Il y a des numéros que l'on s'étonne de voir encore disponibles. D'autres dont on se demande s'ils méritent vraiment de ne plus jamais être portés. Et puis il y a ceux qui attendent pendant des années qu'une franchise se décide enfin à regarder son histoire dans les yeux.
Ces derniers jours nous en ont offert deux bons exemples. D'un côté, les Minnesota Timberwolves ont annoncé que le n°21 de Kevin Garnett sera enfin retiré le 28 février 2027, au terme d'un feuilleton qui aura duré bien plus longtemps que prévu. De l'autre, Diana Taurasi a vu son mythique n°3 monter au plafond du Phoenix Mercury dans la nuit de dimanche à lundi, quelques mois seulement après sa retraite. Deux histoires différentes, mais qui nous ont donné envie de nous poser la même question : qui devrait être le prochain ?
Parce qu'un retrait de maillot n'est pas simplement une récompense pour une belle carrière. Il faut avoir compté pour une franchise. Par ses performances, évidemment, mais aussi par sa longévité, les résultats collectifs, les souvenirs laissés aux supporters ou parfois l'identification presque totale entre un joueur et une ville.
Nous avons donc sorti deux curseurs parfaitement subjectifs. Le premier, l'indice de mérite, répond à une question simple : si la franchise décidait demain de retirer ce numéro, à quel point trouverions-nous la décision justifiée ? Le second, l'indice de probabilité, tente de répondre à quelque chose de très différent : à quel point croyons-nous que cela arrivera réellement ?
Un joueur peut donc mériter 90% et n'avoir que 50% de chances de voir son maillot au plafond. Et inversement, les critères des franchises n'étant pas toujours exactement les nôtres.
Test : saurez-vous retrouver l'équipe actuelle de ces 10 joueurs NBA ?
Dwight Howard, n°12 au Magic
Indice de mérite : 99%
Indice de probabilité : 90%
C'est probablement le dossier le plus simple. Avec le Orlando Magic, Howard a remporté trois trophées consécutifs de Defensive Player of the Year, conduit l'équipe jusqu'aux Finales 2009 et reste le leader de l'histoire de la franchise aux points, aux rebonds et aux contres. Il a en plus intégré le Hall of Fame du Magic en 2025.
Son départ particulièrement moche en 2012 a longtemps compliqué la relation, mais les rancœurs ont largement eu le temps de s'apaiser. Après avoir retiré le 32 de Shaquille O'Neal, Orlando aurait presque du mal à expliquer pourquoi le meilleur joueur de son histoire moderne n'aurait pas droit au même traitement.
Kemba Walker, n°15 aux Hornets
Indice de mérite : 92%
Indice de probabilité : 88%
Le dossier serait encore plus évident avec quelques grandes campagnes de playoffs. Mais Kemba demeure le meilleur marqueur de l'histoire des Charlotte Hornets avec 12 009 points, après huit saisons où il a été le visage de la franchise et trois sélections au All-Star Game sous ce maillot.
Et depuis mars dernier, il existe un argument supplémentaire : Charlotte a officiellement retiré le n°30 de Dell Curry. Curry a énormément compté dans l'histoire et la culture de la franchise, mais Walker l'a dépassé comme meilleur marqueur. Difficile d'imaginer que le 15 ne finisse pas par suivre le 30 dans les hauteurs du Spectrum Center.
Jermaine O'Neal, n°7 aux Pacers
Indice de mérite : 70%
Indice de probabilité : 50%
Un cas qui paraît presque étrangement oublié. O'Neal a été six fois All-Star avec les Indiana Pacers et a connu dans l'Indiana la période de très loin la plus brillante de sa carrière. En 2004, il avait même terminé troisième du vote pour le MVP dans une équipe des Pacers à 61 victoires.
Son problème n'est pas vraiment son dossier, mais la barre placée par Indiana. Le plafond des Pacers n'est pas exactement une distribution de médailles de participation. Le Malice at the Palace a aussi brutalement cassé une époque qui aurait peut-être été regardée tout autrement avec une vraie chance de titre. Mais en matière de niveau de jeu atteint sous le maillot des Pacers, le 7 a de solides arguments.
Blake Griffin, n°32 aux Clippers
Indice de mérite : 85%
Indice de probabilité : 80%
Ce n'est peut-être pas lui qui a été le meilleur basketteur de Lob City sur la durée, mais c'est lui qui a changé l'image des Los Angeles Clippers. Griffin était l'attraction. Celui qui a fait passer la franchise du statut de running gag à celui d'équipe que l'on allumait volontairement à la télévision. Rookie of the Year, cinq fois All-Star avec les Clippers et troisième du vote MVP en 2014 : le pic était immense.
