Paul’s Boutique

Paul’s Boutique

Nous sommes en janvier 2008. Kevin Garnett et Ray Allen viennent de rejoindre Paul Pierce aux Boston Celtics. Dans quelques mois, ils remporteront le titre, portés par The Truth, logique MVP des Finales NBA.

Pour les derniers sceptiques, la Vérité éclate au grand jour au début de la saison suivante lors d'une rencontre que les Nets mènent largement à la mi-temps. Paul Pierce, qui n'a converti qu'un seul shoot sur 16 tentatives, prend alors feu. Avec 46 pts après la pause, dont 13 en prolongation, et la victoire, il s'empare définitivement des clés de la maison verte. Même Walker se résigne à ne plus être qu'un simple employé. Meilleur scoreur NBA dans le 4ème quart-temps, il guide les siens lors de playoffs mémorables : il sort le champion de la Conf' Est en titre, les Sixers, en inscrivant 46 pts dans le match décisif, avant d'abattre les Pistons au tour suivant. Mais c'est surtout dans une finale de Conférence perdue face aux Nets qu'il prouve à quel point il est clutch. Menés de 21 pts à l'entame du quatrième quart-temps, les Celtics réalisent le plus grand comeback de l'histoire des playoffs. Pierce, à 2 sur 14 jusque-là, plante dans ce dernier quart 19 de ses 28 pts. Malheureusement, contrairement à celle de Bashung, sa petite entreprise connaît la crise. Durant l'intersaison, le front-office opère des choix douteux et Boston se fait balayer au deuxième tour des PO 2003. Le nouveau GM, Danny Ainge, pense que l'équipe est en fin de cycle et échange Antoine Walker (et Tony Delk) contre Raef LaFrentz (et un premier tour). Sans l' « Employee #8 », P-Double se retrouve seul pour faire tourner la boutique. Complètement désarmé par les choix incompréhensibles de Ainge, le petit commerce de Beantown ne peut rien face aux grandes entreprises de la Ligue et sombre lentement. Il reste aux commandes mais une terrible saison 2006-07 le pousse à envisager publiquement un départ si on ne lui adjoint pas un vétéran capable d'endosser des responsabilités. Son coup de pression paye au-delà de ses espérances : en allant chercher Allen et Garnett, Ainge transforme la petite enseigne verte en un véritable mastodonte. Dont le patron, quoi qu'on en dise, reste Paul Pierce.

WHO'S THE BOSS ?

L'arrivée des deux All-Stars a complètement changé la donne. Si Ray Allen apporte l'un des shoots les plus précis de l'histoire de la Ligue, c'est la signature de l'ancien Wolve qui a donné une nouvelle dimension aux Celtics. Avec Allen, Ainge faisait juste plaisir à Paul Pierce, mais Boston ne pouvait pas envisager plus qu'un accessit en PO. Avec KG, Boston est instantanément devenu un prétendant au titre. Les médias et les fans ne s'y trompent pas. Son numéro 5 est la plus grosse vente de jerseys et si la plupart des magazines consacrent leur numéro de rentrée au Big Three des Celtics (les autres comme Slam mettant le seul KG en couv'), c'est systématiquement Garnett qui apparaît au centre des photos du trio. Le buzz est rapidement confirmé par un début de saison historique. Les Celt's sont transfigurés par le Big Ticket qui, par son investissement, son leadership et son intensité, a fait de Boston une puissance défensive sans égal. Et malgré des stats à peu près équivalentes à celles de Zach Randolph, Garnett sera très certainement le MVP de cette saison (raté, ce sera finalement Kobe Bryant - ndlr). Alors, Boston semble avoir trouvé un nouveau boss.
Malgré KG, Pierce reste le patron de l'équipe. Garnett a beau faire des Celtics un prétendant au titre, ce n'est pas lui qui ira le chercher, mais The Truth.
D'autant plus qu'à l'intersaison, de nombreux observateurs le présentent comme le probable maillon faible du Big Three. Celui qui était jusque-là le patron de la Green Team peut-il s'adapter à la nouvelle donne ? Est-il capable de partager les spotlights ? Autre motif d'inquiétude : l'émotivité et la propension à sortir du match, à péter les plombs, dont il a parfois pu faire preuve par le passé, là où Allen et Garnett ont toujours joué sous contrôle. Egalement en cause, son jeu : The Truth, dans des effectifs désastreux ces dernières saisons, n'a eu d'autre option que de prendre le game à son compte, de manière parfois abusive, mais nécessaire. Garnett et Allen étaient aussi les options offensives numéro 1 de leurs anciennes équipes, mais n'ont jamais monopolisé le cuir comme P². Avec les All-Stars qu'il a réclamés et obtenus, peut-il changer ? Mais voilà, dès le début de saison, Paul Pierce a prouvé qu'il pouvait s'ajuster. Son état d'esprit et son investissement sont irréprochables. Il partage la balle et sélectionne mieux les moments où il doit forcer le jeu. Il ne se laisse plus perturber pour un rien. Surtout, en accord avec ce qu'il avait annoncé cet été, il est devenu un féroce défenseur : ne portant plus la responsabilité du scoring sur chaque action, il a désormais du jus pour stopper n'importe qui de l'autre côté du terrain. Bref, on est loin du maillon faible annoncé. Mieux, si KG est le futur MVP, Pierce reste le patron de l'équipe, celui qui, comme il l'a fait jusqu'à présent, déterminera le destin de Beantown. Comme dirait Prodigy, le H.N.I.C. (Head Nigga In Charge - ndlr). Garnett a beau faire des Celtics un prétendant au titre, ce n'est pas lui qui ira le chercher. Un peu comme chez les Lakers du début du siècle. Dès que Shaq est parti, ils sont redevenus une team de seconde zone. Mais avec lui, ils étaient automatiquement l'un des favoris. Pourtant, c'était bien Kobe, plus que quiconque, qui faisait gagner L.A. en playoffs. De même, si Garnett rend les Celtics compétitifs, c'est de P-Square que pourront venir les titres. Lire la suite
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