Sur le papier, difficile de trouver beaucoup de cinq majeurs plus impressionnants que celui des Philadelphia Sixers. Tyrese Maxey, VJ Edgecombe, Jaylen Brown, LeBron James et Joel Embiid : cinq All-Stars ou futurs All-Stars, cinq joueurs capables de faire basculer un match. Pourtant, derrière cette accumulation de talent, une question commence sérieusement à se poser : quid du spacing dans une NBA où la capacité à étirer le jeu est devenue cruciale ?
En prenant les pourcentages et les volumes de tirs à trois points de chacun des cinq joueurs lors de la saison 2025-26, le cinq majeur de Philadelphie aurait shooté à 34,8% derrière l'arc sur 28,2 tentatives par match. Maxey a converti 36,7% de ses 8,6 tentatives, Edgecombe 35,4% sur 5,6 tirs, Brown 34,7% sur 5,7, LeBron 31,7% sur 4,1 et Embiid 33,3% sur 4,2. Une fois les volumes additionnés et le pourcentage pondéré, on arrive bien à 34,8% sur 28,2 tirs, ce qui aurait fait de ce line-up le 5e moins efficace à 3 points de toute la ligue la saison dernière.
Un cinq majeur qui ne menace pas assez à trois points ?
Le problème ne vient évidemment pas de Maxey. Le meneur est le meilleur shooteur extérieur des cinq et reste capable de sanctionner à haut volume. Le souci, c'est qu'il est quasiment le seul à afficher une adresse franchement rassurante. Individuellement, aucun des chiffres évoqué n'est catastrophique. Collectivement, en revanche, ils posent une vraie question de spacing autour d'Embiid.
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C'est particulièrement important parce que les cinq joueurs aiment attaquer avec le ballon ou depuis des zones proches du cercle. Maxey veut utiliser sa vitesse pour pénétrer, Edgecombe est encore plus dangereux lorsqu'il attaque les espaces, Brown aime également provoquer son défenseur et LeBron reste un créateur majeur. Embiid, lui, a besoin de place pour opérer à l'intérieur et dans le mid-range.
Une défense qui ne respecte pas suffisamment les quatre autres joueurs peut donc potentiellement resserrer la raquette et compliquer les choses pour tout le monde. Le problème est d'autant plus intéressant que les Sixers n'ont pas construit leur cinq majeur autour de trois spécialistes du catch-and-shoot : ils ont empilé les créateurs.
Le banc peut sauver Philadelphie
Il serait toutefois beaucoup trop facile d'en conclure que les Sixers ne peuvent pas être contenders. D'abord parce que les cinq joueurs n'auront pas besoin de prendre exactement le même nombre de tirs qu'en 2025-26. Ensuite parce que Nick Nurse pourra constamment modifier les associations avec son banc.
Philadelphie possède notamment une arme beaucoup plus fiable derrière l'arc avec Anfernee Simons, qui a affiché 38,1% en carrière à trois points sur 6,6 tentatives par match. Kentavious Caldwell-Pope peut également apporter du spacing s'il confirme son profil de spécialiste extérieur.
Le calcul du fameux 34,8% ne doit donc pas être présenté comme une prédiction de l'adresse future de Philadelphie. Il permet simplement de mettre en lumière une faiblesse potentielle : le cinq majeur qui fait rêver sur le papier n'est pas particulièrement effrayant lorsqu'il s'agit de tirer à trois points.
Le pari de Philadelphie est clair : miser sur une concentration de talent suffisamment exceptionnelle pour compenser les éventuels problèmes de complémentarité. Avec Maxey, Edgecombe, Brown, LeBron et Embiid, il serait évidemment absurde de les écarter de la course au titre. Reste à savoir si ce talent sera suffisamment bien espacé pour fonctionner au plus haut niveau en playoffs.