Le divorce avait été particulièrement froid, ce qui aurait pu compliquer les choses. Mais avec les années, il paraît difficile d'imaginer la franchise commencer à célébrer sérieusement son histoire récente sans Griffin. Chris Paul est évidemment indissociable de la discussion, mais le 32 a toutes les raisons de finir un jour dans les hauteurs de l'Intuit Dome.
Chris Paul, n°3 aux Clippers
Indice de mérite : 97%
Indice de probabilité : 98%
Maintenant que Chris Paul a officiellement mis un terme à sa carrière après 21 saisons, la question semble surtout être de savoir quand son n°3 montera au plafond des Los Angeles Clippers. CP3 a d'ailleurs expliqué que la franchise lui avait déjà fait savoir qu'elle comptait retirer son maillot. Sportivement, le dossier est évident : cinq fois All-Star avec les Clippers, cinq sélections All-NBA en six saisons et toujours meilleur passeur de l'histoire de la franchise avec 4 023 assists.
Surtout, avec Blake Griffin et DeAndre Jordan, il a été le cerveau de Lob City et l'un des principaux artisans de la transformation d'une franchise longtemps moquée en véritable place forte de la NBA. L'absence de Finales de Conférence pendant cette période empêche le 100%, mais Paul a toutes les chances de devenir le premier Clipper à voir son numéro retiré.
LaMarcus Aldridge, n°12 aux Blazers
Indice de mérite : 60%
Indice de probabilité : 55%
Il n'est ni Damian Lillard, ni Clyde Drexler, ni Bill Walton. Mais Aldridge a tout de même passé neuf saisons à Portland Trail Blazers, connu quatre All-Star Games avec l'équipe et reste encore aujourd'hui le meilleur rebondeur de l'histoire de la franchise avec 5 434 prises.
Son départ vers San Antonio avait laissé pas mal d'amertume et il a eu la malchance historique d'être coincé entre deux joueurs plus immédiatement associés à Portland, Brandon Roy puis Lillard. Mais lorsqu'on regarde le niveau atteint, la durée et les standards déjà utilisés par les Blazers pour certains retraits passés, son dossier nous paraît solide sans être totalement incontestable.
Jason Terry, n°31 aux Mavericks
Indice de mérite : 60%
Indice de probabilité : 45%
Voilà où l'on commence à pouvoir franchement nous tomber dessus. Terry n'a jamais été All-Star avec les Dallas Mavericks, encore moins candidat au MVP. Mais il a passé huit saisons à Dallas et reste l'un des personnages essentiels du titre de 2011. Dans le Game 6 décisif des Finales contre le Miami Heat, JET avait même inscrit 27 points, plus que Dirk Nowitzki ce soir-là.
Est-ce suffisant pour rendre un numéro indisponible éternellement ? C'est toute la question. On peut parfaitement considérer qu'un lieutenant, aussi iconique soit-il, doit rester en dessous de cette barre. Mais on peut aussi considérer qu'être l'un des trois ou quatre visages les plus importants du plus grand moment de l'histoire d'une franchise vaut bien un petit bout de plafond. Nous sommes légèrement du côté du oui.
Tayshaun Prince, n°22 aux Pistons
Indice de mérite : 67%
Indice de probabilité : 45%
Il est le membre que l'on cite souvent en dernier lorsqu'on récite le cinq des Detroit Pistons champions en 2004. Pourtant, Prince était là pendant toute la grande séquence : un titre, deux Finales NBA et six finales de conférence consécutives.
Chauncey Billups, Ben Wallace et Richard Hamilton ont déjà été honorés par Detroit. Il reste Prince et Rasheed Wallace. Faut-il vraiment retirer les numéros des cinq titulaires d'une même équipe ? On peut très raisonnablement répondre non. Mais la décennie passée par Prince dans le Michigan et son rôle dans la meilleure période des Pistons depuis les Bad Boys rendent la candidature loin d'être absurde.
Bernard King, n°30 aux Knicks
Indice de mérite : 50%
Indice de probabilité : 15%
Si l'on juge uniquement le pic, le pourcentage explose. Avec les New York Knicks, King a été deux fois All-NBA First Team, deuxième du vote MVP en 1984 puis meilleur marqueur de la ligue en 1985 avec 32,9 points par match. Il avait notamment inscrit 60 points le jour de Noël 1984.
Mais le retrait d'un maillot doit-il récompenser quatre années extraordinaires ? C'est là que nous baissons franchement la note. King a joué relativement peu à New York et, surtout, près de quarante ans se sont écoulés depuis son dernier match avec les Knicks. S'ils avaient réellement considéré son n°30 comme incontournable, on peut imaginer que la cérémonie aurait déjà eu lieu.
Carmelo Anthony, n°7 aux Knicks
Indice de mérite : 50%
Indice de probabilité : 40%
Melo est probablement le meilleur exemple de la différence entre aimer énormément un joueur et considérer que son maillot doit être retiré. Individuellement, son sommet new-yorkais a été fantastique : meilleur marqueur NBA en 2013, All-NBA Second Team cette même saison et toujours détenteur du record de points dans le Madison Square Garden actuel avec ses 62 unités contre Charlotte en 2014.
