Trade Deadline : Analyse de tous les transferts !

Les gagnants, les perdants, les explications... Voici un décryptage de tous les transferts NBA effectués par les franchises depuis deux jours.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse
Trade Deadline : Analyse de tous les transferts !
La soirée d'hier a été plutôt calme sur le marché des transferts NBA. La plupart des franchises ont surtout cherché à réaliser des économies en vue d'une intersaison qui s'annonce beaucoup plus mouvementée avec une hausse significative du cap au-dessus des 90 millions de dollars. Le calme avant la tempête, en quelque sorte. Certaines organisations ont tout de même pris des risques plus ou moins calculés à quelques minutes de la deadline. L'occasion de revenir plus en détails sur les motivations des dirigeants des franchises qui ont agité le marché. Le système de "note" des transferts NBA est un peu abstrait mais nous avons distingué quatre rangs différents : - un A est attribué lorsqu'un transfert change clairement le visage d'une franchise - un B lorsque l'équipe a réalisé une bonne affaire sans pour autant changer sa destinée - un C lorsqu'il s'agit a) soit d'un transfert mineur, b) soit d'une opération un peu hasardeuse, c) soit d'un pari intrigant mais risqué qui peut aussi bien se transformer en B ou en... - un "Billy King" pour tout transfert qui posera des problèmes immédiats ou futurs à la franchise en question. Pour information, tous les transferts ont été détaillés ici. Let's do it.

Transferts NBA : Ils ont eu un B

Detroit Pistons Arrivées : Tobias Harris, Donatas Motiejunas, Marcus Thornton Départs : Brandon Jennings, Ersan Ilyasova, Joel Anthony, un premier tour de draft (2016, protégé 1-8) [caption id="attachment_313207" align="alignleft" width="318"] 'Do-Mo' débarque à Motor City.[/caption] Les Detroit Pistons ont pour ambition de faire les playoffs dès cette saison - ils sont actuellement neuvièmes à moins d'une victoire des Chicago Bulls, huitièmes - et ils n'ont pas hésité à céder leur choix de Draft pour renforcer leur rotation. Tobias Harris a un profil atypique : il a les atouts d'un 'stretch four' mais doit encore développer ses points forts. Surtout, il n'a que 23 ans. En cédant les deux contrats expirants de Brandon Jennings et Ersan Ilyasova, les dirigeants des Pistons ont mis la main sur un jeune joueur susceptible de s'intégrer au noyau dur (lui aussi assez jeune) constitué par Reggie Jackson, Andre Drummond, Kentavious Caldwell-Pope et Marcus Morris. Harris est moins adroit à trois-points, notamment dans les coins, que la saison dernière et c'est peut-être l'une des raisons pour lesquelles les Pistons le feront sans doute débuter sur le banc. Il est plus puissant que la plupart des ailiers et plus rapides que les intérieurs. Il a du toucher et tout pour s'imposer comme une force de frappe importante et être le joker offensif qui manque aux Pistons, dont le banc était l'un des plus faibles de la NBA depuis le début de la saison. Donatas Motiejunas a une place à gagner dans le cinq majeur au côté d'Andre Drummond. Souvent blessé, le Lituanien sera RFA (Restricted Free Agent) en juillet et un premier tour de Draft est sans doute un peu cher payé pour le faire venir dans le Michigan en compagnie de Marcus Thornton. Les deux ex-Rockets ajoutent tout de même de la qualité à l'effectif de Stan Van Gundy, notamment au scoring. Le départ de Jennings laisse un léger manque à la mène derrière Jackson (Spencer Dinwiddie et Steve Blake se partagent le temps de jeu en back-up) mais, lorsqu'il est en pleine forme, l'ex-star des Bucks a la carrure d'un titulaire et il était donc destiné à quitter Detroit. Orlando Magic Arrivées : Brandon Jennings, Ersan Ilyasova, Jared Cunningham, un second tour de draft (2020) Départs : Tobias Harris, Channing Frye [superquote pos="d"]Le