Chris Bosh, c’était bien

Chris Bosh, c’était bien

Chris Bosh ne rejouera plus en NBA, sauf immense surprise. C'est le bon moment pour rappeler qu'il était sans doute l'un des joueurs les plus sous-cotés de la ligue.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Chris Bosh est un peu partout ces derniers jours. Podcasts, interviews retranscrites, bientôt des apparitions sur des plateaux télé. Pas vraiment retraité, pas vraiment actif, l'ancien intérieur du Miami Heat essaye de rester dans le paysage. De ne pas se faire oublier. Un mal récurrent pour des joueurs qui ont un temps compté parmi les meilleurs de leur sport, mais se retrouvent en bout de course.

Bosh semble avoir accepté l'idée qu'aucune équipe ne prendra le risque de l'engager en raison de ses problèmes de santé. A 34 ans, il avait pourtant encore plus que sa place dans la NBA actuelle. Dans une ligue avec autant de spacing et d'opportunités pour les grands capables de shooter, on peut même imaginer qu'une ou deux sélections supplémentaires pour le All-Star Game l'attendaient. C'est peut-être le bon moment pour se poser quelques questions à son sujet.

Est-il un Hall of Famer indiscutable ?

Oui. Beaucoup de membres du panthéon de Springfield n'ont pas son CV. Et beaucoup de ceux qui y entreront à l'avenir ne feront jamais aussi bien. Chris Bosh, c'est deux titres de champion avec Miami (quatre participations aux Finales), 11 sélections au All-Star Game, une place dans la All-NBA Second Team 2007, une médaille d'or olympique aussi.

Sur le plan statistique, c'est 19.2 points et 8.5 rebonds de moyenne à 49% d'adresse globale. Si sa carrière s'est arrêtée prématurément, il a fait partie des têtes les plus reconnaissables de la NBA pendant des années. A ce titre, ne pas le voir connaître la même destinée que LeBron James et Dwyane Wade serait un petit scandale.

Chris Bosh était-il vraiment "Chris Soft" ?

Non. C'est presque du délit de sale gueule. Ou de gueule trop rieuse. Comme Dwight Howard, Chris Bosh a souvent affiché une mine souriante et un comportement policé, presque précieux. Typiquement ce qui agaçait une communauté toujours fascinée par les standards de "toughness" agressive des années 90.

Ses moyennes pas folles au rebond et sa propension à souvent shooter à mi-distance l'ont fait passer pour un type qui n'aimait pas le contact et le fuyait comme la peste. Pau Gasol a eu cette réputation erronée aussi. Bosh était pourtant un bon défenseur, un très bon même à certains égards. Sa longueur et son intelligence de jeu ont rendu de fiers services, particulièrement à Miami.

Un épisode a particulièrement donné du grain à moudre à ceux qui critiquaient sa dureté. Son effondrement spectaculaire dans le couloir des vestiaires après la défaite du Heat lors des Finales 2011. En pleurs au sol, inconsolable et relevé par ses camarades. Un peu plus tôt dans la saison, il avait aussi évoqué "des larmes" dans le vestiaire floridien.

Chris Bosh n'aurait jamais fait une aussi belle carrière sans un minimum d'intensité physique et d'agressivité dans le bon sens du terme. Le Texan de naissance n'était pas Kevin Garnett, c'est certain, mais il avait une autre forme de feu en lui. Plus contenue, pas forcément moins efficace.

Sa part de responsabilité dans le back to back du Heat ?

Immense. Et au-delà même de sa simple acceptation d'un rôle nouveau, dans l'ombre relative des deux méga-stars avec qui il faisait équipe. Rappelez-vous le game 6 des Finales NBA 2013. Tout le monde ne retient que son rebond dans le money time pour servir Ray Allen, auteur d'un shoot culte et salvateur pour prolonger le match. Sauf que Bosh a aussi égalisé durant l'overtime, puis contré Tony Parker et Danny Green dans les derniers instants de la rencontre.

Sur ces deux bagues glanées par les Tres Amigos, l'histoire retiendra majoritairement les deux titres de MVP de LeBron James. A juste titre. Mais la capacité de Bosh à sacrifier son rayonnement habituel pour faire gagner son équipe a été admirable. Si le Heat a pu disputer quatre Finales de suite, c'est aussi parce qu'il n'a pratiquement eu aucun "drama" durant cette période. Et Bosh y est pour quelque chose. Dans le vestiaire, il a souvent endossé le costume de cadre rassurant et bienveillant.

 

Qu'aurait été sa carrière s'il n'avait pas rejoint Miami ? 

Elle aurait été très honnête. Sans doute plus glorieuse sur le strict plan individuelle, mais moins riche sur le plan collectif. Il ne faut pas oublier qu'avant de faire partie des "Heatles", Bosh était un franchise player et un quintuple All-Star. Pas simplement un bon petit joueur. Au moment de signer à Miami, il sortait d'une saison à 24 points et 11 rebonds à 52%. A Toronto, où il a porté les Raptors pendant 7 ans, ou ailleurs, il aurait trouvé le moyen de rester prolifique. Surtout avec l'évolution du jeu initiée par les Warriors à coups de tartes à trois points dans la face.

A vrai dire, il aurait été parfait à Houston aujourd'hui. Une destination qu'il a bien failli rejoindre en 2014, après avoir signé un accord avec les Rockets, immédiatement matchés par le Heat.

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