100 SAC
99 BOS
125 ORL
121 WAS
114 MEM
131 DEN
108 NOP
100 GSW
122 LAL
101 ATL

Lonzo et Smith, coupeurs de tête des meneurs stars

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Retour sur une soirée au cours de laquelle deux rookies ont mis à mal des joueurs référencés à leur poste.

Le taiseux Lonzo Ball n’a pas parlé. Les grands discours et les belles paroles, c'est son paternel, LaVar, qui les tient. Et dimanche dernier, le père Ball n’a pas cessé de l’ouvrir. Les Los Angeles Lakers venaient de perdre contre les New Orleans Pelicans et le businessman – car c’est bien du marketing – tenait à envoyer un message aux Washington Wizards, prochains adversaires des Californiens : son fils ne perd pas deux fois dans la même semaine.

En tant que basketteurs professionnels, les joueurs de D.C. auraient pu comprendre qu’il ne s’agissait là que d’une énième provocation d’un homme d’affaires dont toute la stratégie commerciale repose sur les déclarations loufoques dans la presse. Mais non. Les Wizards – bêtement ? – ont été piqués au vif et ont tenu à le faire savoir. Qu’ils aient envie de faire taire Ball est une chose. Mais eux aussi se sont mis à parler. « Torture ». « Aucune pitié ». Des mots forts. Marcin Gortat a promis l’enfer à Lonzo dans son duel direct avec John Wall, un All-Star et l’un des dix, douze, meilleurs joueurs de la ligue.

John Wall, la menace fantôme

Wall a d’abord fait mine de se placer au-dessus de la mêlée. Du bluff. Du pur bluff. Pour lui, un vrai défi, c’est de jouer Stephen Curry, a-t-il rétorqué. Et il a raison. La superstar des Wizards et le rookie des Lakers ne boxent clairement pas dans la même catégorie à ce moment précis de leurs carrières respectives. Mais ne vous y trompez pas. Ce duel, il lui tenait à cœur. Il avait même coché la date bien avant que Ball ne mette les pieds en NBA.

A vrai dire, il était même l’un des opposants de LaVar dès que la hype autour de la famille originaire de L.A. a pris de l’ampleur. Le parrain de Big Baller Brand envoyait les scuds : « mon fils est meilleur que Curry », « j’aurais détruit Jordan », etc. Les stars NBA n'en avaient, pour la plupart, rien à foutre, pardonnez l’expression. Aucune n’a vraiment répondu. Pas même Curry, pourtant double MVP directement provoqué. Le seul à s’être exprimé clairement sur le sujet ? John Wall. Qui n’avait pourtant pas été une seule fois mentionné par le padre excentrique. Il avertissait déjà Lonzo : à cause de son père, les meneurs vont lui rentrer dedans. Il parlait en fait surtout pour lui. Lui rentrer dedans, c’est ce qu’il attendait.

Après avoir feinté un désintérêt pour le match-up, Wall est monté en pression. Il a promis de faire la misère au rookie pour lui faire payer les paroles de son père. La victime supposée, encore une fois, n’a rien dit. Elle est restée silencieuse.

Parce que c’est sur le terrain que Lonzo Ball a décidé de s’exprimer. Alors, oui, nous entendons d’ici les cris révoltés des supporteurs de John Wall outrés que nous ayons considéré une seule seconde que le rookie des Lakers ait pu « couper la tête » (pour reprendre notre titre) du meneur de Washington. Lonz’ n’a pas dominé. Il n’a pas donné de leçon à son vis-à-vis (enfin si, à la limite, sur l’humilité mais passons). Loin de là. Ses statistiques brutes ne sautant pas aux yeux même si le garçon s’est encore rapproché du triple-double : 6 points, un vilain 2/11 au shoot, 8 rebonds et 10 passes. Surtout que de l’autre côté, Wall postait 18 pions et 9 caviars. Sauf que voilà, les Lakers ont gagné. Comme l’avait prédit LaVar Ball.

La victoire pour Lonzo Ball

En plus, Lonzo Ball a eu une influence sur le jeu qui s’étendait au-delà des statistiques. Il faut le regarder jouer pour comprendre. Il a une façon de distribuer – vite ! – la gonfle qui a des impacts positifs sur le collectif des Angelenos. Il fait circuler, circuler, circuler. Il est de plus en plus rare qu’un joueur de L.A. prenne le cuir et se décide à jouer une isolation. Parce que ce n’est pas le style de leur maestro. Il donne le ton, ils suivent le rythme. Et en fin de match, le chef d’orchestre a mis sur orbite plusieurs de ses coéquipiers avec des passes vraiment décisives. Dont celle qui a mené au panier extérieur de Kyle Kuzma en fin de prolongation.

Wall n’a pas eu le même impact. Il a marqué 18 points, certes, mais il a manqué 15 de ses 22 tirs. Pire encore, il s’est entêté à forcer le shoot sur la fin. Avec un horrible 1/11 dans pour conclure la partie. Ultime affront, il n’a réussi que 2 de ses 7 tentatives quand Lonzo Ball se présentait face à lui. Le gamin n’a pas eu peur. Et malgré sa réputation de mauvais défenseur, il a tenu le choc (Wall n’a pas défendu sur Ball en fin de rencontre, il était placé sur Kuzma, laissant à Bradley Beal le soin de stopper le meneur).

Si la star des Wizards n’avait pas autant parlé, personne n’aurait osé émettre l’idée qu’elle ait perdu son duel avec le rookie. Ball a terminé avec un différentiel de +13 en plus de la victoire. Wall était à -16. Choisissez votre camp, camarades.

Dennis Smith Jr, le candidat au ROY le plus discret

Dennis Smith Jr est beaucoup plus discret que son partenaire de la promotion 2017. Un peu comme Mike Conley, autre meneur de l’ombre, son adversaire du soir. Mais le rookie des Dallas Mavericks n’a absolument rien à envier à aucun autre débutant dans cette ligue. Et s’il est moins médiatisé que Lonzo, il parle pourtant beaucoup plus. Il est sûr de sa force et il n’hésite pas à le faire savoir à qui veut l’entendre. Pourtant, le choc entre les deux meneurs a fait nettement moins de bruit (Lakers-Wizards était diffusé sur le réseau national). Par contre, il était peut-être plus intéressant en termes de jeu.

Les deux hommes se sont livrés un sacré duel, finalement remporté par Smith Jr, auteur de 19 pts et 5 pds. Encore plus que les stats, c’est l’attitude de vainqueur du bonhomme qui a séduit. C’est dans son sillage que les Mavericks ont gagné leur premier match de la saison, infligeant au passage une première défaite aux Memphis Grizzlies.

« Dennis n’a peur de rien », faisait remarquer son coach Rick Carlisle. « Nous lui avons donné énormément de responsabilités ce soir. »

Beau joueur, Conley, saluait la performance de son jeune adversaire.

« J’adore son jeu. Il va vraiment devenir un joueur spécial. C’est amusant de jouer contre lui. »

Des personnalités différentes et des façons d’aborder les duels opposés mais le même constat : cette nuit, Lonzo Ball et Dennis Smith Jr, deux rookies, ont montré qu’ils étaient déjà les patrons de leur franchise. Mieux encore, ils ont prouvé qu’ils étaient capables de la faire gagner, même en affrontant certains des meilleurs meneurs NBA.