Nos conseils lecture pour 5 stars NBA, vol. 1

Si Phil Jackson coachait encore en NBA, quels livres donnerait-il à ses stars ? Wembanyama, LeBron, Luka, Giannis, Brunson : nos choix, entre psychologie et clins d’œil.

Nos conseils lecture pour 5 stars NBA, vol. 1

Phil Jackson avait une manière, bien à lui, de faire passer ses messages. Le mythique coach des Bulls et des Lakers avait l'habitude d'offrir des livres à ses joueurs, en choisissant chaque ouvrage en fonction de leur personnalité, de leur rôle ou du problème qu'il voulait les aider à résoudre. Michael Jordan a ainsi reçu Song of Solomon de Toni Morrison, Shaquille O'Neal Siddhartha de Hermann Hesse et Kobe Bryant Montana 1948 de Larry Watson.

Le choix n'était d'ailleurs pas toujours compris immédiatement. Certains joueurs lisaient le livre, d'autres le rangeaient dans leur casier ou s'en moquaient. Jackson, lui, expliquait que le timing n'était pas forcément important : un joueur pouvait ne pas être prêt à entendre son message aujourd'hui, mais le devenir plusieurs années plus tard. Kobe finira d'ailleurs par revenir vers Jackson après sa retraite pour lui demander d'autres recommandations de lecture.

C'était tout l'art du « Zen Master » : ne pas forcément dire à un joueur ce qu'il devait entendre, mais lui donner quelque chose qui pourrait l'amener à le comprendre lui-même.

Alors, imaginons que Phil Jackson soit toujours sur un banc NBA en 2026, ou simplement en mission à travers le pays comme conseiller spécial. Quel livre glisserait-il dans le sac de Victor Wembanyama ? Que donnerait-il à LeBron James à l'aube de sa 24e saison ? Quel ouvrage choisirait-il pour Giannis Antetokounmpo après son changement d'équipe ?

On a décidé de jouer au Phil Jackson de 2026 et de sélectionner quinze stars NBA actuelles pour leur remettre des ouvrages dont la lecture pourrait leur être profitable.

Pour chacun, une question : quel livre pourrait lui parler aujourd'hui, et surtout, quel message Phil Jackson chercherait-il à lui faire passer ?

LeBron James - "Le Vieil Homme et la Mer", d'Ernest Hemingway

LeBron James a 41 ans, a sérieusement envisagé de prendre sa retraite cet été et vient finalement de repartir pour une 24e saison, avec les Philadelphia 76ers et un objectif intact : gagner un nouveau titre. Alors Phil Jackson lui donnerait Le Vieil Homme et la Mer.

Santiago, le héros d'Hemingway est un pêcheur vieillissant qui, malgré les années et les échecs, retourne encore une fois en mer pour livrer un dernier grand combat. Le parallèle avec LeBron est évident : il n'a plus rien à prouver, mais il a encore envie de partir à la conquête d'un dernier trophée.

Peut-être que Jackson chercherait justement à lui rappeler qu'à ce stade de sa carrière, l'essentiel n'est plus de prouver qu'il est le meilleur. C'est de choisir pourquoi il veut encore se battre. Spoiler : Santiago gagne sans vraiment gagner à la fin, puisque le marlin qu'il arrive finalement à tuer, se fait dévorer sur le chemin du retour et il ne peut pas vraiment l'ériger en trophée. LeBron, s'il atteint son objectif, devrait réussir à préserver le trophée Larry O'Brien de la poiscaille.

Le petit mot de Phil

« Tu as passé ta carrière à porter le bateau. Cette fois, laisse ton équipage ramer. »

Luka Doncic - "Le joueur d'échecs", de Stefan Zweig

Luka Doncic n'a plus besoin qu'on lui apprenne à lire le jeu. Depuis le départ de LeBron James, les Lakers sont désormais pleinement son équipe. Le défi est ailleurs : apprendre à gérer cette nouvelle responsabilité sans vouloir tout contrôler.

Dans Le Joueur d'échecs, Stefan Zweig raconte l'histoire d'un homme qui, isolé, développe une relation obsessionnelle avec les échecs avant de devoir affronter son propre esprit. C'est probablement ce qui intéresserait Phil Jackson chez Luka. Le Slovène passe déjà son temps à essayer de battre cinq adversaires ; il doit aussi apprendre à battre ses propres émotions, notamment ses craquages avec les arbitres, sa frustration et certains de ses excès.

Le talent et le contrôle du jeu sont là. Reste à contrôler ce qui peut parfois le contrôler lui.

Le petit mot de Phil

« Tu sais déjà comment battre tes adversaires. Maintenant, apprends à ne pas te battre toi-même. »

Victor Wembanyama - "Le Petit Prince", d'Antoine de Saint-Exupéry

Victor Wembanyama est peut-être le joueur NBA qui ressemble le plus au Petit Prince. Un jeune homme venu d'ailleurs, différent de tous les autres, qui découvre un monde qui ne sait pas toujours quoi faire de sa singularité. À 22 ans, Wemby est déjà allé jusqu'aux Finales NBA avec les Spurs et vient d'être nommé capitaine de l'équipe de France.

Mais dans le livre, le plus important n'est finalement pas que le Petit Prince soit différent. C'est le regard que les autres portent sur lui, et la responsabilité qui accompagne ce qui le rend unique. Au fil de ses rencontres, il découvre des adultes obsédés par le pouvoir, les chiffres ou leur propre importance. Puis le Renard lui apprend qu'un lien créé avec quelqu'un le rend responsable de lui.

C'est peut-être le message que Jackson voudrait faire passer à Wemby : être unique attire les regards, mais cela ne doit pas dicter qui tu deviens. Plus son statut grandira, plus les attentes seront immenses. Il devra apprendre à vivre avec ce regard sans perdre la curiosité et la liberté qui font justement sa singularité.

Le petit mot de Phil

« Tu es différent de tout le monde. Le danger, maintenant, c’est de passer ta vie à vouloir le prouver. »

Giannis Antetokounmpo - "L'Odyssée", d'Homère

Giannis vient de quitter Milwaukee après une longue aventure au cours de laquelle il a tout connu : le titre, les MVP, les blessures, les désillusions et les éliminations. À Miami, il ouvre un nouveau chapitre, mais rien ne lui garantit que le voyage se terminera par un nouveau trophée.

C'est justement ce qui rend L'Odyssée intéressant. Ulysse sait où il veut aller, mais son retour est semé d'embûches : tempêtes, monstres, naufrages, tentations… et parfois, ses propres décisions compliquent encore son voyage. Le chemin compte autant que la destination.

Pour Giannis, Jackson pourrait lui rappeler qu'il vient peut-être de changer de navire, mais pas de nature : il ne contrôle ni les vents, ni les tempêtes, ni la destination finale. Seulement la manière dont il traverse le voyage.

Le petit mot de Phil

« Changer de navire ne garantit pas une mer plus calme. »

LaMelo Ball - "Le Code de la Route, édition Minnesota"

Le titre parle de lui-même, non ?

Le petit mot de Phil

« Avec ça, tu pourras te concentrer sur le fait de prendre des bons tirs plutôt que des trottoirs »