
Sur la feuille de match, 20 points à 7/13 au tir pour Giannis Antetokounmpo dans la défaite de Miami à Golden State (100-120), ça ressemble à une soirée moyenne. Lorsqu'on rentre dans le détail, on peut comprendre pourquoi il a aussi peu tiré : il n’a tenté que 5 tirs dans la raquette.
Une différence par rapport aux autres matchs de la saison
Pour lui, c’est très peu. Sur ses 8 premiers matchs avec le Heat, il y tirait 16 fois pour 36 minutes jouées, et jamais moins de 10. Cette nuit, il est tombé à 5,8. D’habitude, les trois quarts de ses tirs sont pris dans la raquette ; cette fois, moins de 40 %. Le reste est parti à l’extérieur : 5 tirs à 3 points (2 par match en moyenne jusque-là) et 3 tirs à mi-distance, souvent en pull-up.
On pourrait penser à un match joué sur un faux rythme, avec peu de contre-attaques. Ce n’est pas le cas. En transition, Giannis est resté à peu près dans sa norme. Tout l’écart se situe en attaque placée : 2 tirs dans la raquette en 31 minutes, contre 10,5 par match en moyenne jusque-là. Son pire match précédent (Charlotte) était à 5.
La raquette fermée, uniquement pour Giannis
Le détail le plus parlant concerne ses coéquipiers. En attaque placée, ils ont tenté 24 tirs dans la raquette, plus que leur moyenne de la saison (19). Golden State n’a donc pas verrouillé la peinture pour tout le monde. L’accès a été coupé à Giannis, et à lui seul.
Un effet Green ?
En impression visuelle, Draymond Green y est-il pour quelque chose. Toutefois, les données ne permettent pas de le démontrer. Giannis n’a joué que 6 minutes sans Green sur le terrain, beaucoup trop peu pour une comparaison. Sur les 9 matchs des Warriors cette saison, les adversaires tirent autant dans la raquette avec Green que sans lui.
En revanche, ils y réussissent nettement moins bien (56 % contre 63 %). Son effet habituel porte donc sur la qualité des tirs adverses, pas sur leur nombre. Ce qu’on a vu cette nuit sort de ce profil, ce qui fait penser à un plan de jeu construit spécifiquement contre Giannis plutôt qu’à l’effet ordinaire de Green.
D'un point de vue visuel, on ressentait une hésitation de Giannis à attaquer la peinture quand Green était en face. Il faudra le confirmer sur le retour.
Il s’agit d’un seul match. Ces chiffres décrivent ce qui s’est passé cette nuit, ce n’est pas une recette contre Giannis. Mais si d’autres adversaires arrivent à le tenir hors de la raquette sans pour autant fermer la peinture à ses coéquipiers, Miami aura un vrai problème à traiter, de quoi enfoncer encore plus ce début de saison.
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Hugo Mayca – @fr_analytics