Les Lakers doivent sacrifier Kyle Kuzma pour Anthony Davis

Selon les dernières rumeurs, les Pelicans réclameraient Kyle Kuzma aux Lakers pour tout transfert d'Anthony Davis. Les Californiens ne doivent pas hésiter.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié

Les Los Angeles Lakers ont donc entamé les négociations avec les New Orleans Pelicans pour un transfert d’Anthony Davis, comme le rapport ESPN. Adrian Wojnarowski ajoute que, pour l’instant, les Angelenos « veulent essayer de conserver » Kyle Kuzma. Et donc de l’écarter des discussions malgré le fait que son profil intéresserait les Pelicans. Dit comme ça, cet échange qui peut bouleverser le paysage NBA aurait donc comme point central – de négociation – le vingt-septième choix de la draft 2017.

Les Californiens ont des raisons de ne pas vouloir l’échanger. Toujours selon Woj’, ils proposeraient déjà Lonzo Ball et Brandon Ingram, deux autres jeunes joueurs prometteurs de l’effectif. Il y a une forme de jurisprudence Carmelo Anthony. En 2011, les New York Knicks ont éclaté leur roster en se séparant de tous leurs talents en développement – Danilo Gallinari, Wilson Chandler, Raymond Felton – de l’époque pour récupérer Melo en provenance des Denver Nuggets.

La franchise du Colorado a gagné 53 matches et a fait les playoffs dans la foulée. Aujourd’hui, ce transfert est perçu comme un échec parce que les Knicks n’ont jamais fait mieux qu’un second tour avec Anthony. Le deal a laissé tellement de traces que des dirigeants new-yorkais le prendraient même pour exemple afin de convaincre la direction de ne pas trop se sacrifier pour attirer A.D. dans la grosse pomme. Peut-être que les Lakers ont les mêmes réticences. Ils n’ont pas envie de tirer un trait sur tous leurs jeunes.

Pour conclure avec ce transfert de Melo, notons tout de même qu’il est mal évalué. New York n’a jamais fait mieux que le second tour, OK. Mais Denver n’a même pas passé un tour sans Anthony alors que les Nuggets avaient disputé les finales de Conférence en 2009. Ils ont été sortis quatre fois de suite au premier round avant de connaître une longue période de disette jusqu’à ce que Nikola Jokic et ses partenaires retrouvent les playoffs cette saison. Les Knicks ont mal géré. Mais ils ont tout de même été meilleurs.

Un All-Star vaut généralement toujours mieux que trois ou quatre joueurs de complément. Sauf que les Angelenos ont peut-être une vision différente de Kyle Kuzma. Il est le meilleur des trois jeunes stars de l’effectif à l’heure actuelle. 18,7 points à 45%, 5,5 rebonds de moyenne la saison dernière. La deuxième option offensive derrière LeBron James. Il est aussi moins souvent blessé que ses deux compagnons.

C’est surtout le meilleur « fit » au côté du King. Et même de Davis. Kuz’ a une dimension Tobias Harris – un joueur qui peut lui servir de modèle s’il stabilise son adresse extérieure. Il n’a pas besoin du ballon pour marquer. Il peut jouer ailier-fort ou sur l’aile. Sa polyvalence est intéressante et il a le physique pour défendre sur plusieurs attaquants différents – s’il fait les efforts de ce côté du terrain, évidemment.

Ingram a injustement été présenté comme un shooteur à son arrivée en NBA. Parce qu’il était comparé à Kevin Durant – alors que le principal point commun repose juste sur le côté grand et maigre. B.I. n’est rien de tout ça. 32% de réussite à trois-points mais… en seulement deux tentatives de moyenne par match. C’est d’abord un slasheur. Il veut la balle. Il en a besoin pour s’exprimer. Pas sûr que ça colle avec James. Ni avec A.D. Zo est différent. C’est un meneur qui fluidifie le jeu sans forcément créer. Il peut être un complément idéal de James s’il se met enfin à planter de loin.

Kyle Kuzma est le plus prolifique des trois et il est finalement peut-être perçu comme le plus prometteur – il y a débat – ce qui n’était pas forcément évident à son arrivée en NBA. Ingram et Ball ont tous les deux été choisis en deuxième position lors des drafts 2016 et 2017.

Même si la démarche des Lakers est compréhensible, si le transfert repose uniquement sur la présence du jeune joueur de 23 ans dans le package, alors ils doivent foncer. Anthony Davis est un « game changer » des deux côtés du parquet. Ses blessures et sa requête pour un transfert ont un peu écorché son image de marque. Mais c’est toujours le cas avec le grand public. Il y a un an, Kawhi Leonard se faisait descendre parce qu’il envoyait bouler les San Antonio Spurs, une franchise ô combien respectée. Aujourd’hui, il est adulé.

Davis en est presque sous-estimé. Déjà, il se blesse moins que par le passé. Ensuite, il sait tout faire sur un terrain de basket. C’est peut-être la superstar qui « « fit » le mieux avec LeBron. Ça tombe bien, c’est peut-être aussi la seule qui veut jouer avec lui. L’intérieur All-Star peut jouer avec ou sans le ballon. Il est meurtrier en transition – généralement avec Bron ça cavale – très efficace de près et à mi-distance, fort en face-up et progresse à trois-points. C’est un voltigeur sur le pick-and-roll. Il peut protéger le cercle ou chasser des attaquants plus mobiles loin du panier.

26 points, 12 rebonds, 4 passes et 2 blocks l’an dernier. 28 et 11 l’année précédente. 28 et 12 celle d’avant. C’est un apport inestimable. Potentiellement l’un des cinq meilleurs joueurs de la ligue. Il n’y aucune raison de ne pas se sacrifier pour un gars comme ça. Et encore moins de ne pas lâcher un garçon comme Kyle Kuzma.

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