sacrifiant Wiggins et Jovic ? C’est peu, mais les Grizzlies finiront bien par se rendre à l’évidence : leur meneur All-Star n’est plus du tout coté sur le marché.
Il est possible que le Heat s’ajuste simplement à la marge en attendant l’été 2027. Dans tous les cas, la franchise a réussi la première étape clé en raflant la mise sur Giannis Antetokounmpo. Il faut maintenant que le joueur de 31 ans (32 en décembre) reste en bonne santé. Il n’a atteint qu’une seule fois la barre des 70 rencontres au cours des sept dernières saisons. La rigueur floridienne et l’excitation liée à ce nouveau départ, ainsi que le soulagement de pouvoir enfin tourner la page, pourraient l’aider à revenir plus fort que jamais.
Avec Ware, Jakucionis et Jaquez, Milwaukee va pouvoir développer trois jeunes joueurs intéressants. Mais aucun n’est promis à devenir le prochain franchise player des Bucks. Idem pour les 10eme et 13eme choix de la draft du soir. Peu importe, l’objectif est pour l’instant de miser sur la jeunesse en attendant des jours meilleurs. Myles Turner pourrait être tradé lui aussi. C’est un nouveau chapitre qui s’ouvre pour les Bucks, pour le Heat mais aussi pour la Conférence Est, où les cartes, sans être complètement rebattues, sont forcément chamboulées.

Certes mais il y a deux saisons "Covid" à 72 matchs !
Et sur ces saisons là il ne rate que 10 & 11 matchs.
C'est encore moins que Giannis qui en a joué 176 sur la même période.
N'était-il pas trop risqué d'avoir 2 titulaires aussi souvent absent ?