Magic a désormais 45 millions pour recruter cet été... coucou Al Horford ? [/superquote]Le Magic et surtout Scott Skiles ne croyaient pas en Tobias Harris. Il a été envoyé à Detroit pour faire de la place à Aaron Gordon, une autre star en herbe encore plus jeune. Faire de la place. Le mot d'ordre à Orlando qui a fait des économies en se séparant de deux de ses joueurs. La franchise dispose désormais d'une enveloppe d'environ 45 millions pour recruter cet été. Les dirigeants ont convoité Paul Millsap l'an passé et ils pourraient viser une star en juillet... Al Horford ? Brandon Jennings et Ersan Ilyasova solidifient le banc inexpérimenté du Magic et offrent aussi à Scott Skiles deux joueurs capables de prendre les choses en main dans le money time - un moment redouté par les jeunes joueurs d'Orlando qui se sont souvent inclinés dans les fins de matches serrées. Les dirigeants préparent aussi le futur proche. Et il s'annonce aussi ensoleillé que le climat floridien. Charlotte Hornets Arrivées : Courtney Lee, du cash Départs : P.J. Hairston, Brian Roberts Les Hornets n'ont pas traîné. A peine Michael Kidd-Gilchrist était annoncé out pour la saison - encore - que les dirigeants ont passé des appels pour faire venir Courtney Lee en Caroline du Nord. Comme Detroit, Charlotte espère jouer les playoffs cette saison - ils sont septièmes - et ils ont trouvé en l'ancien Grizzly un shooteur expérimenté capable d'étirer le jeu des Hornets. Il s'agit plus ou moins d'une "location" étant donné que le contrat du joueur de 30 ans expire cet été. Miami Heat Arrivées : Brian Roberts, un second tour de draft (2018), du cash Départs : Chris Andersen, Brian Roberts, Jarnell Stokes, un second tour de draft, du cash Annoncé comme un prétendant aux finales de Conférence en début de saison, le Miami Heat ne devrait pas jouer les trouble-fêtes en playoffs en avril prochain. Pat Riley l'a certainement compris. Malin, génial, rusé, le parrain de la mafia floridienne du Heat a réussi à libéré une vingtaine de millions de dollars en deux jours pour permettre à sa franchise de passer sous le seuil de la Luxury Tax. Le tour sans forcément affaiblir son équipe. Miami partira à la pêche au gros poisson cet été. Cleveland Cavaliers Arrivées : Channing Frye, un second tour de draft Départs : Anderson Varejao, un premier tour de draft [caption id="attachment_295440" align="alignleft" width="318"] Channing Frye apporte de la polyvalence à la raquette des Cavaliers.[/caption] Les Cavaliers ont perdu "un frère" pour reprendre les mots de LeBron James lorsque la superstar de Cleveland a commenté le départ d'Anderson Varejao. Mais des sacrifices sont parfois nécessaires pour mener une franchise au titre. Au passage, le sacrifice est surtout sentimental - le Brésilien a joué 12 saisons aux Cavs - vu que le move fait économiser environ 10 millions de dollars à la franchise. L'arrivée de Channing Frye, un pivot long capable de s'écarter du cercle, a pour but de donner encore plus de flexibilité à Tyronn Lue qui dispose désormais d'un joueur capable de s'aligner sur les postes 4 et 5. Avec Frye, Kevin Love, LeBron, J.R. Smith et Kyrie Irving sur le parquet, les Cavaliers disposent par exemple de cinq joueurs capables de tirer de loin sans pour autant perdre en taille. Ce transfert est clairement calculé en vue d'un éventuel affrontement avec les Golden State Warriors ou les San Antonio Spurs en finale NBA. Le vétéran de 32 ans est réputé pour son sens du professionnalisme. Il n'est pas un très bon défenseur mais sa taille (2,11 m) lui permet de gêner les attaquants adverses dans la peinture. Les Cavaliers n'ont pas chamboulé la hiérarchie avec cette arrivée mais ils se sont déjà renforcés en attendant les éventuels joueurs disponibles une fois la période des buyouts terminée. Portland Trail Blazers [superquote pos="d"]On a