La FFBB a refusé de rouvrir en urgence le dossier de l’AS Monaco. Champion de France en titre, le club de la Principauté est désormais exclu de la Betclic ÉLITE et de l’ÉLITE 2, avec la Nationale 1 comme meilleure solution pour poursuivre son activité en France.
La chute est aussi brutale que spectaculaire. Quelques semaines seulement après avoir remporté quatre trophées, l’AS Monaco se retrouve officiellement écartée des deux divisions professionnelles du basket français.
La Roca Team avait encore tenté un ultime recours auprès de la Fédération Française de Basket-Ball. Après l’avis défavorable rendu par le CNOSF, Monaco avait demandé au Bureau Fédéral d’utiliser l’article 925 de ses règlements afin que la Chambre d’Appel examine de nouveaux éléments financiers.
La FFBB a refusé de rouvrir le dossier en urgence. La décision confirmant le non-engagement de Monaco en Betclic ÉLITE reste donc valable, tout comme l’impossibilité pour le club de rejoindre l’ÉLITE 2.
Un investissement de 10 millions arrivé trop tard
Monaco estimait pourtant avoir profondément transformé sa situation financière depuis l’examen initial de son dossier. Un nouvel investisseur se serait engagé à mobiliser 10 millions d’euros pour la saison 2026-2027.
Le club annonçait également avoir apuré son passif historique auprès de ses fournisseurs et obtenu l’abandon d’importantes créances détenues par ses actionnaires. Il se disait même prêt à accepter un contrôle financier renforcé afin de retrouver sa place en première division.
Ces garanties n’ont toutefois pas été apportées suffisamment tôt. Le dossier présenté aux instances pendant l’été ne permettait pas d’assurer la continuité financière du club et plusieurs promesses de financement n’avaient pas été concrétisées dans les délais imposés.
Le 3 juillet, la DNCCG avait refusé l’engagement de Monaco dans les championnats professionnels. La Chambre d’Appel de la FFBB avait confirmé cette décision le 1er août, avant que le CNOSF ne rende à son tour un avis défavorable le 28 août.
Les nouvelles garanties financières sont arrivées après ces différentes échéances. Dans son communiqué, Monaco reconnaissait d’ailleurs que les instances ne disposaient pas, au moment de leurs décisions, de tous les éléments qu’elles étaient légitimement en droit d’attendre.
La Nationale 1 comme ultime point de chute
Le tribunal administratif représente théoriquement la dernière voie de recours pour Monaco. Les dirigeants du club n’envisageraient cependant pas, à ce stade, de saisir cette juridiction. La solution la plus vraisemblable serait désormais une reconstruction en Nationale 1, la troisième division française. L’association amateur de l’AS Monaco, qui compte 455 licenciés, pourrait reprendre les droits sportifs et demander à engager une équipe dans ce championnat.
Les jeunes encore sous contrat avec le centre de formation constitueraient alors la base du nouveau projet. Ils pourraient être accompagnés des deux joueurs étrangers autorisés par le règlement fédéral, à condition que la FFBB accepte l’intégration de l’équipe en NM1.
Plusieurs réunions doivent se tenir afin de déterminer ce qui peut encore être sauvé. La présence du club dans une compétition européenne, son effectif professionnel et l’avenir de ses salariés constituent autant de questions désormais ouvertes.
Le contraste est vertigineux. Monaco reste sur un quadruplé national inédit avec le championnat, la Coupe de France, la Leaders Cup et la Supercoupe. Quinze mois plus tôt, la Roca Team disputait encore la finale de l’EuroLeague.
Le champion de France pourrait maintenant devoir repartir au troisième échelon national, douze ans après l’avoir quitté. Une descente administrative historique qui marque, au moins provisoirement, la fin de l’un des projets les plus ambitieux du basket français.