Mais collectivement, le bilan est beaucoup plus léger. Trois qualifications en playoffs, une seule série remportée et aucune finale de conférence. Et son passage n'a pas non plus été constitué de sept saisons au niveau d'un candidat au MVP : il y a eu un immense sommet, quelques très bonnes années et une fin nettement moins glorieuse. Son importance culturelle à New York lui permet de dépasser les 50%, mais pour une franchise aussi exigeante sur les retraits de maillot, le dossier est loin d'être automatique.
Joakim Noah, n°13 aux Bulls
Indice de mérite : 60%
Indice de probabilité : 30%
Le dossier affectif par excellence. Noah a passé neuf saisons aux Chicago Bulls et connu en 2014 une année assez extraordinaire : Defensive Player of the Year, All-NBA First Team et quatrième du vote pour le MVP.
Il était aussi l'un des joueurs les plus totalement identifiés à Chicago de cette génération, par son énergie, sa personnalité et son rapport au public. Mais un retrait de maillot est une autre barre. Noah n'a jamais été le premier scoreur des Bulls, n'a pas gagné de titre et son très haut niveau individuel a été relativement court. On comprendrait totalement que le 13 soit honoré. On comprendrait tout autant qu'il continue d'être porté.
Et en WNBA ?
Le sujet était impossible à limiter à la NBA au lendemain de la cérémonie de Taurasi. La WNBA célèbre d'ailleurs de plus en plus son histoire : Phoenix vient donc de retirer le n°3 de Taurasi, tandis que Tina Charles verra son n°31 retiré par le Connecticut Sun le 25 août. Nous avons donc volontairement écarté les joueuses dont la cérémonie est déjà programmée.
Elena Delle Donne, n°11 aux Mystics
Indice de mérite : 99%
Indice de probabilité : 95%
Il faut presque chercher une raison de ne pas le faire. Delle Donne a rejoint les Washington Mystics en 2017, remporté le MVP en 2019 et conduit Washington au premier titre de son histoire la même année. Elle est également devenue la première joueuse à remporter le MVP avec deux franchises différentes.
Retraitée depuis 2025, toujours liée à l'organisation via Monumental Basketball et désormais membre du Naismith Memorial Basketball Hall of Fame, elle coche absolument toutes les cases. Le seul mystère concerne finalement la date. Si le n°11 n'est jamais retiré, il faudra sérieusement revoir notre compréhension du concept.
Angel McCoughtry, n°35 au Dream
Indice de mérite : 98%
Indice de probabilité : 80%
Pour le Atlanta Dream, le dossier sportif est presque aussi évident. McCoughtry a été le premier choix de Draft de la franchise, cinq fois All-Star à Atlanta et a conduit le Dream à trois Finales WNBA, en 2010, 2011 et 2013. Au moment de son dernier All-Star Game sous ce maillot, elle était la leader de l'histoire de l'équipe aux matches, points, paniers, passes et interceptions.
Pourquoi seulement 65% de probabilité ? Parce qu'il existe une particularité assez amusante : en avril 2026, McCoughtry expliquait encore qu'elle n'avait jamais officiellement pris sa retraite. Avant de retirer un numéro, il faudra sans doute commencer par fermer officiellement ce chapitre. Mais lorsqu'Atlanta décidera de lever son premier grand maillot historique, difficile d'imaginer un meilleur candidat que le 35.
Cappie Pondexter, n°23 au Mercury
Indice de mérite : 78%
Indice de probabilité : 45%
Seulement quatre saisons à Phoenix : voilà pourquoi le mérite ne monte pas plus haut. Mais Pondexter a réussi à faire énormément de choses pendant ces quatre années. Elle a notamment remporté deux titres avec le Mercury, en 2007 et 2009, et été élue Finals MVP lors du premier. Phoenix rappelle encore aujourd'hui combien le backcourt formé avec Taurasi avait changé la trajectoire de l'équipe.
Le problème est la longévité. Les joueuses actuellement honorées dans le Ring of Honor du Mercury — Taurasi, Penny Taylor, Michele Timms, Jennifer Gillom, Bridget Pettis et Cheryl Miller — ont pour la plupart une relation beaucoup plus longue ou profondément enracinée avec Phoenix. Pondexter n'en fait toujours pas partie. Deux titres et un trophée de Finals MVP rendent néanmoins la discussion parfaitement légitime.

J'aime pas trop le côté unilatéral dans ces choix.
Seul membre présent lors des 2 premières Finals de l'équipe avec Dirk.
Sans lui, pas de titre, c'est simple.
Uniquement des saisons à 50+ victoires.