Analyse : Chris Bosh, « Most Important Player »

Analyse : Chris Bosh, « Most Important Player »

Perçu comme le maillon faible du « Big Three » du Miami Heat, Chris Bosh est pourtant le joueur le plus important de l'équipe culte de South Beach. Explications.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Chris Bosh fête aujourd'hui ses 36 ans. L'occasion de revenir sur l'impact qu'a eu ce joueur sous-estimé, notamment lors de son passage au Miami Heat. Pour l'occasion, nous vous proposons de redécouvrir cette analyse complète publiée une première fois en février 2014, à l'époque où les Floridiens roulaient sur la NBA. 

Erik Spoelstra a employé le terme pour la première fois un soir de novembre 2012 après une victoire des Floridiens face aux Phoenix Suns. Deux semaines après avoir passé 40 points face aux Denver Nuggets, Chris Bosh avait une nouvelle fois fait le boulot avec 24 points et 9 rebonds.

« C’est notre joueur le plus important. Il est régulier et consistant depuis deux ans et demi. Il rend les choses plus faciles et il a tellement d’impact sur le jeu. Il a été énorme près du cercle mais ce n’est pas seulement son scoring, il nous apporte beaucoup en défense. »

Mais pour qui est réservé ce compliment ? A Miami, LeBron James est coutumier des louanges. Le quadruple MVP de la ligue est sans aucun doute le meilleur joueur de la planète. Dwyane Wade est un icône, notamment au Heat, sa franchise de toujours. Pourtant, ces compliments d’Erik Spoelstra sont adressés à Chris Bosh. A chaque fois que le coach des champions en titre parle de son intérieur, certains mots reviennent : « crucial, déterminant, important. » Raillé – à tort – par les fans et mêmes certains observateurs, le natif de Dallas est essentiel. Sans lui, il n’y aurait pas de « Big Three » à Miami. Et pour cause, la légende raconte qu’il serait à l’origine de l’association avec ses deux potes, LeBron James et Dwyane Wade. Son agent, Henry Thomas, qui gère également les intérêts de Wade, a dévoilé les dessous de la signature des trois superstars à South Beach en 2010.

« Il était l’homme clé dans cette décision. Avant que Chris ne prenne la décision de venir à Miami, Dwyane hésitait encore. Il discutait avec les mêmes équipes que Chris. Le choix de Chris a eu un gros impact sur la décision de Dwyane de rester-là et je pense que ça a forcément eu un impact sur la venue de LeBron. »

Pointé du doigt pour ses statistiques en baisse – nous reviendrons sur ce point par la suite –, moqué pour ses pleurs dans le vestiaire après une défaite du Heat, Chris Bosh a connu ses moments de gloire depuis son arrivée sur Biscayne Boulevard. Ceux-ci ont souvent été oubliés ou effacés par les performances de LeBron, Wade ou Ray Allen. Quelqu’un se souvient-il que Miami était proche de passer à la trappe contre Boston en 2012 avant que Bosh revienne de sa blessure aux abdominaux ? Lors du Game 7 de la finale de Conférence face aux Celtics, le troisième homme a inscrit trois paniers décisifs derrière l’arc. Trois paniers qui ont propulsé le Heat vers une troisième finale NBA – la deuxième sous l’ère du « Big Three » – remportée facilement face au Thunder. En revanche, tout le monde se souvient de son rebond offensif lors du Game 6 face aux Spurs l’an passé. Un rebond offensif à l’image des sacrifices réalisés par Chris Bosh depuis son arrivée à Miami. Un rebond offensif qui a mené au tir de légende de Ray Allen et – de manière plus ou moins indirecte – au deuxième sacre des trois amis. Malgré ses exploits répétés, le joueur de 29 ans n’est toujours pas jugé à sa juste valeur. Certains fans se sont même indignés de sa présence au prochain All-Star Game à New Orleans.

Le sens du sacrifice

En Louisiane, Chris Bosh fêtera sa neuvième sélection à l’événement, la quatrième sous les couleurs du Miami Heat. Mais qui était-il avant son changement de décors ? Après tout, le quatrième choix de la mythique draft 2003 comptait déjà cinq étoiles à son palmarès à un palmarès individuel bien chargé. Bosh a quitté les Toronto Raptors en tant que meilleur marqueur, rebondeur, contreur de l’histoire de la franchise canadienne. Aucun joueur n’a rentré plus de lancers-francs ni même cumulé plus de doubles-doubles que lui dans l’Ontario. Mais celui qui était alors considéré comme l’un des meilleurs intérieurs de la ligue n’a disputé les playoffs qu’à deux reprises – pour deux éliminations au premier tour – en sept saisons à Toronto. Chris Bosh était une superstar aux Raptors. Cinq saisons de suite à plus de 22 points, trois apparitions dans le top 10 des meilleurs marqueurs de la ligue. Il était alors adulé et même élu dans le cinq majeur du All-Star Game à deux reprises… par les mêmes fans qui lui critiquent aujourd’hui. Numéro 4 sur le maillot, pilosité capillaire suspecte, Bosh à l’époque, c’était ça.

