Comment les Spurs peuvent se renforcer cet été et revenir plus forts

On s'est mis dans la peau du GM des San Antonio Spurs pour essayer de constituer le meilleur effectif possible pour la saison prochaine.

Comment les Spurs peuvent se renforcer cet été et revenir plus forts

Si près, si loin. Les San Antonio Spurs ont perdu les finales NBA en cinq manches contre les New York Knicks en donnant parfois l’impression d’avoir l’équipe la plus talentueuse mais certainement pas la plus à même de de contrôler les rencontres. Des avances de 12, 15, 29 et 16 points n’ont pas empêché Victor Wembanyama et ses coéquipiers de s’incliner à quatre reprises contre des adversaires plus mûrs et plus sûrs de leurs forces. La saison de la franchise texane reste une belle réussite avec un parcours exceptionnel en playoffs, les premiers de sa superstar française. Le groupe vit bien et l’avenir s’annonce radieux autour du pivot de 22 ans, secondé par Stephon Castle, Dylan Harper ou encore Carter Bryant, tous plus jeunes que lui.

Il est probable que les dirigeants conservent la même ossature en essayant de cibler les profils susceptibles de faire passer un nouveau cap et de mener les éperons jusqu’à leur sixième titre. En ratissant large auprès des 29 autres clubs de la ligue, nous avons trouvé plusieurs joueurs capables de, peut-être, renforcer San Antonio pour la saison à venir.

Les profils ciblés

Partons déjà du principe que De’Aaron Fox va (et doit) être conservé. Le meneur All-Star encaisse le gros du flot des critiques en raison de ses contre-performances dans le money time des Games 4 et 5 mais il sort tout de même d’une saison plus que correcte et c’est avec lui que les Spurs ont remporté trois séries de suite. L’avènement de Dylan Harper peut effectivement rabattre les cartes sur le poste un mais il n’y a pas d’urgence à transférer Fox, sauf s’il refuse catégoriquement de se mettre encore un peu en retrait. Mais il n’a cessé de s’adapter depuis son arrivée et il est probable qu’il continue de le faire. Son salaire finira par poser problème et relancer les questions autour de son transfert mais, pour l’instant, l’organisation dispose de suffisamment de place sous le Cap pour retenter sa chance avec lui.

L’équipe a d’abord besoin de vétérans, mais juste de vétérans pour encadrer le vestiaire. Ils ont besoin d’un ou deux joueurs de 25 à 35 encore, si possible plus proche des 30 que des 35, à même de contribuer sur le terrain dans les moments les plus chauds. Des vétérans qui ont déjà fait leurs preuves en playoffs et qui aideront San Antonio à ne pas craquer, à mieux appréhender les séquences les plus importantes des rencontres et à comprendre comment saisir les opportunités. Le Oklahoma City Thunder n’aurait jamais été champion sans Alex Caruso et Isaiah Hartenstein. Ce sont les joueurs clés qu’ils doivent trouver, indépendamment de leur position sur le terrain.

Dans l’idéal, les Spurs auront besoin de renforts sur les ailes, sur des profils « 3 and D » ou « 3-4 », mais aussi d’une éventuelle autre doublure pour Wembanyama sur le poste cinq. Voire tout simplement une alternative à un pivot traditionnel pour pouvoir jouer small ball.

Les assets

Le groupe étant encore jeune et majoritairement sous contrat « rookie », il y a de la place dans la masse salariale. Même si Victor Wembanyama est éligible à une extension massive. Il sera d’ailleurs intéressant de voir s’il décide de laisser quelques millions de côté pour faciliter la tâche de ses dirigeants et construire une formation redoutable. Au-delà de ça, les Spurs possèdent le 20eme choix de la prochaine draft, ainsi qu’un pick disponible sur les six prochaines cuvées. Le contrat expirant de Keldon Johnson peut être envoyé dans un package, éventuellement Kornet (contrat dégressif sur trois saisons supplémentaires avec une option équipe sur la dernière année, entre 10 et 9 millions de dollars annuels) et ils feraient bien de prolonger Julian Champagnie.

