93 PHI
112 WAS
107 BKN
123 TOR
133 MIA
144 HOU
116 NYK
117 NOP
104 SAS
91 MEM
124 GSW
103 LAL

Les Raptors, espèce génétiquement modifiée

Antoine PimmelPar Antoine PimmelPublié

Martyrisés par LeBron James pendant des années, les Toronto Raptors sont en passe de se créer une identité avec un mental de plus en plus solide.

Il fut une époque pas si lointaine où les Toronto Raptors étaient une punchline en playoffs. Une franchise moquée car souvent humiliée par LeBron James. Avec deux stars, DeMar DeRozan et Kyle Lowry, pointées du doigt – injustement ou non – pour leur tendance à disparaître dans les grands moments. Un match comme celui d’hier soir, avec une très belle opportunité de prendre un avantage intéressé contre un adversaire diminué, les Canadiens auraient clairement pu le perdre il y a un an ou deux. Mais ils ont changé. Et ils l’ont gagné, 123-109. Ils se construisent une nouvelle identité autour de leur guide Kawhi Leonard.

  • A LIRE AUSSI : Kawhi Leonard a fait d'eux une équipe de « tueurs »

Nous l’avions déjà évoqué il y a quelques jours dans un papier dédié sur le sujet. « The Klaw » a transformé des dauphins en requins. Il montre l’exemple en jouant dur, même blessé, sans jamais se chercher d’excuse. Il défend fort. Ne rechigne pas devant l’effort. Ne râle pas. Ça donne le ton pour tous ses coéquipiers qui font de même. Sa présence entraîne une évolution génétique auprès des membres de l’organisation.

« C’est vrai. On travaille sur notre ADN et c’est la défense. Il y a des nuits où nous allons mettre tous nos tirs. Mais ça ne sera pas toujours le cas et, dans ces moments-là, nous devons nous assurer de défendre », explique Serge Ibaka, auteur de 6 blocks hier soir.

We are the Raptors, don't panic

Les Toronto Raptors ont effectivement l’une des meilleures défenses du championnat. Mais ça va au-delà de ça. C’est plus dans l’attitude qu’il y a un vrai changement. Ils n’ont pas dominé leur sujet cette nuit. Ils ont mis longtemps à « tuer » la rencontre par exemple. Les Warriors en ont profité pour surfer sur les exploits de Stephen Curry (47 pts) pour se maintenir dans la partie et continuer à y croire. Mais ils ne sont finalement jamais descendus sous la barre des 7 points d’écart en deuxième mi-temps. Parce que les Dinos n’ont pas paniqué.

« C’était notre plan. Rester cool. Rester calme. Ne pas les laisser affecter notre jeu », confie Kyle Lowry, héros de ce Game 3 avec 23 points et de nombreux tirs importants plantés tout au long de la rencontre.

Lowry et ses coéquipiers ont su tempérer chaque tentative de run des Warriors en stoppant l’hémorragie avec un ou deux tirs assassins. Parfois c’était le meneur. Parfois c’était Leonard, Danny Green (18 pts, 6 tirs primés) ou Fred VanVleet. Il y avait toujours une réponse.

« Ces moments sont tellement importants », avoue VanVleet. « On se crée une identité en tant qu’équipe. Et à chaque fois que l’on casse l’un de leurs runs, on devient un peu plus durs, un peu plus forts. » Un avis partagé par Pascal Siakam : « On voit que notre équipe gagne en résistance et en dureté. Aucun d’entre nous n’a été drafté haut. On a construit notre carrière de zéro. Voilà qui nous sommes. »

Les Raptors sont revanchards et enfin en confiance. Ils savent que Klay Thompson et peut-être même Kevin Durant vont revenir dans les prochains jours. Mais ils le disent eux-mêmes : ils n’ont « plus peur de personne. »