Sans un détail contractuel vieux de 25 ans, Erik Spoelstra n’aurait jamais percé à Miami

Sans un détail contractuel vieux de 25 ans, Erik Spoelstra n’aurait jamais percé à Miami

En 1995, Erik Spoelstra aurait dû se retrouver au chômage. Une clause dans le contrat de Pat Riley l'a sauvé et le reste n'est qu'histoire.

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Article

Erik Spoelstra est en train de retrouver tout le respect qui lui est dû ces dernières semaines. Le coach du Miami Heat a réussi à faire performer son équipe au-delà de toute espérance en playoffs dans la bulle de Disney World. On savait qu'il fallait se méfier des Floridiens. Pas que "Spo" et ses joueurs atterriraient en finale de Conférence en gagnant 8 de leurs 9 matches, en éjectant sans trembler les Milwaukee Bucks, favoris à l'Est. Le contexte est particulier, certes, mais ça ne doit rien enlever à cet accomplissement et encore moins au mérite d'Erik Spoelstra.

Le head coach de Miami a su insuffler ce qu'il fallait à cette équipe pour qu'elle aussi loin (et ce n'est peut-être pas fini) et personne ne peut lui dire aujourd'hui qu'il n'est que le pantin de Pat Riley ou un figurant obligé de se plier au bon vouloir de LeBron James. Il est désormais fort logiquement considéré comme l'un des meilleurs techniciens de la ligue.

Quand on y repense, il ne s'en est pas fallu de grand chose pour qu'Erik Spoelstra n'en soit pas là aujourd'hui. Peut-être aurait-il fini par devenir coach, mais pas forcément au plus haut niveau et avec un tel succès. C'est un détail contractuel qui a servi de point de départ à l'aventure et l'histoire d'amour qui existe entre l'ancien meneur de jeu et le Miami Heat.

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Nous sommes en 1995 et Erik Spoelstra a 25 ans. Il vient de passer deux ans en Allemagne, à Hurten, dans un rôle de joueur-assistant à sa sortie de la fac de Portland. En Rhénanie du Nord-Westphalie, "Spo" avait également goûté au coaching en s'occupant des jeunes de son club. Cette année-là, donc, le Miami Heat lui propose d'intégrer le staff en tant que coordinateur vidéo, comme cela se fait souvent avec les jeunes aspirants assistants. La période n'est pas idéale au sein de la franchise floridienne. Le coach Kevin Loughery, en poste depuis quatre ans, est remercié en cours de saison et remplacé par son adjoint, un certain Alvin Gentry. Quelques mois plus tard, Miami frappe un grand coup en donnant les pleins pouvoirs à Pat Riley, l'homme fort des New York Knicks, contre un 1er tour de Draft et 1 million de dollars en cash.

Puisqu'on lui a promis d'être omnipotent avec la double casquette de président des opérations basket et head coach, Riley veut composer son staff avec des gens qu'il connaît. Sauf que dans le contrat qu'il a signé, il n'est pas stipulé qu'il est en droit de ramener le coordinateur vidéo avec lequel il travaillait à New York. Il n'insiste pas - on imagine qu'il aurait pu s'il l'avait voulu - et conserve Erik Spoelstra.

Le père de ce dernier a un jour expliqué que sans ce petit coup de chance, son fils se serait retrouvé au chômage et n'aurait peut-être pas pu durer dans la ligue. Mais Pat Riley a l'oeil.

En quelques années, Spoelstra grimpe les échelons, en devenant assistant coach en charge du scouting, puis directeur du scouting en 2001. Dwyane Wade l'a reconnu plus tard, son travail individuel avec "Spo" au retour des Jeux Olympiques 2004 l'a transformé et lui a permis de devenir le joueur que l'on connaît. Les deux hommes vivront ensuite ensemble de belles batailles, du titre de 2006 à la formation des Tres Amigos avec deux titres et quatre Finales NBA. De padawan de Pat Riley, Erik Spoelstra est devenu un coach avec sa propre identité. Aujourd'hui, à seulement 49 ans, il est le deuxième technicien en poste depuis le plus longtemps en NBA derrière Gregg Popovich et à égalité avec Rick Carlisle, embauché par les Mavs un mois plus tard en 2008.

Il a encore un peu de boulot pour rattraper les 1210 victoires en carrière de son mentor Pat Riley, mais rien ne dit que l'élève ne dépassera pas le maître dans quelques années... Au nombre de titres, le boss incontesté du Miami Heat a là aussi un peu d'avance grâce à ses cinq bagues.

 

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