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Avec Hayward, les Celtics ont fait une intersaison parfaite

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

La signature de l’ailier All-Star donne raison à Danny Ainge, dont la stratégie axée sur la patience pourrait finir par payer pour Boston.

Cela fait des mois que les fans râlent sur la toile, se plaignant de la soi-disant frilosité de Danny Ainge. Le Président des Boston Celtics dispose d’un trésor de guerre impressionnant, collecté de conquêtes en conquêtes, de transferts en transferts. Une réserve de picks et d’assets supposée battre n’importe quelle enchère et censée attirer une superstar dans le Massachusetts. Mais jusqu’ici, aucun mouvement. Le dirigeant n’a pas bronché lors de la draft et les Minnesota Timberwolves ont acquis Jimmy Butler pour une bouchée de pain. Quelques jours plus tard, Paul George filait entre ses doigts. L’ailier All-Star était expédié à Oklahoma City en l’échange de deux paquets de chips. Ainge n’avait-il pas une meilleure offre à formuler aux Indiana Pacers ? Le timing était mauvais. Il était convaincu de pouvoir recruter Gordon Hayward.

Et pour ça, les Celtics avaient besoin de conserver de l’espace sous le Cap. Déjà là, maintenant que le joueur a choisi Boston, la franchise doit sacrifier Kelly Olynyk et éventuellement Marcus Smart pour accueillir Hayward. En recrutant PG avant la star du Jazz, Ainge se serait mis dans une position encore plus délicate.

Pour quel résultat ? Nous sommes entièrement d’accord pour admettre que nous ne savons pas grand-chose des coulisses de la NBA. Mais ce qui semble évident, en revanche, c’est la très ferme intention de Paul George de jouer pour les Los Angeles Lakers en 2018. Il l’aurait dit, il l’aurait répété et il aurait même déjà commencé à parler à d’autres All-Stars d’une éventuelle association en Californie. Le tout alors qu’il vient d’être transféré au Thunder !

Le trésor de guerre des Celtics est connu et il suscite des convoitises !

Sacrifier des assets pour une location d’un an, aussi prestigieuse soit-elle, semble beaucoup trop risquée. Quant à Jimmy Butler, son profil ne colle pas avec l’effectif et avec la culture de l’organisation.

Car pour faire venir un joueur majeur via un transfert, il apparaît de plus en plus crédible d’affirmer que les autres franchises de la ligue demandaient beaucoup, beaucoup trop, aux Celtics. Le trésor de guerre est connu et il suscite des convoitises.

 

Associer George et Hayward à Isaiah Thomas pour une seule saison, tout en sacrifiant des jeunes joueurs et des picks, pour un unique run face aux Cleveland Cavaliers d’un LeBron James encore dans la force de l’âge est suicidaire. Courageux éventuellement. Prestigieux peut-être. Mais quasiment voué à l’échec. Alors, oui, c’est dur de prendre du recul à notre époque. La culture de l’instant est extrêmement forte, portée par internet et les réseaux sociaux. Vous lirez sans doute partout que, même avec Gordon Hayward, les Celtics ne sont pas en mesure de battre les Cavs la saison prochain. C’est sans doute vrai. Certainement vrai. Mais en menant sa stratégie, Danny Ainge n’a pas seulement pensé à maintenant. Il s’est forgé une équipe capable de rivaliser en 2018. En 2020. En 2022. En 2025. Et ça, c’est un luxe en NBA.

Les Cleveland Cavaliers ne sont plus sur la pente ascendante

Parlons un peu des Cavaliers. Ils sont présentés, à juste titre, comme l’ogre absolu de la Conférence Est. Mais pour encore combien de temps ? Déjà, ils doivent leur succès quasiment exclusivement grâce à la présence de LeBron James. Le King est toujours au sommet. Il va fêter ses 33 ans, certes, mais il demeure la force la plus dominante de cette ligue. Il n’empêche que le natif d’Akron était déjà moins tranchant cette saison par rapport à la précédente. Personne ne parle de déclin. Ce n’est pas le cas. Disons juste que la fatigue finit par – parfois – faire son effet sur le triple champion NBA.

Si James a la force pour enchaîner les finales, ce n’est certainement pas le cas de tous ses camarades

En revanche, à l’exception de Kyrie Irving et Kevin Love, tous les autres joueurs de Cleveland stagnent ou sont sur la phase descendante. Kyle Korver a été prolongé pour trois saisons alors qu’il va fêter ses 37 balais ! Il est cuit. José Calderon est le nouveau back-up de Kyrie alors qu’il va souffler ses 36 bougies en septembre. Il est cramé. Il est possible que les Cavaliers soient légèrement moins forts en 2018 qu’ils ne l’étaient en 2017. Et si James a la force pour enchaîner les finales, ce n’est certainement pas le cas de tous ses camarades.

Cette baisse – légère, précisons-le une fois de plus – anticipée n’aura peut-être pas lieu. Mais elle n’est pas complètement irréaliste. Elle ne suffira peut-être pas non plus à faire de Boston le premier prétendant à l’Est. En revanche, après avoir perdu 4-1 en finales de Conférence en mai dernier, il ne serait pas étonnant que les Celtics livrent une bataille bien plus intéressante en cas de nouvelle confrontation dans un an. Six ou sept manches à prévoir. De quoi booster la confiance d’un groupe qui est amené à passer plusieurs années ensemble.

