Comment Joe Johnson a transformé le Miami Heat

Joe Johnson est comme un poisson dans l'eau à Miami. Depuis l'arrivée du septuple All-Star, le Heat semble avoir retrouvé l'ambition de dominer tout le monde à l'Est.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus
Comment Joe Johnson a transformé le Miami Heat
Beaucoup s'attendaient à ce que Joe Johnson, blasé par les dernières années de sa carrière du côté de Brooklyn, fasse dans l'évident. En gros, qu'il rejoigne Cleveland, l'écurie la plus à même d'atteindre les Finales NBA, quitte à avoir un temps de jeu assez faible et à servir de faire-valoir à LeBron James. Les appels du pied du "Chosen One" n'ont pas pris. "Joe Cool" a décidé de se faire plaisir en déménageant du côté de South Beach pour profiter d'un cadre nettement moins morose que celui de l'Ohio. Du moins, c'est de cette façon que l'on pouvait interpréter le choix de celui qui était courtisé par toutes les franchises un tant soit peu ambitieuses de la ligue après avoir été libéré par les Nets.
"Je suis sur la fin de ma carrière, je vais avoir 35 ans. J'étais à la recherche d'une certaine sécurité. Pas forcément avec un accord verbal ou certaines assurances, mais je voulais choisir une équipe où j'allais vraiment apprécier de jouer à ce sport. J'ai parlé avec Wade, Haslem et Stoudemire à propos du style de jeu du Heat, c'était sûrement la plus grosse différence. Ils m'ont dit qu'ils voulaient avoir un rythme soutenu avec une attaque rapide, ça m'a convaincu", avait-il expliqué au Palm Beach Post.
[superquote pos="g"]Spoelstra : "Joe est un joueur vraiment cérébral"[/superquote]Après 20 matches disputés sous le maillot de Miami, on comprend effectivement mieux ce qui a poussé le septuple All-Star à prendre cette décision. Il sentait que son impact serait décisif en Floride et qu'il pourrait y tenir un rôle majeur. L'arrivée de Johnson coïncide en effet avec une intéressante dynamique pour les hommes d'Erik Spoelstra, qui comptent 13 victoires pour 7 défaites depuis la signature du vétéran, et se sont un peu réinventés par la force des choses. La nouvelle absence de Chris Bosh a contraint Spoelstra à redistribuer les cartes et la présence d'un élément aussi expérimenté et discipliné que Joe Johnson l'y a aidé.
"Joe Johnson est un joueur vraiment cérébral et il a une telle expérience... Il apporte un équilibre à notre équipe et c'est un gagnant. Il peut à la fois être le point central de votre attaque, puisque c'est ce qu'il a fait pendant plus de 10 ans, mais aussi se mettre au service d'autres joueurs comme Dwyane et Goran", a expliqué "Spo" au Miami Herald.

Une vraie connexion avec D-Wade

[caption id="attachment_320262" align="alignleft" width="318"] Joe Johnson a fait partie du "All-Star Five" de Brooklyn.[/caption] A Miami, le #2 du Heat n'est pas cantonné à la fonction de shooteur clutch. L'image qu'il renvoie depuis fin février est celle d'un facilitateur de jeu complètement revigoré. Là où il tournait péniblement à 40.6% d'adresse globale à Brooklyn, Joe Johnson fait dans le diaboliquement efficace à Miami avec 52.3% au shoot et un superbe 44% derrière l'arc. A peine moins utilisé qu'à New York (32 minutes contre 33), le natif de l'Arkansas est plus prolifique (13 points et 4 passes de moyenne contre 11.8 pts et 4 pds) et surtout beaucoup moins exposé qu'au Barclays Center, où il faisait office de dernier Mohican du projet mort-né de Mikhail Prokhorov autour de Kevin Garnett, Paul Pierce, Deron Williams et lui-même. Incontournable, Johnson fait également partie du 5 le plus efficace du Heat (celui avec le meilleur "net rating"), en compagnie de Goran Dragic, Dwyane Wade, Luol Deng et Hassan Whiteside. Au-delà de toute considération statistique, certains "intangibles" font que l'intéressé a aidé son nouvel employeur à rester dans la course au podium (et à celle de l'avantage du terrain au 1er tour des playoffs) au moment du sprint final. Par ailleurs, son alchimie avec Dwyane Wade est aussi remarquable que surprenante. Les deux shooting guards de formation se complètent parfaitement, Wade prospérant sur pick and roll grâce à une connexion bien meilleure avec Hassan Whiteside, pendant que Johnson écarte le jeu ou perturbe l'opposition grâce à ce qu'il appelle ses "veteran tricks" pour se retrouver dans sa position préférentielle en tête de raquette. [superquote pos="d"]D-Wade : "Joe nous fait un bien fou"[/superquote]"Quand vous récupérez un gars aussi intelligent que lui, c'est une plus-value énorme. Des joueurs comme Joe sont capables de se fondre partout. Entre nous, ça se passe bien parce que nous sommes à la fois similaires, dans le sens où on aime pénétrer et déclencher des choses lorsque l'on a la balle, et différents parce qu'il aime aussi s'écarter et shooter de loin. J'aime beaucoup jouer avec lui et il nous fait un bien fou". Si les choses vont un peu moins bien depuis quelques jours, avec un Johnson plus brouillon à la finition, Erik Spoelstra n'est absolument pas inquiet.
"Les équipes ferment davantage sur lui sur les pick and rolls. On commence à anticiper ce comportement et cette attention sur Joe libère des opportunités pour les autres. Quand un gars se fait "trapper", un autre en tire profit".
C'est évidemment en playoffs que le Heat espère tirer le meilleur parti de la présence de Joe Johnson avec, pourquoi pas, un ou deux shoots meurtriers en fin de match pour justifier au passage sa réputation. Pourquoi pas, pendant qu'on y est, le faire face à Cleveland en cas d'affrontement alléchant en demi-finale ou en finale de Conférence, et prouver que c'est bien par intérêt sportif qu'il a opté pour Miami...

