Joan Beringer ne va sans doute pas beaucoup voir le terrain lors de la demi-finale de Conférence entre Minnesota et San Antonio. Qu’importe : la saison rookie du jeune intérieur français est déjà réussie. Il a emmagasiné du temps de jeu, côtoyé de très près l’un des meilleurs défenseurs de l’histoire de la NBA, son coéquipier Rudy Gobert, et reçu une attention particulière de la part de Chris Finch et de son staff, jamais avares en mots positifs à son sujet.
Surtout, Beringer n’a peut-être pas seulement progressé en tant que basketteur depuis son arrivée dans la ligue. Il a aussi grandi. Littéralement. D’après Maxime Aubin de L’Équipe, qui l’a interrogé en marge du game 1 remporté par Minnesota, le Français a pris plus de 2,5 centimètres depuis la Draft, il y a un peu moins d’un an. Officiellement annoncé à 2,11 m, Beringer serait donc désormais tout proche des 2,14 m. Une information presque irréelle pour un joueur dont le potentiel physique faisait déjà tourner les têtes.
Parce que c’est bien là que l’histoire devient franchement effrayante pour la suite. Beringer était déjà mobile, long, vertical, capable de protéger le cercle et de dévaler le terrain avec une aisance rare pour un intérieur. Le voir continuer à s’étirer alors qu’il découvre encore le très haut niveau donne une dimension encore plus spectaculaire à sa marge de progression. Pour Minnesota, qui a déjà pu l’observer au quotidien au contact de Rudy Gobert, ce n’est plus seulement un pari athlétique : c’est un projet de développement avec un plafond difficile à fixer.
Ses chiffres de rookie restent modestes (3,9 points, 2,3 rebonds et 0,3 passe en 40 matches de saison régulière, à 66,3 % au tir) mais ils doivent être lus en contexte. Beringer n’a que trois ans de basket organisé derrière lui et n’a pas encore de vrai rôle dans la rotation des Wolves. Son DNP dans un game 1 très serré face aux Spurs rappelle qu’en playoffs, Chris Finch s’appuie d’abord sur ses certitudes. Mais ses séquences ont suffi à nourrir l’enthousiasme, notamment lorsqu’il a signé 24 points, 13 rebonds et 7 contres contre New Orleans.
La suite s’annonce radieuse, et peut-être même un peu intimidante. Si Beringer continue d’apprendre aussi vite qu’il grandit, Minnesota tient peut-être là beaucoup plus qu’un simple back-up de Rudy Gobert.
