Anthony Davis, quels trades pour quelles équipes ?

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Anthony Davis sera probablement transféré dans les jours à venir. On fait le point sur ce que chaque équipe peut proposer aux Pelicans.

Cette fois, ça y est. Les New Orleans Pelicans ont bel et bien compris qu’un transfert d’Anthony Davis dans les prochains jours/semaines était inévitable. Alors les discussions se sont accélérées. Adrian Wojnarowski a notamment révélé hier soir que les Los Angeles Lakers et les Boston Celtics négociaient chacun de leur côté un deal pour l’intérieur All-Star. Après avoir un temps espéré le convaincre de rester en Louisiane, David Griffin, le nouveau patron des Pelicans, semble finalement déterminé à régler ce dossier le plus vite possible. Peut-être même avant la Draft.

Toutes les équipes NBA aimeraient bien avoir un Anthony Davis dans leur effectif. Mais lui ne veut pas jouer pour n’importe quelle organisation. Il a réduit la liste de ses destinations préférentielles à deux formations : les Lakers et les Knicks. Avec, pour menace plus si "fantôme" un départ en 2020 si jamais il n’était pas envoyé là où il le souhaite. Une manière d’essayer de faire pression sur les Pelicans. Ces derniers ont tout de même le dernier mot. Davis est encore sous contrat et ils l’échangeront contre la meilleure offre à leurs yeux, quelle que soit sa provenance. Nous avons mis en lumière ce que peuvent proposer quatre candidats qui cherchent à accueillir Anthony Davis. Avec les points forts et les points faibles de chaque dossier.

Qui va récupérer Anthony Davis ?

Los Angeles Lakers

L.A. a longtemps été la première et unique destination réclamée par Davis, du moins via ce que son agent Rich Paul laissait filtrer dans la presse. Le prestige des Lakers, la mégalopole de Los Angeles, une potentielle conquête du titre avec LeBron James, le soleil de Californie… chacun y trouvait son compte. Surtout les Angelenos, distancés sur tous les dossiers concernant les principaux agents libres de juillet. Et surtout le King, dont la première saison à l’Ouest a tourné à la catastrophe. Il n’est pas seulement venu pour le basket, mais combien de temps avant qu’il ne perde patience ? Il prend de l’âge et il a besoin de gagner. Pour ça, il a besoin d’une autre superstar, au début de son « prime » ou en plein dedans, à ses côtés.

C’est facile d’imaginer que Paul, qui est aussi l’ami et le représentant de James, a essayé de pousser A.D. vers un transfert aux Lakers. Mais le joueur a peut-être simplement aussi envie de jouer pour un (très) grand marché. Magic Johnson, l’ex-Président, a donc mis le paquet pour l’acquérir en février dernier. En vain. Il n’est plus là. Rob Pelinka, qui était déjà le GM à l’époque, a pris sa place avec les pleins pouvoirs. Sa première offre a déjà été plus ou moins balancée dans la presse.

L’offre : Lonzo Ball, Brandon Ingram et le quatrième pick de la draft 2019 qui serait échangé à une troisième équipe en échange d’un "très bon joueur" qui serait lui envoyé aux Pelicans. Kyle Kuzma peut éventuellement intégrer le package mais les Lakers sont pour l’instant réticents à l’idée de s’en séparer.

Le point fort de l’offre : Le nombre de jeunes joueurs inclus dans le transfert. Ball, Ingram et Kuzma – si les Lakers venaient à céder – ont respectivement 21, 22 et 23 ans. Ils sont encore tous dans la phase ascendante de leur carrière NBA. Et ils peuvent former un noyau dur intéressant avec Zion Williamson, futur premier choix de la Draft. Aucun des trois jeunes joueurs de Los Angeles n’est pressenti pour devenir une superstar. Ce rôle est de toute façon censé revenir au phénomène de Duke. Ça peut donner une armada terrifiante d’ici quatre ou cinq ans, au moment de l’expiration du contrat rookie de Williamson.

New York Knicks

Les plans des Knicks ont pris du plomb dans l’aile avec la rupture du tendon d’Achille de Kevin Durant. Il était la priorité absolue de la franchise. En réalité, il l’est peut-être toujours. Des insiders ont déjà fait savoir que les équipes intéressées par KD avant sa blessure le seraient toujours aujourd’hui. Malgré la saison blanche qui pointe à l’horizon pour le MVP des deux dernières Finales NBA. La perspective grandissante d’une signature de Kyrie Irving aux Brooklyn Nets ne fait pas non plus les affaires de la franchise de Manhattan. En effet, Irving et Durant auraient évoqué la possibilité de jouer ensemble.

New York tient vraiment à attirer une superstar cet été. Anthony Davis reste une solide option, surtout qu’il aurait fait comprendre qu’il était prêt à prolonger aux Knicks au-delà de 2020 malgré leurs déboires incessants.

L’offre : Dennis Smith Jr, Kevin Knox, Frank Ntilikina et le troisième choix de la draft 2019.