Avec Gordon Hayward, Boston se place à l'Est pendant quatre ans

Car Gordon Hayward, c’est aussi le choix du moyen terme. Et conserver les jeunes joueurs et les picks, c’est jouer sur l’avenir tout en étant compétitif au présent. Pensons d’abord au futur proche. Cela peut sembler comme un séisme aujourd’hui mais un départ de LeBron James n’est pas complètement à exclure en 2018. Dan Gilbert, le propriétaire des Cavaliers pro-Trump, a décidé de reprendre sa franchise en main. Il a viré David Griffin au grand regret du King. Il a ensuite essayé de mettre Chauncey Billups, l’un de ses proches, au pouvoir. Le businessman prend les décisions sportives sans consulter un James absolument pas investi dans le recrutement estival. De plus en plus politisé, le meilleur joueur du monde serait peut-être mieux dans un état démocrate… comme la Californie ? Cela peut vous sembler absurde, mais gardez tout de même ce raisonnement dans un coin de vos têtes l’été prochain.

Un départ de LeBron James n’est pas complètement à exclure en 2018

En cas de départ, hypothétique donc, de LeBron, les Celtics se positionneraient en favoris ultimes à l’Est dans un an. Leurs concurrents ne se sont pas sensiblement renforcés. Boston a fini en tête de la Conférence l’an passé. L’équipe ajoute désormais Gordon Hayward. Un All-Star à plus de 22 points par match. Le joueur est en progression constante depuis son arrivée dans la ligue et il atteint doucement son apogée. Le Hayward de demain sera un peu plus fort que celui d’hier. Les quatre prochaines années, soit l’étendue de son contrat, seront probablement les plus brillantes de sa carrière sur le plan individuel.

Il n’y a donc pas vraiment de « superstar » dans ce groupe (Isaiah Thomas ne valide pas cette hypothèse) mais un paquet de joueurs talentueux. Un peu comme les Pistons de 2004 en plus doués et nettement moins hargneux. La Conférence est tellement ouverte que jouer les finales dans les quatre premières années d’Hayward à Boston est une réelle possibilité.

Jayson Tatum et Jaylen Brown pour continuer le combat

Répétons-le : miser sur George offrait une fenêtre d’un an seulement. Avec un effectif plus fort, OK, mais des opportunités réduites. Va savoir ce qui peut arriver à Cleveland en cinq ans. Les probabilités de rejoindre les finales sont bien plus grandes avec cette stratégie.

Mieux encore, Danny Ainge peut même viser au-delà. Dans cinq ans, LeBron James fêtera ses 37 balais. Gordon Hayward en aura 32. Il sera doucement sur le déclin mais déjà bien plus frais que le King, en imaginant même qu’il reste dans l’Ohio. Surtout, Jayson Tatum et Jaylen Brown auront respectivement 24 et 25 ans. L’avenir leur appartient.

Brown est une réplique de Jimmy Butler, le mauvais leadership en moins. C’est une crème et un jeune homme extrêmement intelligent. Tatum est lui comparé à Paul George, l’éducation de Duke en prime. Dans cinq ans, Boston peut tenir son duo Butler-George. Sauf qu’en plus de ça, la franchise dispose encore de nombreux picks susceptibles d’être convertis en d’autres joueurs prometteurs.

Les Philadelphie Sixers seront certainement des candidats crédibles à l'Est d'ici cinq à six ans. Ils jouent sur la même échéancier que les Celtics de Tatum et Brown. Sauf que les doutes autour des états de santé de Ben Simmons et Joel Embiid noircissent légèrement le tableau.

Élargir au maximum la fenêtre de tirs augmente les chances de titre

Avec l’afflux de très bonnes équipes à l’Ouest, il est fort probable que les Los Angeles Lakers manquent encore les playoffs. Même en progressant, l’organisation californienne peut très bien se retrouver avec le cinquième plus mauvais bilan de la NBA en 2018. Et où irait le cinquième choix ? A Boston. Les Brooklyn Nets ont aussi l’opportunité de progresser mais les playoffs semblent encore inaccessibles maintenant qu’ils ont transféré Brook Lopez. Dans un scénario idéal et pas nécessairement irréaliste, les Celtics disposeront du cinquième et du huitième ou neuvième choix lors de la prochaine draft. Deux jeunes rookies prometteurs de plus ou… deux assets pour encore tenter leur chance avec une star.

Boston est en position pour continuellement poursuivre le combat. Et comme indiqué plus haut, élargir au maximum la fenêtre de tirs augmente les chances d’un alignement des astres lors des dix ans à venir.

La flexibilité conservée par Ainge avec ses décisions paraît bien plus avantageuse que la simple progression que pouvait représenter l’arrivée d’un Paul George. Son intersaison est critiquée, faute d’impatience, mais elle est finalement parfaite avec cette signature de Gordon Hayward.