jamais entendu quelqu'un dire "nous sommes à un Jeff Green de gagner le titre"[/superquote]Arrivées : Anderson Varejao, Brian Roberts, un premier tour de draft, un second tour de draft Départs : un second tour de draft, du cash Les Portland Trail Blazers ont récupéré un premier tour de draft presque "gratuitement" simplement en étant l'une des rares équipes sous le Cap. La franchise a ainsi pu absorber le contrat de Varejao sans libérer de réelle contrepartie. Brian Roberts est lui un meneur remplaçant talentueux susceptible de briller en jouant le pick&roll avec les intérieurs de Portland. Tout va bien dans l'Oregon. Oklahoma City Thunder Arrivées : Randy Foye Départs : D.J. Augustin, Steve Novak, deux seconds tours de draft Le Thunder voulait un arrière/ailier supplémentaire afin de renforcer sa rotation, notamment dans le money time. Les minutes de Dion Waiters devraient subir un léger contrecoup avec l'arrivée de Randy Foye en provenance de Denver. Le vétéran est plus expérimenté que l'ex-trouble-fête des Cavaliers. Il est maladroit depuis le début de la saison (29% à trois-points, 35% dans le champ) mais jouer au côté de Russell Westbrook et Kevin Durant est une assurance de disposer de tirs ouverts. Le joueur de 32 ans a la caractère pour rentrer ses shoots, notamment dans les moments les plus chauds. En ce sens, c'est une légère amélioration par rapport à Waiters. Le Thunder a aussi réalisé des économies dans l'affaire. C'est pourquoi nous avons opté pour un B et non un C. D.J. Augustin avait lui perdu sa place au profit du rookie Cameron Payne. Phoenix Suns Arrivées : Kris Humphries, DeJuan Blair, un premier tour de draft (2016, protégé 1-9) Départs : Markieff Morris Joli coup de la part des Suns qui ont désormais une occasion de bénéficier de deux lottery-picks si les Wizards échouent de peu aux portes des playoffs. Phoenix souhaitait de toute façon se séparer de Markieff Morris. Los Angeles Clippers Arrivées : Jeff Green Départs : Lance Stephenson, un premier tour de draft (2019) [caption id="attachment_124008" align="alignleft" width="318"] Jeff Green côtoyait Doc Rivers à Boston.[/caption] Le plus gros coup du marché est signé de Doc Rivers dans les dernières secondes de la deadline. Le coach-GM des Clippers a mis la main sur l'un de ses anciens poulains en la personne de Jeff Green. C'est sympa sur le papier au vue du pedigree du nouvel arrivant : cinquième choix de draft, ex-sixième homme talentueux, ex-star éphémère des Celtics et ex-dynamiteur de banc irrégulier à Memphis. Mais nous n'avons jamais entendu quelqu'un dire "nous sommes à un Jeff Green de viser le titre". C'est pourtant l'objectif des Clips. Les Finales NBA. Ou le titre. Ou au moins les finales de Conférence... Green n'est pas un shooteur extérieur assez fiable pour réellement donner une autre dimension à la formation de Los Angeles - sera-t-il seulement titulaire ? - mais il renforce tout de même le poste 3, voire 4 si les Clippers veulent jouer en 'small ball'. En fait, il y a même des chances que son apport soit plus important sans Blake Griffin... Les deux joueurs risquent un peu de se marcher dessus s'ils sont alignés ensemble avec DeAndre Jordan. Mais les Clippers voulaient de toute façon se débarrasser de Lance Stephenson... Houston Rockets Arrivées : Joel Anthony, Les droits de Chukwudiebere Maduabum (oui, c'est un copié/collé), un premier tour de draft (2016, protégé 1-8) Départs : Donatas Motiejunas, Marcus Thornton, Joel Anthony, un second tour de draft (2017) Les Houston Rockets ont perdu deux joueurs de rotation intéressants mais 'Do-Mo' était fréquemment blessé et les dirigeants texans n'avaient de toute façon pas l'intention de payer le Lituanien. Daryl Morey peut désormais recommencer sa collection d'assets tout en priant pour que les Pistons disputent les playoffs ou échouent de peu.