L’option la plus attirante via un trade

San Antonio reçoit : Trey Murphy (27 millions)

New Orleans reçoit : Keldon Johnson (18 millions), le 20eme choix de la draft 2026, le choix 2028 des Spurs, un droit de swap avec les Spurs en 2029, le choix 2030 des Spurs, un droit de swap avec les Spurs (et donc les Kings) en 2031

Les Knicks ont payé 5 tours de draft pour aller chercher Mikal Bridges. Il faut se rendre à l’évidence : à un moment donné, pour franchir un palier, il faut savoir mettre le prix. Trey Murphy n’est finalement peut-être pas amené à devenir un All-Star, ce qui avait un sens à une époque, mais il reste un ailier très talentueux encore jeune et à même de s’intégrer parfaitement dans le jeu des Spurs. Il est long, il est athlétique, il est capable de bien défendre et c’est une menace permanente derrière l’arc (38% à trois-points en carrière).

San Antonio céderait donc Keldon Johnson, trois premiers tours et deux autres via un droit de swap. Les Pelicans, qui vont de toute façon reconstruire, auraient au moins la possibilité de piocher sur cette cuvée et d’entamer pour de bon sa reconstruction. New Orleans possède ses picks sur les prochaines saisons et va pouvoir miser sur la jeunesse autour de Jeremiah Fears et de Derik Queen, en attendant un éventuel départ de Zion Williamson.

Devin Vassell peut sortir du cinq majeur et reprendre le rôle de sixième homme de Johnson avec une dimension encore plus grande. Ou alors Murphy peut tout simplement se glisser au poste d’ailier-fort à la place de Julian Champagnie. Dans ce scénario, le banc serait déjà constitué de Fox (ou Harper) et de Champagnie en plus d’autres éventuelles recrues.

D’autres candidats à un trade

Aux Pelicans, Herb Jones représente aussi une possibilité, probablement moins chère. Misons sur un (voire deux) tour de draft et un swap en moins au minimum. C’est un meilleur défenseur que Murphy mais aussi un moins bon shooteur, ce qui peut poser problème pour des Spurs qui ont besoin de spacing.

Dorian Finney-Smith : Inexistant avec Houston. Mais les Rockets sont des concurrents directs et DFS a montré des limites.

Cam Johnson : Sa valeur a fortement baissé donc il y a un coup à tenter… mais elle n’a pas baissé par hasard non plus.

Derrick Jones Jr : Il connaît le chemin des finales (disputées avec les Mavericks), c’est un joueur très athlétique et bon défenseur, capable de planter dans les corners (mais pas autant que Champagnie).

Saddiq Bey : Intéressant mais il n’a rien prouvé en playoffs pour l’instant.

Dillon Brooks : Il semble être important aux Suns et il est donc peu probable qu’il soit disponible, ou alors à un prix trop élevé qui rendrait le deal moins intéressant.

Royce O’Neale : Souvent recherché par des candidats au titre, mais est-il vraiment un joueur qui fait la différence au bout du compte ?

Andrew Wiggins : Pas simple à articuler. Un ancien All-Star et champion NBA. Le profil parfait sur le papier mais dont l’attitude tend parfois à créer de la frustration et entraîne des interrogations.

Miles Bridges : Les atouts recherchés mais aucune expérience des playoffs.

Grant Williams : Un ancien champion NBA qui peut apporter des deux côtés du terrain en sortie de banc.

Bobby Portis : Pareil, sauf qu’il présente en plus le luxe de pouvoir jouer pivot dans une configuration un peu plus mobile quand Wembanyama se repose. Il peut jouer avec ou sans Luke Kornet. Une option à garder en tête vu son expérience, son salaire à 14 millions et la probable reconstruction qui s’annonce à Milwaukee.

Michael Porter Jr : Un gros nom, mais aussi un gros salaire et pas nécessairement un bon fit. Oui, MPJ est excellent en attaque. C’est aussi un joueur déjà bagué. Mais ses erreurs en défense, quand il ne fait pas les efforts (et il ne les fera pas tout le temps) peuvent se payer beaucoup trop cash.

Les « 3 and D » éventuellement disponibles sur le marché

Keon Ellis : Les Cavaliers ne l’ont pas assez utilisé en playoffs. Bon défenseur, fiable de loin. Le seul problème, c’est sa taille (1,93 m) c’est il est possible de lui faire signer un contrat abordable.