Le match de Joe Johnson contre les Bulls

https://www.youtube.com/watch?v=-DZCOAr99gw

Les stats de Joe Johnson en carrière

Year Team G Min FGM FGA FG% 3PM 3PA 3PT% FTM FTA FT% Off Def Reb Ast TO Stl Blk PF Pts
2001-02 PHO 29 31:28 4.2 9.9 42.0 0.5 1.4 33.3 0.7 0.9 77.8 1.2 2.9 4.1 3.6 1.5 0.9 0.4 1.9 9.6
2001-02 BOS 48 20:53 2.7 6.2 43.9 0.5 1.8 27.3 0.4 0.5 76.9 0.8 2.1 2.9 1.5 0.6 0.7 0.2 1.2 6.3
2002-03 PHO 82 27:30 3.9 9.7 39.7 0.9 2.5 36.6 1.2 1.5 77.4 0.7 2.5 3.2 2.6 1.3 0.8 0.2 1.7 9.8
2003-04 PHO 82 40:37 6.8 15.7 43.0 1.0 3.3 30.5 2.1 2.8 75.0 1.0 3.7 4.7 4.4 2.4 1.1 0.3 2.2 16.7
2004-05 PHO 82 39:30 6.6 14.4 46.1 2.2 4.5 47.8 1.6 2.2 75.0 1.5 3.7 5.1 3.5 1.8 1.0 0.3 2.0 17.1
2005-06 ATL 82 40:43 7.7 17.0 45.3 1.6 4.4 35.6 3.2 4.0 79.1 1.2 2.9 4.1 6.5 3.3 1.3 0.4 2.3 20.2
2006-07 ATL 57 41:23 9.4 20.0 47.1 2.1 5.5 38.1 4.1 5.5 74.8 0.9 3.3 4.2 4.4 3.1 1.1 0.2 2.0 25.0
2007-08 ATL 82 40:45 7.9 18.3 43.2 2.1 5.4 38.1 3.9 4.6 83.4 1.0 3.5 4.5 5.8 2.7 1.0 0.2 2.0 21.7
2008-09 ATL 79 39:32 7.8 18.0 43.7 1.9 5.2 36.0 3.8 4.6 82.6 0.8 3.6 4.4 5.8 2.5 1.1 0.2 2.2 21.4
2009-10 ATL 76 37:58 8.4 18.2 45.8 1.7 4.6 36.9 2.9 3.5 81.8 1.0 3.7 4.6 4.9 1.9 1.1 0.1 1.9 21.3
2010-11 ATL 72 35:28 7.1 16.1 44.3 1.2 4.2 29.7 2.7 3.4 80.2 0.8 3.2 4.0 4.7 2.0 0.7 0.1 1.8 18.2
2011-12 ATL 60 35:26 7.1 15.5 45.4 2.1 5.4 38.8 2.6 3.1 84.9 0.9 2.8 3.7 3.9 1.9 0.8 0.2 1.3 18.8
2012-13 BKN 72 36:41 6.2 14.6 42.3 2.1 5.5 37.5 1.8 2.2 82.0 0.7 2.3 3.0 3.5 1.7 0.7 0.2 1.4 16.3
2013-14 BKN 79 32:35 5.8 12.9 45.4 2.1 5.1 40.1 2.0 2.5 81.5 0.6 2.8 3.4 2.7 1.5 0.6 0.1 1.6 15.8
2014-15 BKN 80 34:53 5.6 12.8 43.5 1.5 4.2 35.9 1.8 2.2 80.1 0.7 4.1 4.8 3.7 1.7 0.7 0.2 1.5 14.4
2015-16 MIA 20 32:13 5.1 9.8 52.3 1.5 3.3 43.9 1.2 1.6 77.4 0.7 2.3 3.0 3.8 1.7 0.9 0.1 2.1 12.9
2015-16 BKN 57 33:55 4.3 10.7 40.6 1.5 4.0 37.1 1.6 1.9 85.2 0.6 3.3 3.9 4.1 2.0 0.7 0.0 1.8 11.8
Totals 1139 36:03 6.5 14.6 44.2 1.6 4.3 37.2 2.4 2.9 80.1 0.9 3.2 4.1 4.2 2.0 0.9 0.2 1.8 16.9
   
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