Ce n’est pas le jeu qui évolue, c’est LeBron James qui progresse

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Enfin ça, c’est le King qui le dit. LeBron James estime que ses performances à 33 ans sont d’abord le fruit de sa propre évolution et non celle du basket dans son ensemble.

Encore 28 points, 13 rebonds et 11 passes décisives pour LeBron James cette nuit. Ses Cleveland Cavaliers ont ainsi battu les modestes Phoenix Suns sous l’impulsion de son quatorzième tripe-double de la saison. Il n’en avait jamais compilé autant sur un exercice. Son précédent record (13) remonte… à l’an dernier. Il a donc posté 27 de ses 69 triple-doubles au cours des deux dernières campagnes. En février, il avait même bouclé son premier mois avec un triple-double (27 pts, 10,5 rbds, 10,5 pds) de moyenne. Un exploit jamais réalisé tout au long de sa brillante carrière.

A 33 ans et avec quinze longues saisons dans les pattes, le prodige d’Akron continue donc de battre des records ? Hum. L’évolution du jeu, plus rapide qu’il y a dix ans, a sans doute un rapport avec les performances historiques de James. Pas pour lui. Selon lui, ses prestations témoignent d’abord de ses capacités.

« Vous pouvez dire que je suis comme du bon vin, je deviens meilleur en prenant de l’âge », riposte le quadruple MVP avant de couper net quand le basket moderne et ses composantes sont mises sur le tapis. « Plus de possessions, mon cul. De quoi parle-t-on ? Je deviens meilleur avec le temps. C’est ce que je dis. »

Pourtant, le constat est là. Le jeu est plus rapide qu’en 2003, quand LeBron James a fait ses débuts en NBA. ESPN a étudié et le média a communiqué les chiffres. Une équipe jouait 92 possessions en moyenne en 2003. Contre 99 aujourd’hui. Qui dit surplus de possessions dit plus d’occasions de faire des statistiques. Le jeu va plus vite, il y a donc plus d’opportunités pour prendre des tirs, marquer, récupérer des rebonds ou délivrer des passes décisives. D’où l’explosion du nombre de triples-doubles compilés par les joueurs NBA saison après saison.

LeBron James, talent qui s'exporte au-delà des époques

En 2014, Lance Stephenson menait la ligue avec 5 triples-doubles. Quatre ans plus tard, ils sont quatre joueurs (Ben Simmons, Nikola Jokic, LeBron James et Russell Westbrook) à dépasser la barre des 7 à quelques semaines de la fin de la saison régulière. Russ en compte 21. Il a d’ailleurs atteint la barre des 100 triples-doubles en carrière cette nuit. Le meneur du Thunder est un monstre de polyvalence statistique mais son propre succès peut aussi s’expliquer avec l’évolution du jeu. 63 des 100 ont été compilés au cours des deux dernières saisons.

Les équipes NBA jouaient vite dans les années 60, 70 ou 80, décennies où les Oscar Robertson ou Wilt Chamberlain compilaient des stats rocambolesques. Ce sont plus les joueurs des 90’s et début du troisième millénaire qui ont été « pénalisés ». Imaginez donc un Jason Kidd (107 triple-doubles en carrière) drafté en 2017 et non en 1994. (Réponse : vous obtenez un Lonzo Ball).

Mais la déclaration de LeBron James est volontairement grossière et provocante. Il ne veut pas laisser de place au débat. Il écarte la discussion pour la recentrer vers lui-même et donc vers son impressionnante longévité. Car évolution du jeu ou pas, il est clair que ce qu’il réalise – être resté à ce niveau après tant d’années – est exceptionnelle et mérite clairement d’être mis en avant.