L'expo de leur saison : "Dismaland"

Lorsque Rob Hennigan est arrivé en 2012 et a commencé à créer un noyau de jeunes joueurs pour réussir l'après-Dwight Howard, l'espoir était de mise autour du Orlando Magic. On se disait que cinq ans plus tard, Orlando serait sans doute à nouveau une place forte de la Conférence Est. L'Amway Center était censé devenir un parc d'attraction pour les fans NBA en quête d'une équipe prometteuse à soutenir dès le début de sa formation. Victor Oladipo, Elfrid Payton, Mario Hezonja, Aaron Gordon... De quoi, sur le papier, proposer un spectacle divertissant, pour les grands et les petits.

Raté. Le projet est en jachère, le petit génie Hennigan s'est fait bouter hors de Floride après une série de bourdes (cf le coup du tableau blanc) et il est difficile de savoir dans quelle direction va le Magic.

Disneyland est devenu "Dismaland", le parc temporaire créé par Banksy en 2015 sous forme de dystopie du célèbre univers cher aux enfants. L'artiste anglais a imaginé ce que serait devenu ce petit monde enchanté si tout était parti en cacahuète au royaume de Mickey.

Le château de la Belle au Bois Dormant est en ruines, le carrosse de Cendrillon a été pris dans un crash, la Petite Sirène est difforme et les employés du parc font tous la gueule. Pendant un mois, le public a pu se rendre à Weston-super-mare dans le Somerset pour découvrir ce lieu  post-apocalyptique lugubre et déprimant.

A Orlando, les personnages principaux sont eux aussi dans un univers parallèle à celui qui leur était promis.

Aaron Gordon n'est pas le "Paul George 2.0" qu'espérait Vogel, Mario Hezonja, dont la cote n'était pas beaucoup moins élevée que celle de Luka Doncic lorsqu'il jouait au Barça n'a pas le niveau NBA pour le moment, Elfrid Payton n'a toujours pas de shoot décent, et Nikola Vucevic, que Doc Rivers décrivait comme le "meilleur intérieur inconnu du grand public en NBA" et Brad Stevens comme "un futur All-Star", stagne malheureusement. Victor Oladipo et Tobias Harris, deux fers de lance du projet, sont eux partis tester les attractions du Parc Astérix et du Futuroscope.

Le chantier est important pour le nouveau duo fort de la franchise, John Hammond-Jeff Weltman, tous les deux très estimés dans le milieu pour leurs actions respectives à Milwaukee et Toronto.

Le casting du Orlando Magic

Le cinq attendu du Orlando Magic : Elfrid Payton - Terrence Ross - Evan Fournier - Aaron Gordon - Nikola Vucevic.

Peu de nouveautés au final cette saison, si ce n'est l'arrivée de Jonathon Simmons, qui va devoir prouver qu'il est capable d'avoir une carrière en dehors du confort de San Antonio, ou celles des expérimentés Marreese Speights et DJ Augustin. Pas sûr que le cinq soit le même après la trade deadline...

Le scénario

Frank Vogel se rend compte en janvier, après 13 défaites de suite, que le small ball n'est peut-être pas une mauvaise idée. Sa raquette Isaac-Gordon fait des dégâts, ce qui conduit au départ de Nikola Vucevic, enfin tradé vers les contrées plus vertes et compétentes qu'il mérite juste avant la deadline, et à celui de Bismack Biyombo, lassé d'affronter des stretch-five tous les soirs et décidé à entamer une reconversion dans le MMA.

Le Magic finit tout de même comme prévu dans la loterie, avec comme seule distinction individuelle le dunk de l'année pour Jonathon Simmons lors des awards de fin de saison. Protégé jusque-là dans ses goûts musicaux par son pote Vucevic, Evan Fournier se voit lui interdire la diffusion de tout morceau de Booba dans le vestiaire. Il demande, fort logiquement, à être tradé dans une franchise où l'on respectera sa liberté d'opinion.

L’artiste à suivre : Jonathan Isaac

Isaac est l'un des lottery-picks les plus intrigants de cette cuvée, notamment sur le plan athlétique. Son envergure et sa polyvalence ont de quoi donner de l'espoir aux fans du Orlando Magic et on a envie de voir ce que peut en faire Frank Vogel. Avec ce qu'il a en magasin, Isaac semble capable de défendre trois ou quatre positions et de s'intégrer dans du small ball. On attend de voir si son temps de jeu sera à la hauteur des espérances, Orlando devant quand même composer avec deux intérieurs (Vucevic et Biyombo) qui vont cumuler 30 millions de dollars sur la saison...

La note League Pass

3,5/10. On ne s'attend pas à voir du basket champagne du côté de Disneyworld cette année. Cela dit, les amateurs de highlights pourront toujours se connecter sur les matches du Orlando Magic en espérant voir des dunks démentiels d'Aaron Gordon ou Jonathon Simmons.

Le saviez-vous

Nikola Vucevic s'est retrouvé au coeur du plus dramatique accident ferroviaire de l'histoire du Montenegro en 2006. Les freins du train dans lequel il se trouvait avec son équipe ont lâché et plusieurs wagons se sont crashés dans un tunnel, d'autres finissant dans un ravin. Celui de "Vooch" a miraculeusement évité le pire. Le bilan tragique : 47 morts, près de 200 blessés, trois jours de deuil national décrétés et un traumatisme difficile à faire disparaître pour le pivot du Magic.