Victor Wembanyama, le nouveau super-villain de la NBA ?

Victor Wembanyama est-il en train de devenir l'antagoniste de la NBA ? Entre les huées du Garden, les polémiques et son ascension fulgurante, son image évolue.

Victor Wembanyama, le nouveau super-villain de la NBA ?

Victor Wembanyama, un antagoniste ? La question peut sembler absurde. Pourtant, les amateurs de littérature, de cinéma ou de comics savent qu'une bonne origin story commence rarement par quelqu'un qui rêve de devenir le méchant.

Les villains les plus marquants sont souvent des personnages qui veulent changer les choses. Ils pensent voir ce que les autres ne voient pas. Ils refusent certaines règles, contestent un système ou cherchent simplement à suivre leur propre voie. Au départ, leurs intentions ne sont pas forcément mauvaises. Puis ils prennent de l'importance. Ils deviennent plus puissants, plus influents, plus difficiles à ignorer. Et un jour, sans toujours s'en rendre compte, ils cessent d'être admirés par tout le monde.

Bien sûr, la comparaison s'arrête là. Mais il y a quelque chose d'intéressant dans la manière dont l'image de Victor Wembanyama évolue depuis quelques semaines. Pendant longtemps, le Français a bénéficié d'un statut extrêmement rare : celui d'une superstar quasiment impossible à détester. Aujourd'hui, les premiers signes d'une forme d'hostilité commencent à apparaître.

Rien de massif ou qui ressemble vraiment aux réactions que peuvent provoquer les joueurs les plus polarisants de la ligue. Mais suffisamment d'indices pour se demander si Wembanyama n'est pas en train d'entrer dans une nouvelle phase de sa carrière : celle où une partie du public commence à apprécier le joueur tout en développant une certaine défiance envers le personnage.

Quand le héros commence à déranger

Depuis plusieurs années, Victor Wembanyama donne le sentiment de vouloir tracer sa propre route. Il parle régulièrement de l'évolution du jeu, de la responsabilité des stars ou encore de la manière dont les joueurs peuvent utiliser leur influence. Il s'est montré critique envers certains aspects du All-Star Game, de la NBA et de l'éthique qu'il faut y apporter, réfléchit beaucoup à son rapport à la célébrité et semble choisir avec soin ce qu'il accepte d'associer à son image.

Cette singularité a largement contribué à sa popularité. Mais elle peut aussi produire l'effet inverse. Plus un joueur affirme sa différence, plus certains finissent par y voir une forme de posture. C'est un phénomène classique dans le sport comme ailleurs.

David Jacoby l'a récemment illustré de manière particulièrement brutale. Dans le podcast de Zach Lowe, l'ancien journaliste de Grantland a carrément expliqué qu'il ne supportait pas Wembanyama. Pas seulement le joueur, mais tout ce qui l'entoure : son attitude, sa manière de se présenter, l'image qu'il renvoie. Derrière la provocation, on retrouve un reproche assez répandu aux États-Unis : celui du try-hard, quelqu'un qui donne l'impression d'en faire trop pour montrer qu'il est différent.

La critique peut sembler injuste. Elle n'en est pas moins révélatrice et Jacoby, aussi outrancier ait-il pu se montrer, n'est probablement pas seul sur cette ligne-là.

Le Garden a peut-être senti le changement avant tout le monde

S'il existe un endroit où les stars découvrent rapidement comment naissent les rivalités, c'est bien le Madison Square Garden. Cette année, les chants hostiles adressés à Wembanyama ont marqué un tournant. Les "Fuck Wemby" entendus pendant les Finales n'étaient pas dirigés contre un jeune prodige prometteur. Ils visaient un adversaire que les fans des Knicks avaient réellement envie de voir échouer.

Le contexte joue évidemment un rôle. New York a toujours aimé se choisir des ennemis sportifs. Reggie Miller, Michael Jordan ou plus récemment Trae Young peuvent en témoigner.