Le point fort de l’offre : Le choix le plus haut placé. Les Pelicans ont déjà le first pick. Le second est détenu par les Memphis Grizzlies. Ces derniers vont jeter leur dévolu sur Ja Morant et ils n’ont pas l’intention de se lancer dans la course pour Davis. Les Knicks ont donc l’atout le plus haut placé parmi les équipes intéressées. L’avantage, c’est qu’il semble y avoir une baisse de niveau entre les prospects classés 1-3 et ceux de 4 à 10. Le quatrième choix des Lakers vient juste après mais il offre moins de garanties que R.J. Barrett, amené à être pioché en trois.

Le prodige canadien était coéquipier de Zion à Duke. C’est l’un de ses meilleurs amis. L’idée de jouer ensemble les enchantera certainement. Est-ce suffisant pour convaincre les Pelicans ? Ce n’est pas sûr du tout. Ils voudront sans doute d’autres joueurs que Smith Jr, Knox et Ntilikina, des jeunes talents dont la cote est faible auprès des franchises NBA. Les dirigeants de New York peuvent essayer de les refourguer à une autre équipe en échange d’un joueur plus intéressant pour New Orleans. Mais le constat est le même : qui veut vraiment se sacrifier pour Smith Jr, Knox et/ou Ntilikina ?

Boston Celtics

Rich Paul en avait tellement marre de faire passer les infos dans la presse qu’il a carrément déclaré publiquement que son client ne voulait pas jouer aux Celtics. Il les a « menacés » en clamant haut et fort que si Boston récupérait Davis, ce ne serait que pour un an. Et bien ça ne suffit pas à refroidir Danny Ainge, le boss de la franchise du Massachusetts. Les dirigeants semblent convaincus qu’une année ici pourrait éventuellement pousser l’intérieur à rester. Sa présence peut aussi aider à conserver Kyrie Irving, libre cet été et de plus en plus proche des Nets.

Difficile de distinguer le vrai du faux pour le moment mais Ainge n’a pas froid aux yeux. En revanche, il semble évident que le principal atout des Celtics – Jayson Tatum – n’est plus vraiment sur le marché vu l’incertitude autour de Davis et Irving.

L’offre : Le choix des Memphis Grizzlies pour la draft 2020 (protégé 1-6 puis non protégé en 2021), le quatorzième choix de la draft 2019 et/ou le vingtième choix de la draft 2019 et/ou le vingt-deuxième choix de la draft 2019, Jaylen Brown, éventuellement Gordon Hayward si les Pelicans croient en lui d’une manière ou d’une autre.

Le point fort de l’offre : Le nombre de picks. Pas sûr que les Pelicans aient envie de prendre en charge le contrat de Gordon Hayward mais les Celtics peuvent essayer de l’envoyer ailleurs en incluant justement l’un des picks pour faire passer la pilule. Le choix des Grizzlies est l’un des plus convoités du marché. Il sera non protégé en 2021 alors que la franchise du Tennessee se dirige vers une reconstruction et donc probablement des saisons avec peu de victoires.

Portland Trail Blazers

L’équipe surprise. Les rumeurs menant Anthony Davis enflent de plus en plus. Il a suffi d’un petit commentaire (« Vous ne m’avez pas invité » posté par le joueur lors d’un live Instagram de Damian Lillard et Jusuf Nurkic) pour que les spéculations prennent même une autre ampleur. Mais il était pisté par Portland avant ça. Les Blazers sortent d’une très belle saison ponctuée par une finale de Conférence, la première depuis 2000. Mais ils ne veulent pas s’en contenter. Ils ont là une rare occasion de récupérer un deuxième top-10 player pour accompagner Lillard.

L’effectif aurait de suite une sacrée allure ! Avec un KD out pour un an et une Conférence Ouest assez ouverte, la franchise pourrait même se mettre à rêver de Finales NBA. Elle ne serait pas favorite, Golden State et peut-être Houston – qui pourrait bouleverser son roster cet été – seront encore au-dessus a priori. Mais Davis change la donne. Quand il est en bonne santé, ce qui reste assez hypothétique vu son historique de blessures, il est un « game changer ». En attaque et en défense. Le faire venir serait risqué. Jouer dans l’Oregon ne l’intéresse pas forcément. Mais les Blazers peuvent tenter un coup comme les Raptors l’ont fait avec Kawhi Leonard : le recruter, aller loin en playoffs et voir ce que ça donne.

L’offre : C.J. McCollum, Zach Collins, le vingt-cinquième choix de la draft 2019 et éventuellement un futur pick.

Le point fort de l’offre : Le meilleur joueur disponible. Pour l’instant, peu d’équipes ont proposé un basketteur plus fort que C.J. McCollum. C’est un All-Star non officiel. Il a en tout cas le niveau. Et, sans Damian Lillard, c’est potentiellement un joueur à plus de 25 points par match. Peut-être même un meilleur créateur qu’il n’y paraît. Il est connu pour son scoring mais il a déjà assuré la mène quand son coéquipier était blessé. Les Pelicans ont justement besoin d’un créateur balle en main pour Zion Williamson.

Tout dépend finalement de l’intérêt que les dirigeants de New Orleans porteront à Zach Collins. Il est jeune (21 ans) et dispose d’une belle marge de progression. C’est un intérieur moderne et énergique. Il est amené à prendre une place dans le cinq majeur des Blazers si Anthony Davis n’est pas recruté. Cette offre sera plus ou moins alléchante selon l’évaluation de Collins de la part des Pelicans.