« J’ai toujours voulu être LE mec. Je voulais être Michael Jordan, c’est ça que je voulais être », déclarait le joueur à Sports Illustrated l’an passé lors des finales de Conférence face à Indiana.

Chris Bosh était le Michael Jordan de Toronto. Comprenons ici, La superstar, la première option offensive et le joueur qui a le ballon dans les moments chauds. Sur les vidéos ci-dessus, on peut compter plusieurs tirs « forcés » – ou tirs compliqués – tentés par l’intérieur. On verra rarement « CB » prendre ce genre de shoots à Miami. Son statut aux Raptors lui permettait. Seulement voilà, Michael Jordan a remporté six titres NBA. Aussi talentueux soit-il, le joueur formé à Georgia Tech n’aurait jamais pu mener seul une franchise au titre. Il a donc fait un premier sacrifice financier – peut-être pas le plus important – pour rejoindre le Miami Heat. Plusieurs équipes (les Bulls, les Raptors) étaient prêtes à offrir un contrat maximum à Bosh en 2010. Comme James et Wade, il a réduit ses prétentions salariales pour jouer sous le soleil de Floride. Mais ce n’était que le début des sacrifices.

Si les superstars s’associent de plus en plus, le basket reste un sport d’équipe qui se joue avec un seul ballon. Et Chris Bosh l’a très vite compris au dépend de sa gloire personnelle. Première option à Toronto, il est devenu le troisième homme à Miami. Celui qui prend moins de shoots que les autres, celui qui se coltine le sale boulot et celui sur qui on crache tout de même à la figure lorsque le Heat s’incline. Certains diront que Bosh s’est sacrifié car il était le « moins doué » des trois entre lui, LeBron et Wade. Nous estimons plutôt qu’il a su adapter son jeu.

« C’est pour cela que ça fait trois ans que l’on répète que c’est notre joueur le plus important », explique Erik Spoelstra. « Il a eu la maturité nécessaire pour accepter un rôle totalement différent alors qu’il était la première option par le passé. Il a accepté un rôle avec lequel il n’était pas à l’aise. On l’a mis dans des situations qui lui étaient inconnues jusqu’alors. En acceptant et en s’adaptant à tout ça, il nous a rendus bien plus polyvalent. »

Effectivement, Chris Bosh n’a absolument pas le même rôle à Miami. Et l’on ne pense pas seulement à l’attaque – il prend évidemment moins de tirs (14,4 en moyenne en sept saisons à Toronto contre 13 à Miami) – mais aussi à toutes ces tâches ingrates habituellement réservées aux hommes de l’ombre et aux joueurs de devoirs des deux côtés du parquet.

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Chris Bosh vient poser un premier écran sur Damian Lillard pour permettre à Mario Chalmers de couper au cercle. L'intérieur du Heat n'a toujours pas eu la gonfle sur cette possession mais son boulot est loin d'être terminée...

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L'action n'ayant rien donné, il se dirige rapidement vers Dwyane Wade pour poser un nouvel écran. Des gestes anodins, certes, mais des gestes indispensables au basket. Les superstars ne sont pas supposées poser les écrans. Elles ont la gonfle entre les mains. Bosh a donc dû s'adapter.

Pivot au sein du système « small ball » d’Erik Spoelstra, Chris Bosh doit désormais se coltiner les pivots lourds adverses chaque soir. Il doit défendre dur et batailler dans la raquette pour éviter que le Heat ne prenne l’eau. Il doit poser chaque écran retard pour être sûr de ne pas laisser filer trop de rebonds offensifs. Le joueur a appris à se soucier uniquement du succès de son équipe et rien d’autre.

« Il fait toujours attention à ses statistiques mais il regarde ce qui a vraiment un impact sur le jeu – l’efficacité et toutes ces statistiques qui jouent vraiment un rôle sur le résultat final », assure Shane Battier. « Le  nombre de rebonds pris par l’équipe adverse, les interceptions, les passes, les rebonds importants en fin de match… il faut une certaine force de caractère et une grande confiance en soi pour jouer ce rôle. Plein de gars refuseraient. La majorité des joueurs de moins de 30 ans refuseraient. Il est unique dans cette ligue. »

Chris Bosh a rejoint Miami alors qu’il était justement en pleine ascension. C’est habituellement le moment choisi par les jeunes stars pour toucher leur premier contrat maximum, augmenter leur popularité et placer quelques cartons en tout genre… sans pour autant décrocher un titre. Malin, visionnaire, il a choisi une autre voie, sûrement plus difficile.

