En lâchant Lou Williams, les Lakers ont plus de chances de récupérer une star

Décryptage du premier transfert réalisé par Magic Johnson, nommé Président des Los Angeles Lakers quelques heures avant le deal.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
En lâchant Lou Williams, les Lakers ont plus de chances de récupérer une star
Magic Johnson n’a pas perdu de temps. A peine nommé à la tête des Los Angeles Lakers, le Hall Of Famer a négocié un premier transfert. Lou Williams, convoité par plusieurs équipes, a été envoyé aux Houston Rockets en l’échange de Corey Brewer et d'un tour de draft non protégé (2017). Le deal a été conclu tôt, histoire d’éviter les malentendus et les incompréhensions lors du grand foutoir prévu jeudi soir. Techniquement, les Lakers sont toujours sans GM. Rob Pelinka va prendre le relais de Mitch Kupchak mais il doit d’abord se défaire de ses obligations d’agent. Cela devrait prendre du temps et il y a finalement peu de chances qu’il soit opérationnel avant la deadline. Encore une illustration du timing très particulier, pour ne pas dire étrange, du renvoi de Jim Buss et Kupchak. Magic a des compétences limitées au niveau du CBA. Il a donc pris les devants en transférant le joueur le plus désiré de son effectif. C’est d’ailleurs peut-être le signe que les Angelenos ne feront pas d’autres échanges.

Les Los Angeles Lakers mettent le paquet sur la draft 2017

Williams était presque condamné à partir. Washington et Utah étaient sur les rangs. Il a finalement été expédié à Houston. Un pick, même en fin de premier tour, est assurément une bonne contrepartie pour le combo guard. Surtout un choix d’une cuvée dite « chargée ». Il fut un temps pas si lointain où les joueurs de sa trempe ne valaient pas (plus) un premier tour de draft. [superquote pos="d"]Sans Williams, les Lakers ont plus de chances de conserver leur pick [/superquote]Sur le plan sportif, le départ du meilleur scoreur (18,6 points) affaiblit les Los Angeles Lakers. Mais c’est peut-être justement le but. L.A. n’a plus besoin de gagner cette saison. Au contraire. D’une, la franchise a déjà pris une bonne direction en embauchant Luke Walton. Le coach a ramené de la joie et de la cohésion dans le vestiaire. Et c’était déjà une victoire après le passage de Byron Scott. Les progrès sont déjà effectifs, il est maintenant temps de penser à l’avenir, une fois de plus. Les Lakers ne contrôlent pas complètement leur destin à la prochaine draft. S’ils piochent au-delà du top 3, leur pick reviendra aux Philadelphie Sixers grâce au génie de Sam Hinkie et à la bêtise des Phoenix Suns (le choix des Lakers appartenait à la franchise de l’Arizona – acquis lors de l’échange de Steve Nash – qui l’a ensuite envoyé aux Sixers pour récupérer Brandon Knight dans un deal impliquant trois franchises). La franchise aux seize titres NBA dispose pour l’instant du troisième plus mauvais bilan NBA. Si la logique est respectée lors de la loterie, elle conservera son pick. Le départ de Williams renforce (c’est contradictoire, effectivement) les chances de terminer en dernière position à l’Ouest. [caption id="attachment_352397" align="alignleft" width="318"] Lonzo Ball, star à UCLA, serait le gros lot pour les Los Angeles Lakers.[/caption] Ce n’est pas anodin. Le précédent management estimait que les Lakers possédaient déjà suffisamment de jeunes talents entre D’Angelo Russell, Jordan Clarkson, Brandon Ingram et Julius Randle. Ils étaient donc prêts à perdre le pick. Il faut surtout rappeler que Kupchak et Buss étaient dans l’urgence. Jim Buss, copropriétaire, avait promis de ramener l’équipe en playoffs d’ici 2017. Sa sœur l’a fait aller au bout de son engagement en le virant hier. Les Angelenos ont donc effectivement plusieurs jeunes joueurs prometteurs mais, à part éventuellement Ingram, aucun d’entre eux ne semble avoir le potentiel d’une vraie future superstar. Et les titres ne se gagnent pas sans l’un des meilleurs joueurs du monde. La draft 2017 est stockée en potentiels All-Stars, notamment dans son top 5. Entre Markelle Fultz, Lonzo Ball, Dennis Smith Jr, Jayson Tatum et Josh Jackson, il y a de quoi faire. Si les Los Angeles Lakers parviennent à conserver leur pick, ils vont ajouter un autre prospect peut-être potentiellement (encore une fois, une notion importante) plus talentueux que les joueurs déjà en place.

F*** la défense, les Houston Rockets misent tout sur l'attaque

[caption id="attachment_358953" align="alignleft" width="318"] Avec Eric Gordon et Lou Williams, les Rockets ont les deux plus fines gâchettes de la NBA en sortie de banc.[/caption] La position des Houston Rockets est légèrement plus difficile à comprendre. La franchise texane récupère un scoreur supplémentaire avec Lou Williams. Mais elle se décharge de l’un de ses rares défenseurs sur les ailes en cédant Corey Brewer. L’équipe de Mike D’Antoni fait tapis sur l’attaque. Le désormais ex-sixième homme des Lakers affiche un joli 38% de réussite derrière l’arc cette saison. Il aura pour mission de déglinguer les défenses adverses au côté d’Eric Gordon en sortie de banc. Les Rockets ont désormais les deux remplaçants les plus prolifiques à la marque en NBA (et la quasi-assurance de remporter le trophée de 6th Man Of The Year). Il sera difficile de diviser le temps de jeu équitablement entre Patrick Beverley, Gordon, Williams et surtout James Harden (36 minutes par match). Le barbu pourra éventuellement se reposer un peu plus une fois le spot de Houston sécurisé (deuxième ou troisième place ?). A moins qu’il ne chasse pleinement le MVP, ce qui est plus que probable. Lou Williams est une assurance en cas de blessure(s) de Gordon et Beverley, deux joueurs habitués aux séjours à l’infirmerie ces dernières saisons. Pour en revenir aux Lakers, ce premier trade réalisé par Magic Johnson pourrait définir les saisons à venir, surtout si la franchise met la main sur l'un des picks les plus intéressants de la draft.
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