Le show Jefferson, l’activité d’Antetokounmpo : 5 observations après la belle victoire de Pau contre l’ASVEL

Le show Jefferson, l’activité d’Antetokounmpo : 5 observations après la belle victoire de Pau contre l’ASVEL

Le choc entre Pau-Lacq-Orthez et la LDLC ASVEL a tenu ses promesses. Un superbe match de basket sur lequel nous sommes revenus en détails.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Pau-Lacq-Orthez contre l’ASVEL. Un classique. Deux clubs historiques du basket français et une très belle affiche entre deux équipes classées dans le top-5 de la Betclic Elite. Respectivement cinquième et quatrième avant l’entre-deux. Un choc auquel nous avons assisté samedi soir, dans un Palais des Sports bruyant et presque rempli (atour des 6000 spectateurs) malgré les rencontres du FC Pau (football, Ligue 2) et de la Section Paloise (rugby) au même moment. C’est dans cette ambiance flamboyante que les Palois se sont imposés 88 à 85. Un très beau match de basket résumé en 5 points rapides.

Pau n’a évidemment pas oublié Elie Okobo

Ce duel au sommet de la 11ème journée de Betclic Elite avait forcément un parfum spécial pour Elie Okobo. L’international tricolore revenait pour la première fois au Palais des Sports de Pau, terre de ses premiers exploits, depuis son départ du club en 2018. Accueilli par une belle ovation lors de la présentation des joueurs, l’ancien chouchou du public s’est vu remettre son tout premier maillot chez les pros en guide de cadeau de bienvenue.

Mais la suite de la soirée fut bien plus compliquée. De la maladresse, surtout derrière l’arc, et des fautes (5) sont venus ternir son retour auprès de son club formateur. Il a tout de même terminé avec 16 points au compteur mais à 5 sur 11 aux tirs dont 1 sur 4 à trois-points. Le différentiel reste sans doute plus parlant : -15 en 25 minutes pour la star de la LDLC ASVEL.

Brandon Jefferson est BESTIAL !

Matthew Strazel, Marcos Knight, Elie Okobo ou encore Dylan Osetkowski après un switch… peu importe qui défendait sur Brandon Jefferson samedi soir, les possessions se sont presque toutes terminées de la même manière une fois la balle lâchée des mains du meneur américain : par un panier. Et le plus souvent derrière la ligne à trois-points. Le vétéran a pris un malin plaisir à malmener la défense adverse en envoyant des bombes lointaines à tout va.

« On l’a mis en confiance dès le début de match », regrettait Antoine Diot au micro de La République des Pyrénées. En effet, il a trouvé son rythme dès les premières minutes. 18 points inscrits avant la pause, quasiment sans rater (5 sur 6). Il s’est ensuite mis en retrait, laissant le relais à Giovan Oniangue, auteur de 20 points. Mais Jefferson a repris le contrôle de la partie une fois les Villeurbannais repassés devant (69-70) à la faveur d’un 14-3 en début de quatrième quart-temps. Pau a répondu avec trois paniers primés de suite, dont deux en suspension assez dingues et terriblement décisifs du scoreur de poche.

Brandon Jefferson en a même planté encore un autre quelques instants plus tard, avant se tourner vers le public tout en mimant « It’s over, he can’t guard me. » Difficile de lui donner tort. Impérial balle en main, difficile à aller chercher avec son centre de gravité très bas (1,73 m), il a alterné les tirs de loin et les passes lobées pour Hamady Ndiaye. En s’adaptant à la réaction de la défense sur les picks-and-roll.

Cette connexion entre le meneur et son pivot fait toute la différence. Quand son vis-à-vis passe sous l’écran, il arrose. 7 sur 10 à trois-points. Quand la défense décide de changer de défenseur, il accélère et profite de l’avantage de taille du Sénégalais pour le mettre sur orbite. Un vrai casse-tête pour TJ Parker et l’ASVEL. Et une prestation XXL pour Jefferson, auteur de 31 points et 9 passes avec 42 d’évaluation. Une masterclasse.

Hamady Ndiaye, patron près du cercle

213 centimètres et des bras tentaculaires qui se tiennent prêts à renvoyer dans les tribunes chaque tentative d’un adversaire insouciant qui oserait attaquer la raquette, ça aide à protéger le panier. Hamady Ndiaye n’a pas tout réussi sur cette rencontre, avec notamment un ou deux paniers faciles ratés près du cercle, mais son activité en défense a été primordiale. L’ancien joueur NBA – des brefs passages aux Wizards et aux Kings – a bloqué 7 tirs, dont 6 en première période. Un record personnel en Betclic Elite.

« J’avais du boulot à faire aujourd’hui contre des montagnes. Je m’attendais à faire tout possible pour que la raquette soit la mienne. Je ne recule jamais et ça fait du bien », confiait l’intéressé, tout sourire, en conférence de presse.

Des Villeurbannais trop nerveux

Sept mots. TJ Parker a économisé sa salive en conférence de presse après la défaite de ses ouailles. Sept mots, dont six livrés d’un seul coup : « Je n’ai pas envie de parler. » Comme ça, c’est clair. Une déclaration qui illustre l’agacement et la frustration du coach. En colère contre ses joueurs ou contre l’arbitrage. Allez savoir. Sans doute un constat général. La saison semble déjà longue pour l’ASVEL, engagée sur deux tableaux et forcée de jongler entre la Betclic Elite et l’Euroleague.

« Ils ont enchaîné trois matches de suite, ils reviennent de Victoria où ils ont perdu lourdement. On a peut-être pas eu l’ASVEL dans la meilleure configuration », avouait Eric Bartecheky, l’entraîneur de Pau, qui, de son côté, n’a pu utiliser que 7 joueurs. Mais les Villeurbannais avaient effectivement l’air fatigués. Et nerveux. Avec des sauts d’humeur qui coûtent cher au final. Une antisportive pour Matthew Strazel, une faute technique pour Parker et une autre pour le banc. Toutes en première mi-temps.

Autant de lancers et de points offerts « gratuitement » à leurs adversaires. Et sur une si courte défaite, ça pèse.

Kostas Antetokounmpo actif à son entrée

TJ Parker a attendu la deuxième mi-temps pour lancer Kostas Antetokounmpo. Et peut-être qu’il aurait dû y songer avant. Parce que le jeune frère de Giannis Antetokounmpo a montré une belle activité près du panier. Sa verticalité a fait mal à la défense paloise lors du bon passage de l’ASVEL en deuxième mi-temps. L’ancien joueur des Lakers a posé trois dunks, dont un poster assez spectaculaire. Il y avait sans doute là un élément de solution pour ralentir Hamady Ndiaye en première période.

Crédit photo : F. Blaise

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