« J’ai appris une chose en venant ici c’est que vous devez vraiment vous sacrifier pour jouer dans une équipe qui gagne », témoigne Chris Bosh. « Un exemple avec Roy Hibbert. Si j’avais le choix, je n’aimerais pas à avoir à lutter avec ce gars pendant tout un match. Entre lui et David West ? Je défendrais sûrement sur West mais pas sur Roy Hibbert. Mais je dois le faire, je dois faire mon boulot proprement pour que l’on gagne. »

« Chris a un ego. Vous ne devenez pas une star dans cette ligue sans avoir d’ego », ajoute Spoelstra. « Mais il sait gérer son ego et se sacrifier pour l’équipe. Il comprend que gagner est la seule chose qui compte. Il est prêt à tout pour gagner. C’est très rafraîchissant dans cette ligue. C’est un luxe d’avoir une star avec cette mentalité. »

D’un point de vue extérieur, d’un point de vue de fan ou même de journaliste, il peut nous paraître totalement normal qu’un joueur se sacrifie pour son équipe. C’est un sport collectif et le but est de gagner des titres, non ? Non. D’un point de vue de joueur, ou même d’un point de vue humain, il n’est pas si facile de faire ce genre de sacrifices. Encore moins pour un joueur qui a occupé le haut de l’affiche et qui aurait l’opportunité d’être considéré comme l’un des meilleurs à son poste s’il jouait ailleurs. Ce genre de sacrifices n’est pas commun. Chris Bosh a eu l’intelligence de comprendre ça. Il est même conscient qu’il n’est plus catalogué comme une « superstar ».

« Les gens doivent prendre conscience d’une chose, mec. J’ai déjà eu des supers statistiques dans cette ligue. J’ai déjà eu 23, 24 points et 11, 12 rebonds de moyenne (24 et 10,8 ses meilleurs totaux pour être précis). Mais il ne se passait rien. On dit de vous que vous êtes l’un des meilleurs joueurs de la ligue mais vous vous sentez toujours vide car vous n’affrontez pas les meilleurs lors du meilleur moment de la saison (les playoffs). »

Les statistiques de Chris Bosh ont chuté depuis son départ de Toronto. Sa popularité aussi. « Son intelligence joue contre lui », assure Shane Battier. Sans son sacrifice, le « Big Three n’aurait pas fonctionné. Et croyez-le, Bosh est même un meilleur joueur depuis son arrivée à Miami.

Le goût de la polyvalence

D’une manière ou d’une autre, LeBron James trouvera toujours le moyen d’apporter au Miami Heat une base très solide – genre entre 25 et 30 points, 5 et 10 rebonds et 5 et 10 passes – quel que soit l’adversaire en face. Le défenseur capable de stopper le « King » sur une série n’existe pas et les joueurs en mesure de le freiner sont peu nombreux dans la ligue. Si les hommes d’Erik Spoelstra sont si forts, c’est bien parce que le danger peut venir de n'importe où, à tout moment. Les joueurs présents autour de LeBron doivent donc élever leur niveau de jeu dans les situations chaudes. Ces performances ponctuelles sont la spécialité des Ray Allen, Shane Battier et autre Mike Miller. Mais Chris Bosh est lui aussi capable de jouer les héros. Il a même profité des pépins physiques de Dwyane Wade pour s’imposer comme la seconde option du Heat. Une montée en grade logique et méritée vu sa patience et ses sacrifices. Sans « Flash », Spoelstra a confié plus de minutions à son intérieur, ravi de pouvoir dégainer un peu plus qu’à l’accoutumée.

« La blessure de Dwyane m’a permis de prendre un certain rythme », assure Chris Bosh. « J’ai pris certains tirs que je n’aurais pas pris si Dwyane était sur le terrain et dans un bon rythme. »

Habituellement en retrait, Bosh s’est montré de plus en plus agressif. Et ça fonctionne ! Lorsque le All-Star prend plus de 20 tirs, Miami n’a jamais perdu – 9 matches, 9 victoires. La panoplie offensive du joueur est à l’image de celle de son équipe : redoutable et extrêmement diversifiée. Lorsque Chris Bosh est sur le terrain et qu’il joue de manière agressive, le rouleau compresseur floridien devient presque impossible à arrêter. C’est un cauchemar pour les pivots et plus généralement pour les coaches adverses. Illustrations.

