Depuis le début de la série entre les Detroit Pistons et les Cleveland Cavaliers, un constat revient sans arrêt : offensivement, Jalen Duren traverse quasiment les playoffs comme un fantôme. Et plus la série avance, plus la situation devient préoccupante pour Detroit.
Parce qu’au-delà des chiffres modestes du pivot de 22 ans, c’est surtout son absence totale d’impact offensif naturel qui saute aux yeux. Sur ce Game 5 perdu après prolongation, Duren termine avec 9 points, 5 rebonds et 5 passes en 25 minutes… avant de disparaître complètement du quatrième quart-temps et de la prolongation. JB Bickerstaff a même fini par lancer Paul Reed à sa place dans le money time.
Et le plus dur pour Duren, c’est que le choix a plutôt fonctionné.
Ce simple détail résume assez bien la situation actuelle du jeune intérieur. Depuis le début de la série, Cleveland semble avoir trouvé une formule assez claire : vivre avec les limites offensives de Duren. Les Cavs protègent avant tout la raquette autour de Cade Cunningham, ferment les espaces de pénétration et acceptent presque volontairement de voir Duren toucher la balle dans certaines zones du terrain.
Le problème, c’est que le pivot des Pistons ne semble jamais réellement intégré au cœur du système offensif. La plupart du temps, il se retrouve réduit à un rôle ultra classique de rim runner : poser un écran, rouler vers le cercle, attendre un alley-oop ou un rebond offensif. Sauf qu’en playoffs, quand les défenses deviennent ultra préparées et que le spacing se rétrécit, ce profil devient beaucoup plus compliqué à rentabiliser si le joueur n’apporte rien d’autre.
Et c’est exactement ce qui arrive aujourd’hui à Detroit.
Les Cavaliers défendent parfois à plusieurs mètres d’Ausar Thompson. Tobias Harris alterne les bonnes et mauvaises séquences. Résultat : toute la création repose presque exclusivement sur Cade Cunningham. Quand Cleveland envoie des aides agressives sur lui, les Pistons manquent immédiatement de solutions secondaires.
Dans ce contexte, continuer à utiliser Duren uniquement comme finisseur vertical paraît de plus en plus limité. Pourtant, il existe peut-être une autre piste beaucoup plus intéressante.
La clé pour Detroit : replacer Jalen Duren
Pendant le CQFR, l’idée évoquée autour de Duren était justement de le replacer davantage au cœur du jeu offensif, notamment depuis le poste haut. Non pas comme simple poseur d’écran, mais comme relais de création capable de faire vivre la balle et d’aider Detroit à respirer offensivement.
Car malgré toutes ses limites actuelles, Duren possède une qualité souvent sous-estimée : sa vision du jeu. Sur plusieurs séquences cette saison, il a montré qu’il pouvait être capable de distribuer depuis le short roll ou depuis l’axe du terrain. Rien de révolutionnaire évidemment, mais suffisamment pour imaginer une évolution de rôle intéressante.
L’objectif ne serait pas de transformer Duren en Bam Adebayo du jour au lendemain. Mais plutôt de lui donner des responsabilités offensives qui lui permettent d’exister autrement que comme simple cible près du cercle. Recevoir au poste haut. Servir les coupes. Déclencher des handoffs. Trouver un shooteur après une aide. Mettre un peu de mouvement dans une attaque souvent très statique autour de Cunningham. Parce qu’aujourd’hui, le problème est aussi mental.
Plus la série avance, plus Duren semble sortir du match offensivement. Quand un joueur touche peu la balle, ne participe pas réellement à la création et commence à rater ses finitions, il finit souvent par perdre confiance progressivement. Et dans le cas du pivot des Pistons, cela devient visible.
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Le plus important reste évidemment de garder du recul. Duren n’a que 22 ans. Même s’il dispute déjà sa quatrième saison NBA, tout n’est absolument pas figé dans sa carrière. Les playoffs servent aussi à exposer brutalement les limites des jeunes joueurs. Mais ils servent également à identifier des pistes d’évolution.
Et pour Detroit, cette série montre probablement une chose essentielle : si les Pistons veulent vraiment franchir un cap autour de Cade Cunningham, ils devront trouver une manière beaucoup plus moderne d’utiliser Jalen Duren offensivement. Sinon, il risque rapidement de devenir un joueur que les défenses accepteront trop facilement d’ignorer ou de neutraliser en postseason. Or les Pistons n’ont pas le luxe de perdre un talent comme lui.
Parce que malgré ses énormes difficultés actuelles, son potentiel reste réel. Sa puissance physique, sa mobilité, sa qualité de passe par séquences et son âge continuent d’en faire un pari extrêmement intéressant pour l’avenir. Encore faut-il désormais construire un cadre offensif qui lui permette réellement d’exister.
Début de réponse cette nuit avec le Game 6 entre Detroit et Cleveland (2-3) à 1h du matin.
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