Peut-on vraiment parler de steal pour un joueur choisi en troisième position ? Nous ne sommes pas en train de découvrir un prospect oublié au deuxième tour. Cam Boozer était le meilleur joueur universitaire, nous le voyions déjà comme un candidat très sérieux au titre de Rookie de l’année, et sa capacité à être immédiatement efficace faisait partie de ses arguments.
Mais il y a être prêt pour la NBA. Et il y a signer 18 points, 12 rebonds et 12 passes dès son cinquième match, pendant que son équipe enchaîne une cinquième victoire !
Dans l’histoire de la ligue, seuls trois joueurs ont obtenu leur premier triple-double plus rapidement : Oscar Robertson dès ses débuts, Art Williams et Ben Simmons lors de leur quatrième rencontre. Boozer devient également le deuxième plus jeune joueur à réussir cette performance, derrière Josh Giddey.
Le triple-double aussi tôt, c’est une petite surprise. La qualité du joueur, beaucoup moins. Et c’est peut-être précisément ce qui rend ce début de saison aussi rassurant.
Le plus jeune, mais déjà tellement mûr
Ce qui nous plaît chez Boozer, c’est d’abord ce qu’il comprend du jeu. Il est déjà intelligent, efficace, capable de marquer tout en devenant le principal passeur de son équipe sur une rencontre. Et nous parlons du plus jeune joueur de cette cuvée.
Contre Portland, dans un duel entre équipes invaincues, Memphis a encore montré de belles choses. Le contexte avait aussi sa petite histoire : en face, il y avait Ja Morant. Les joueurs censés incarner les Grizzlies après son départ ont répondu présent.
Surtout, Memphis n’a plus besoin que Ty Jerome réalise un carton pour gagner. Il avait porté offensivement les premiers matches avec des performances énormes. Cette fois, il était moins en vue, et le collectif a trouvé d’autres réponses.
Boozer en est une majeure. Voir le jeu s’articuler aussi naturellement autour d’un rookie, aussi vite, donne envie de regarder plus loin que sa prochaine ligne de statistiques.
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Et si nous avions sous-estimé son plafond ?
C’est là que le débat devient intéressant. Nous étions convaincus que Boozer serait un très bon joueur. La réserve concernait davantage son plafond, ce fameux « potentiel » que l’on associe parfois plus facilement à d’autres profils. Son début de saison mérite de rouvrir la discussion.
Peut-être qu’il ne deviendra pas une superstar par sa seule capacité à empiler les points. Mais les joueurs qui font gagner comptent aussi. Et nous avons déjà beaucoup de confiance dans sa capacité à être ce type de joueur, quel que soit l’endroit où il évolue.
Cela ne permet pas de décréter qu’il sera meilleur qu’AJ Dybantsa ou Darryn Peterson, sélectionnés avant lui. Le verdict sur un éventuel steal dépendra évidemment aussi de leurs trajectoires. Cinq matches ne vont pas régler cette question.
En revanche, récupérer un joueur pareil avec le troisième choix ressemble déjà à une belle chance pour Memphis. Il fallait tomber sur une cuvée permettant de trouver un prospect de cette qualité à cette place.
Un rookie qui colle à son équipe
Boozer évolue aussi dans un ensemble qui nous plaît. Zach Edey, Cedric Coward, l’impact d’Isaiah Stewart en sortie de banc : les Grizzlies ont plusieurs joueurs qui participent à cette identité physique et collective.
Les principes de Tuomas Iisalo se voient. Memphis utilise beaucoup le tag, s’offre des secondes chances au rebond offensif et concède peu de contre-attaques. Sur cette première semaine, l’équipe figure parmi les meilleures défenses de la ligue.
L’échantillon reste minuscule et les adversaires vont s’adapter. Mais les Grizzlies ont battu Portland sans qu’aucun joueur n’atteigne les trente minutes. C’est du luxe.
Alors, Boozer est-il le steal de la Draft ? Il est trop tôt pour trancher. Mais le voir déjà aussi complet, aussi mûr et aussi utile à une équipe qui gagne nous oblige au moins à revoir la question de son plafond. Le joueur immédiatement prêt était attendu. Jusqu’où il peut aller, voilà qui devient particulièrement intéressant.
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