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Chris Bosh est servi le plus souvent face au panier. Utilisé au poste de pivot, il se retrouve donc 90% face à des adversaires plus lourds dont plus lent, moins mobile et moins technique que lui. Il écarte son vis-à-vis du cercle, ce qui laisse l'espace à ses coéquipiers pour couper. Surtout, le All-Star profite de sa vitesse pour déborder son défenseur et conclue près du cercle. C'est ainsi que Kendrick Perkins s'est vite retrouvé en difficulté lors du dernier match entre le Thunder et le Heat.

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Si jamais son adversaire anticipe et recule, Chris Bosh peut le faire payer grâce à son adresse insolente à mi-distance. Parmi les intérieurs capables de s'écarter du cercle, seul Serge Ibaka est plus adroit que lui. Il tourne à 53% de réussite aux tirs cette saison et un 35% très correct pour son poste derrière l'arc. Il a même offert la victoire aux siens face aux Blazers sur un tir primé cette saison. Un shoot qu'il a lui-même réclamé à son coach comme n'importe quelle superstar l'aurait fait.

Aux Raptors, Bosh avait la balle en permanence. A Miami, c’est l’inverse. Il touche peu la gonfle mais il a appris à faire la différence dans un registre. Sa présence pèse sur la défense et oblige souvent les pivots à faire un choix, à savoir protéger le cercle ou coller l’intérieur du Heat lorsque celui-ci rôde autour de sa zone de confort, à 5-6 mètres du panier.

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Bosh traîne dans ce que Chris Andersen appelle la "Birdbox", cette zone proche de la ligne de fond. Sur chaque pénétration de Dwyane Wade, Roy Hibbert n'a d'autre choix que de fermer l'accès au cercle. Son coéquipier n'a plus qu'à conclure.

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Maintenant qu'il a développé un tir à trois-points de plus en plus fiable, le numéro un peut s'écarter du cercle et libérer ainsi de l'espace à LeBron James, monstrueux dos au panier. Sans un intérieur fuyant comme Bosh, le "King" aurait moins de possibilités d'aller chercher ses points au poste bas.

Au fil des saisons, Chris Bosh a de mieux en mieux compris son rôle et son jeu s’est diversifié au point d’avoir une influence non négligeable sur le bon fonctionnement du Heat en attaque. Un petit point statistique qui reflète l’importance du joueur à Miami. Les chiffres suivants sont donnés sur 100 possessions. Lorsque Bosh est sur le terrain, les joueurs d’Erik Spoelstra marquent 113,8 points en moyenne et en encaissent 104,1 selon 82games.com. Lorsqu’il est sur le banc, les Floridiens ne scorent plus que 109,8 pts et en encaissent 110,6 soit un différentiel total de +10,5. Aucun joueur du Heat n’a un meilleur différentiel. Pas même LeBron James.

Chris Bosh, la clé du succès

« La série face à Indiana se jouera sur notre duel, je suis notre facteur X et Roy Hibbert est leur facteur X »

La déclaration de l’intérieur du Miami Heat date de la saison dernière, avant l’affrontement face aux Indiana Pacers. Tout le monde attend désormais la revanche entre les deux meilleures équipes de la Conférence Est, destinées à se rencontrer à nouveau lors des prochains playoffs. Comme on l’a vu plus haut, LeBron James aura besoin d’un « supporting cast » au sommet de son art pour espérer réaliser le triplé. Les performances de Chris Bosh en attaque seront scrutées de près. Grâce à son jeu face au panier, il peut forcer Roy Hibbert à sortir de sa zone de confort. Or le pivot de 2,18 m est la clé pour Indiana face au Heat. Miami n’a aucun intérieur capable de rivaliser avec le All-Star des Pacers sous le cercle. Le but est donc de l’en éloigner le plus possible.

Lors de la première rencontre entre les deux équipes en décembre dernier, Hibbert a cartonné la défense du Heat et les hommes de Frank Vogel sont repartis avec la victoire. Quelques jours plus tard, le pivot formé à Georgetown a dû passer une bonne partie du match sur le banc pour éviter de terminer la rencontre avec six fautes. Qui est sorti vainqueur du choc ? Miami, of course. Dwyane a fini meilleur marqueur du Heat, Bosh a inscrit 15 points. Mais son apport a été décisif. En se montrant agressif, en attaquant Hibbert sur chaque possession ou en punissant à mi-distance, l’intérieur polyvalent a poussé son adversaire direct à la faute. Le Heat a notamment fait la différence dans la deuxième moitié du troisième QT. En deux minutes, « CB1 » a provoqué deux nouvelles fautes du géant des Pacers, contraint d’aller s’asseoir sur le banc. Indiana menait alors d’une dizaine de points avant de s’incliner de trois-points (suite à fin de match litigieuse). De plus, Bosh a inscrit un trois-points crucial dans les derniers instants de la partie.