Mais plusieurs épisodes ont alimenté cette hostilité naissante. Il y a eu le coup de coude sur Naz Reid lors de la série face à Minnesota, qui n'a débouché sur aucune suspension. Puis la poussette sur Jalen Brunson dans le Game 3 des Finales, jugée insuffisante pour être requalifiée en faute flagrante. Pris séparément, ces incidents ne racontent pas grand-chose. Ensemble, ils contribuent à nourrir une idée qui apparaît souvent lorsqu'un joueur atteint un certain niveau de notoriété : celle d'une superstar bénéficiant d'un traitement de faveur.

Qu'elle soit fondée ou non importe presque peu. Ce type de perception accompagne généralement les joueurs qui commencent à peser lourd dans la hiérarchie de la ligue.

Le problème de Wembanyama : il ne se contente plus d'être fascinant

Une autre évolution saute aux yeux cette saison. Wembanyama n'est plus seulement un phénomène que l'on regarde avec curiosité. Il est devenu un problème à résoudre.

Pour les Knicks, il représente l'obstacle entre New York et un titre. Pour Oklahoma City, il est le principal concurrent susceptible de contester la domination du Thunder dans les années à venir. Pour Chet Holmgren, il est un point de comparaison injuste et permanent.

Plus Victor progresse, plus il oblige les autres à se positionner par rapport à lui. Et c'est souvent à ce moment-là que les réactions changent.

LeBron James a connu ce phénomène lorsqu'il est passé du statut de prodige à celui de n°1. Stephen Curry l'a vécu à partir du moment où les Warriors ont commencé à accumuler les victoires. Même des joueurs beaucoup plus appréciés aujourd'hui ont traversé une période où une partie du public cherchait activement une raison de les voir tomber.

Les fans adorent les promesses. Ils sont parfois beaucoup plus partagés lorsqu'une promesse commence... à tenir ses promesses.

Le prix à payer pour devenir le visage de la ligue

Le plus intéressant dans cette histoire est peut-être que Wembanyama ne semble pas chercher ce rôle d'antagoniste. Contrairement à certains joueurs qui cultivent volontairement leur image de provocateur, Victor ne donne pas l'impression d'apprécier particulièrement les polémiques. Il ne provoque pas les foules comme Trae Young, qu'il a évoqué avec humour en conférence de presse, en rappelant qu'à cette heure, les fans des Knicks détestaient toujours plus l'ex-meneur d'Atlanta.

C'est presque une loi non écrite du sport professionnel. Les joueurs les plus dominants finissent rarement par faire l'unanimité. À un moment ou à un autre, ils empêchent trop de monde de gagner pour continuer à être aimés de tous.

Wembanyama n'est pas encore en train de devenir le vrai super-villain de la NBA. En revanche, il est peut-être en train de découvrir ce qui arrive aux futurs visages de la ligue. Pendant longtemps, tout le monde pouvait rêver avec lui. Désormais, certains commencent à rêver de le voir perdre.

Dans quelques heures, le Game 4 offrira un nouvel épisode à cette histoire. Si Wembanyama domine encore les Knicks, les huées du Garden risquent de monter d'un cran. Si les Spurs se rapprochent du titre, les griefs aussi.

Après tout, les meilleurs antagonistes ne sont pas forcément ceux que l'on déteste le plus. Ce sont souvent ceux qui empêchent les autres d'obtenir la fin heureuse qu'ils espéraient.

Quel visage de la NBA a été le plus proche de faire l’unanimité durant sa carrière?
Et par visage, il n’y en a pas beaucoup depuis les débuts: Mikan, Cousy, Russell, Chamberlain, West, Alcindor, Erving, Magic, Bird, Jordan, Shaq, Lebron, Curry?
Il y a beaucoup de légendes que je mets de côté : Schayes, Arizin, Pettit, Robertson, Baylor, Unseld, Frazier, Havlicek, Barry, M Malone, The Dream, Chuck, The Admiral, Ewing, K Malone, Garnett, Duncan, Kobe, AI, Durant, Rose, Harden, Westbrook, Giannis, Jokic, SGA. Tous ceux-ci, je n’arrive pas à les considérer comme des visages (c’est à dire le 1er qui vient en tête) de leur époque.
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