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Lonzo Ball ne doit pas oublier qui il est

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Maladroit mais rarement vraiment mauvais, Lonzo Ball est surtout trop passif depuis le début de la saison. Et vu le talent du bonhomme, c’est dommage.

Je sais que Lonzo Ball n’est pas le joueur le plus populaire de la NBA. Pourtant, c’est l’un de mes préférés. Parce qu’à force de regarder jouer les Los Angeles Lakers depuis l’an dernier – en se levant tôt, il y a possibilité de capter la majorité des matches disputés sur la côte Ouest – j’ai découvert un basketteur vraiment plaisant à regarder. Altruiste, spectaculaire, humble. J’aimerai qu’il donne tort à ses détracteurs. Mais ce n’est pas gagné. Parce que j’ai beau être un partisan, je suis forcé de constater que le jeune meneur peine à prendre son envol.

Son début de saison est particulièrement délicat, malgré quelques bons matches. Il a traversé des moments difficiles avec une nouvelle fois un manque d’adresse pointé du doigt. Il a par exemple cumulé un 1/11 à cheval sur le road trip floridien entre Orlando et Miami. C’est à ce moment-là que ses coéquipiers ont tenu à lui parler. Pas pour l’enfoncer. Mais pour le pousser à se faire violence.

« On lui dit toujours d’être plus agressif », confie Kyle Kuzma, son meilleur ami au sein de l’équipe. « Il est toujours trop passif. C’est bien d’avoir un meneur altruiste mais on veut qu’il score. »

Rajon Rondo, ancien All-Star qui sert de back-up du jeune homme à la mène, assure aussi un rôle de mentor en l’encourageant à être plus agressif, notamment vers le cercle. Le message est plutôt bien passé depuis. Lonzo Ball a inscrit 15 points contre Cleveland puis il a tenté sa chance à dix et neuf reprises contre Utah et Orlando. C’est mieux, mais ce n’est pas encore assez.

C’est vrai qu’il n’est pas toujours facile de jouer avec LeBron James. Le King tend à monopoliser la balle et les Lakers se portent justement mieux depuis que l’attaque repose essentiellement entre ses mains. Le quadruple MVP avait commencé doucement, dans un rôle moins central que d’habitude (mais tout de même important, ça reste LBJ). Ça ne marchait pas. Alors que les Angelenos gagnent nettement plus depuis qu’il a enclenché la seconde. Si Kuzma et Brandon Ingram arrivent à y trouver leur compte au côté de James, Ball a un peu plus de mal.

Il marque 8,3 points par match en 7,9 tentatives. Il est le titulaire qui prend le moins souvent sa chance. Même Lance Stephenson, qui joue quasiment dix minutes de moins, est à 7,3 tirs par rencontre. Ball est seulement huitième à l’Usage Rate, un indicateur statistique qui montre quel joueur dispose du plus grand nombre de possessions. Il a moins le ballon entre les mains et moins d’occasion de marquer ni même de faire briller ses coéquipiers. En effet, sa moyenne à la passe est aussi en baisse (4,6 contre 7,2 l’an dernier).

Pourtant, Lonzo Ball n’est pas un mauvais « fit » avec LeBron sur le papier. Au contraire. C’est un meneur idéal pour compléter la superstar. Il défend dur, il est altruiste, il n’a pas nécessairement besoin de monopoliser trop la gonfle vu qu’il la lâche souvent assez vite et il est censé se développer un jour ou l’autre en un « spot-up » shooteur respectable. Alors, oui, il y a encore un problème d’adresse : 40% dans le champ et 35% derrière l’arc. Mais il y a tout de même des progrès.

Surtout qu’il avait de meilleurs pourcentages avant de baisser le pied, la faute à quelques prestations vraiment terribles. Lonzo Ball est et restera un meneur gestionnaire. Mais, paradoxalement, il doit penser à aller plus souvent chercher ses points. Quitte à finalement délivrer une passe décisive après avoir attaqué le panier. La solution à son manque de réussite serait de shooter plus. Oui, ça paraît peu cohérent. Mais il a besoin d’être moins attentiste. Des pénétrations plus franches à chaque prise de balle. Même si c’est juste pour ressortir la gonfle ensuite. Mettre de la pression sur la défense. Se mettre lui-même en rythme.

Sa blessure au genou et l’absence de préparation estivale le pénalise sans doute mais ça ne suffit pas comme excuse. Il ne doit pas avoir peur d’y aller. Parce qu’il est un excellent joueur. Comme le disait James, « Lonzo oublie parfois à quel point il est fort ». Et c’est peut-être son seul problème.