L’implication de Chris Bosh jouera également un rôle primordial lors de cette finale avant l’heure. Roy Hibbert est l’un des rares intérieurs de la ligue capable de vraiment prendre le dessus sur son adversaire direct dos au panier. Le pivot est long, très long, mais il a gagné en puissance et son arsenal au poste bas s’est élargi. Bosh devra limiter les dégâts. Souvent considéré comme « trop soft », il manque de puissance pour contenir un intérieur lourd près du cercle. Le contrecoup du « small ball ». Les adversaires directs du troisième membre du « Big Three » affichent un pourcentage de réussite supérieur à 50% près du panier. C’est largement inférieur aux moyennes des meilleurs défenseurs au poste bas de la ligue même si c’est toujours mieux que certains pivots comme DeMarcus Cousins ou DeAndre Jordan. Bosh devra s’appliquer et limiter l’impact de Roy Hibbert. A priori, il sera secondé par Chris Andersen et Greg Oden.

Il serait cependant erroné d’affirmer que Chris Bosh ne défend pas. Ses qualités ont même un impact significatif sur le système défensif du Miami Heat. Ceux qui ont déjà vu des matches des Floridiens ont pu être frappés par la défense très, très agressive du Heat sur les pick&roll. Le porteur de balle est harcelé en permanence et le premier rideau défensif est la partie principale de la forteresse montée par Erik Spoelstra et ses assistants. Illustration sur cet écran entre Lance Stephenson et David West.

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Grâce à ses longs bras et sa vitesse d’exécution, Chris Bosh vient prêter main forte à son meneur. Lance Stephenson peut difficilement faire la passe sous peine de voir le ballon dévié ou intercepté.

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Rapide, mobile, Chris Bosh revient rapidement sur son joueur une fois la première passe bloquée. Indiana a perdu des précieuses secondes de possession et Stephenson ne peut plus dribbler, le jeu se fige en attendant une nouvelle solution.

Ce genre d’action ne se traduit pas – ou très difficilement – dans les statistiques. Il en est de même pour les ballons déviés ou les écrans retard. Bosh n’est pas le meilleur défenseur de l’équipe mais il maintient l’équilibre du système d’Erik Spoelstra. Sa mobilité lui permet également de revenir rapidement en défense, et de se déplacer plus rapidement sur chaque rotation. Chris respecte les fondamentaux. Il passe devant son adversaires au poste. Il défend avec ses jambes et reste bien sur ses appuis lorsqu'un pivot essaye de le déborder. Ce papier publié par SB Nation après le deuxième titre du Miami Heat met en lumière les efforts défensifs de Chris Bosh. Des efforts que l'on aurait tendance à oublier. En se sacrifiant pur l'équipe, le joueur de 29 ans est devenu un basketteur bien plus complet que par le passé. Il a peut-être perdu son statut de superstar mais il est bien meilleur. Et le Heat aura besoin de lui à son meilleur niveau pour espérer réaliser le triplé.

A l’origine de la création... et du démantèlement du « Big Three » ?

Contrairement aux fans, les dirigeants des 29 autres franchises NBA sont bien conscients de la valeur de Chris Bosh. Et il y a de fortes chances que certains d’entre eux n’hésitent pas à faire une offre très alléchante au double-champion NBA – peut-être triple champion – cet été. Après s’être sacrifié pendant quatre ans, le joueur aura-t-il envie de changer d’air et de retrouver le rôle qui était le sien à Toronto ? Les rumeurs récentes d’un départ du natif de Dallas se sont multipliées depuis quelques semaines. Selon les observateurs, Bosh est le membre du « Big Three » qui semble le plus enclin à quitter Miami cet été. Les Los Angeles Lakers, les Dallas Mavericks ou encore les Phoenix Suns seraient sans aucun doute intéressés par « CB1 » si ce dernier prenait la décision d’aller voir ailleurs. Mais en quatre ans, Chris Bosh a appris qu’il ne suffisait pas forcément d’être une superstar pour gagner un titre. Surtout, il a compris qu’il n’était pas forcément nécessaire d’être la première option pour être le joueur le plus important de son équipe…

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