De’Anthony Melton : Peut-être la meilleure option sur le marché, même si lui aussi est plus un arrière qu’un ailier. Les Warriors voudront sûrement le garder.

Gary Payton II : Plein d’expérience, lui aussi issu du giron de Golden State. Il présente en plus l’avantage de pouvoir jouer « faux pivot » dans un cinq small ball. L’adresse reste un frein. Puis, il semble parti pour rester aux Warriors, le seul endroit où il s’est vraiment affirmé.

Landry Shamet : Si jamais les Knicks ne le payent pas… pourquoi pas ?

Bruce Brown : Même profil que GPII. Par contre, il a l’air un peu cuit depuis qu’il a signé ce gros deal avec Indiana après le titre aux Nuggets en 2023.

Josh Okogie : Plus utile qu’il n’y paraît pas il faudrait vraiment qu’il mette enfin régulièrement des trois-points.

Matisse Thybulle : Même problème, voire en pire.

Simone Fontecchio : Lui, c’est l’inverse. Plus « 3 » que « D ».

Les « 3-4 » à surveiller

Dean Wade : Il sera sans doute une priorité des Cavaliers pendant l’intersaison.

Rui Hachimura : Un profil intéressant parce qu’il peut faire du Julian Champagnie mais en mieux : plus long, plus athlétique, plus adroit à trois-points, plus fort à mi-distance… sauf que ça inclut par définition de lui donner un contrat plus lourd. Les Spurs veulent-ils investir de l’argent (20-25 millions annuels) sur Rui Hachimura ? C’est peut-être risqué quand on sait que la franchise va devoir donner des prolongations à Wembanyama, Castle et Harper dans un futur proche. Autant miser sur un joueur moins cher.

Kelly Oubre Jr : Pas toujours fiable. Pas forcément un vrai vétéran qui gagne partout où il passe.

Amir Coffey : L’option la moins chère, même s’il a très peu de références (logique). Mais il peut être utile en sortie de banc.

Peyton Watson : Quasiment impossible parce que les Nuggets vont s’aligner. Ça peut valoir le coup de lui balancer un salaire bien salée pour forcer la main de la franchise du Colorado.

Tobias Harris : Un peu vieux mais il a montré sur cette dernière campagne qu’il pouvait hausser son niveau de jeu et contribué en playoffs. Les Pistons vont le signer.

Les alternatives au poste 5

Draymond Green : Shai Mamou en parlait dans un article écrit ici. L’idée est à la fois risqué, peu probable et garde tout de même un intérêt. Sur le terrain, les Spurs auraient bien besoin d’un intérieur playmaker aussi expérimenté et utile en défense. Draymond Green est un leader avec un côté « bad ass » qui ferait du bien à ce groupe. Peut-être même qu’il sera revanchard si Golden State le laisse tomber. Sa signature n’a du sens que s’il est d’abord tradé ailleurs puis coupé via un buyout, afin de le faire venir pour le minimum (il serait payé par l’équipe où il a été envoyé initialement). Mais sa personnalité est quand même too much pour l’organisation. Ça ne va pas coller.

Andre Drummond : Il sera aussi exploité en défense. En troisième pivot, peut-être.

Robert Williams : Si San Antonio décide de se séparer de Kornet. Après, Robert Williams est vraiment trop souvent blessé. Mais il peut être une alternative à petit prix.

Precious Achiuwa : Dans un autre registre.

Guerschon Yabusele : Il peut jouer small ball cinq et étirer un peu les lignes. C’est un compétiteur.

Notre verdict

S’il fallait retenir seulement quelques noms, nous partirions d’abord sur Trey Murphy en priorité. Herb Jones est une autre option intéressante mais seulement si le prix est beaucoup moins élevé. Et l'idée de faire venir Bobby Portis intrigue. Grant Williams en dernier recours. Concernant la Free Agency, on signerait Keon Ellis ou De’Anthony Melton. Il n'a pas été mentionné mais Gabe Vincent peut compléter le roster au minimum.

L'effectif potentiel : Dylan Harper, Stephon Castle, Devin Vassell, Trey Murphy, Victor Wembanyama, De'Aaron Fox, Gabe Vincent, Julian Champagnie, Luke Kornet, Carter Bryant.