Les Golden State Valkyries ne sont plus qu'à une victoire d'un titre WNBA qui serait historique, dès leur deuxième saison d'existence ! Après avoir été sévèrement bousculées lors des Games 2 et 3, les joueuses de Natalie Nakase ont remporté un deuxième match consécutif, cette fois à domicile (64-55), pour reprendre l'avantage dans ces Finales. Il n'y a pas eu de festival offensif au Chase Center, bien au contraire. Golden State a surtout livré une démonstration défensive, avec Kiah Stokes en patronne et une équipe d'Atlanta complètement privée de solutions.
La première mi-temps a donné le ton. Les deux équipes se sont rendu coup pour coup, mais ont surtout raté énormément de tirs. Malgré un passage de plus de quatre minutes sans marquer dans le deuxième quart-temps, Golden State est parvenu à conserver l'avantage grâce à sa défense. Avec seulement 47 points inscrits à elles deux à la pause (25-22 pour les Valkyries), difficile de ne pas avoir parfois l'impression d'assister à une guerre de tranchées.
Atlanta n'a inscrit que 8 petits points dans le deuxième quart-temps, incapable de trouver des tirs confortables dans la raquette et régulièrement poussée à jouer contre la montre.
Kiah Stokes, MVP des Finales en puissance ?
Le troisième quart-temps a permis à Golden State de prendre un peu d'air. Un panier de Kaila Charles, un tir à trois points de Stokes et une pénétration de Tiffany Hayes ont alimenté un 7-0 au retour des vestiaires. Atlanta est brièvement revenu à deux points, notamment grâce à Rhyne Howard et Jordin Canada, mais les Valkyries ont systématiquement trouvé une réponse. Un nouveau tir primé de Stokes et un panier de Veronica Burton en fin de période ont permis aux locales de mener 46-40 avant les dix dernières minutes.
Le Dream a encore essayé de s'accrocher, mais un panier avec la faute de Gabby Williams, suivi d'un nouveau trois points de Stokes, a creusé un écart à deux chiffres. Golden State a compté jusqu'à 16 points d'avance dans le money time, avant quelques paniers tardifs d'Atlanta pour limiter les dégâts.
Stokes a été immense, avec 13 points à 5/6 au tir, dont un improbable 3/4 à trois points, 8 rebonds et 3 contres. Déjà détentrice du record de contres sur une série de Finales WNBA, elle porte désormais son total à 17. Son impact sur Angel Reese a été encore plus important que ses statistiques.
Après avoir inscrit 30 puis 21 points dans les deux victoires du Dream, Reese vient d'enchaîner deux rencontres à 8 et 7 points. Cette fois, elle n'a converti que 2 de ses 8 tentatives, malgré 15 rebonds. La présence de Stokes, son timing et l'aide apportée par les autres défenseuses ont complètement perturbé son jeu près du cercle. Sans cette menace intérieure, toute l'attaque d'Atlanta est devenue nettement plus prévisible.
Les chiffres collectifs sont particulièrement parlants : 29,2 % de réussite pour Atlanta (19/65), seulement 18 points inscrits dans la peinture et 17 ballons perdus. Golden State a inscrit 21 points à la suite des pertes de balle adverses, contre seulement 6 pour le Dream.
Golden State gagne désormais même sans une grande Gabby Williams
Autre enseignement important : les Valkyries n'ont pas eu besoin d'un énorme match offensif de Gabby Williams pour s'imposer. La Française a terminé avec 9 points à 3/14 au tir, 6 rebonds, 2 passes et 3 interceptions en 34 minutes. Une soirée compliquée à la finition, compensée par son activité défensive et quelques actions importantes après la pause.
Burton a apporté 13 points, 8 rebonds, 3 passes et surtout 4 contres, une ligne statistique assez incroyable pour une meneuse. Hayes et Cecilia Zandalasini ont ajouté 12 points chacune, cette dernière confirmant l'importance de son adresse et de sa capacité à débloquer certaines possessions depuis le banc.
En revanche, Janelle Salaün n'a pas été utilisée dans cette rencontre, alors qu'elle avait déjà vu son temps de jeu se réduire considérablement au Game 4. La meilleure sixième joueuse de la saison régulière est pour le moment sacrifiée dans la rotation raccourcie de Nakase, qui privilégie ses éléments les plus fiables défensivement et les associations qui fonctionnent contre Atlanta.
Un choix fort, mais difficile à contester au regard des deux dernières rencontres.
Côté Dream, Howard a été la meilleure marqueuse avec 20 points, sans parvenir à inverser la tendance. L'attaque de Karl Smesko est devenue terriblement dépendante de sa capacité à faire vivre Reese dans la peinture. Même les efforts au rebond ne suffisent plus à masquer les difficultés de création et les pertes de balle.
Il faut se souvenir qu'Atlanta venait de marquer 79 puis 97 points dans les Games 2 et 3. Depuis, Golden State l'a limité à 62 puis 55 points. Ce n'est pas simplement une question de maladresse : les Valkyries ont réussi à priver leur adversaire de ses repères offensifs.
Un Game 6 pour le titre... un jeudi à midi !
Golden State aura une première occasion de devenir champion jeudi 29 octobre à Atlanta, dans une rencontre qui aura lieu à un horaire franchement surprenant : 12h30 en pleine semaine, soit 18h30 en France.
La WNBA a finalement obtenu que le match se dispute à la State Farm Arena, enceinte d'environ 17 000 places, plutôt que dans la petite Gateway Center Arena. Le problème ? Les Hawks doivent également recevoir Cleveland dans cette même salle le soir. La solution retenue consiste donc à avancer le Game 6, initialement prévu à 20h.
Difficile de ne pas voir un paradoxe dans cette décision. D'un côté, la ligue veut profiter de l'engouement suscité par ses Finales et offrir une salle à la hauteur de l'événement. De l'autre, elle programme une rencontre susceptible de décerner le titre un jeudi à l'heure du déjeuner, à 9h30 du matin pour les supporters californiens.
Pas exactement les meilleures conditions pour transformer l'événement en grand rendez-vous national.
Reste à savoir si Atlanta saura trouver les ajustements nécessaires pour arracher un Game 7, qui se disputerait samedi à San Francisco. Pour l'heure, Golden State a repris le contrôle de ces Finales. Pas forcément en jouant le plus beau basket, mais en imposant celui que personne n'a vraiment envie.