Transferts NBA : ils ont eu un C

Memphis Grizzlies Arrivées : P.J. Hairston, Lance Stephenson, un premier tour de draft (2019), quatre seconds tours de draft (2017, 2018 et deux en 2019) Départs : Courtney Lee, Jeff Green, du cash Le grand ménage a commencé à Memphis. La fenêtre de tir des Grizzlies s'est refermée et les dirigeants en sont conscients. C'est désormais une période de transition qui s'annonce. Sa durée dépendra du recrutement de cet été. La franchise dispose toujours de Marc Gasol et elle espère prolonger son meneur Mike Conley, meilleur meneur disponible sur le marché en 2016. En attendant, elle s'est séparée de ses contrats expirants - Lee, Green - pour remettre la main sur des tours de draft, elle qui avait échangé la plupart de ses futurs picks. Vous l'avez sans doute lu partout depuis hier mais Dave Joerger va devoir coacher simultanément Matt Barnes, Zach Randolph, Lance Stephenson, Tony Allen, Chris Andersen et P.J. Hairston. Denver Nuggets Arrivées : D.J. Augustin, Steve Novak, deux seconds tours de draft Départs : Randy Foye Hormis les deux seconds tours de draft, les Nuggets n'ont pas mis la main sur grand chose lors de cet échange. Steve Novak sera prochainement coupé. Washington Wizards Arrivées : Markieff Morris Départs : Kris Humphries, DeJuan Blair, un premier tour de draft (2016, protégé 1-9) Il fallait une franchise désespérée pour lâcher un choix au premier tour aux Phoenix Suns pour mettre la main sur Markieff Morris. Un transfert que nous avons déjà décortiqué ici ce matin. Nous avons gratifié le trade d'un C en raison du risque, mais ce coup peut s'avérer être une bonne affaire pour les Wizards si jamais Morris parvient à retrouver un meilleur état d'esprit. Le garçon a du talent. Atlanta Hawks Arrivées : Kirk Hinrich Départs : Justin Holiday, Shelvin Mack Les Hawks n'ont finalement pas brisé leur noyau dur et la franchise risque de perdre Al Horford sans réelle contrepartie cet été. Kirk Hinrich est rincé. Rien de bandant en Géorgie. Comme d'habitude. Chicago Bulls Arrivées : Justin Holiday, un second tour de draft Départs : Kirk Hinrich Les Bulls n'ont pas non plus osé appuyer sur la détente. Les Sacramento Kings étaient à fond sur Pau Gasol et Tony Snell. C'est peut-être tant mieux. Ben McLemore n'est pas une star en devenir et les taureaux auront peut-être l'opportunité de négocier un sign&trade de l'Espagnol cet été ou de le prolonger. Utah Jazz Arrivées : Shelvin Mack Départs : un second tour de draft Le nom de Shelvin Mack est moins pompeux que celui de Ty Lawson mais son profil correspond mieux aux besoins du Jazz. Utah cherchait un meneur bon défenseur et qui ne monopolise pas trop la balle. New Orleans Pelicans Arrivées : Jarnell Stokes, du cash Départs : un second tour de draft (2018) Anthony Davis, si tu nous lis... [insérez n'importe quelle phrase]. Philadelphie Sixers Arrivées : Joel Anthony, un second tour de draft (2017) Départs : Les droits de Chukwudiebere Maduabum (oui, c'est toujours un copié/collé) Sam Hinkie a toujours son mot à dire à Philadelphie. Les Sixers ont récolté leur traditionnel second tour de draft mais aussi un pivot vétéran pour encadrer Jahlil Okafor, Nerlens Noel et Joel Embiid.
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