Comment faire fonctionner le duo Wembanyama – Gobert en Equipe de France

Dans l'Equipe Weis et Ajinça ont détaillé les conditions nécessaires pour faire fonctionner l’association XXL entre Victor Wembanyama et Rudy Gobert.

Comment faire fonctionner le duo Wembanyama – Gobert en Equipe de France

Victor Wembanyama et Rudy Gobert devraient de nouveau partager le terrain avec l’équipe de France en ce mois d’août. Leur association offre un potentiel défensif assez vertigineux, mais pose toujours quelques questions offensives auxquelles Frédéric Weis et Alexis Ajinça, deux anciens pivots ayant brillé en EDF, ont tenté de répondre dans un article très intéressant publié par nos confrères de l'Equipe.

Lors des Jeux Olympiques de Paris, le duo avait offert aux Bleus une protection de cercle absolument hors norme. La simple présence de Wembanyama et Gobert suffisait à modifier les choix des attaquants adverses. Mais en attaque, leur cohabitation avait parfois réduit les espaces disponibles et éloigné le joueur de San Antonio des zones où il peut faire le plus de dégâts.

Frédéric Weis considère ainsi cette association comme une arme situationnelle plutôt que comme une configuration appelée à occuper de longues séquences.

« Avec Wembanyama et Gobert sur le terrain aux Jeux Olympiques, la dissuasion était là, incroyable en termes de protection de cercle, mais ça manquait de complémentarité. Ils avaient du mal à jouer ensemble. Victor a progressé dans la création de jeu, même si ça ne se voit pas forcément dans ses statistiques, il peut s’écarter, mais je le préfère plus près du cercle comme à San Antonio. (...) En l’associant à Rudy, est-ce qu’on ne perd pas un peu de ses points marqués au cercle ? Il y a ce risque de se retrouver à quatre joueurs, les deux Français et leurs défenseurs, dans un petit espace.

C’est une association à utiliser avec parcimonie, difficilement au-delà de quelques minutes d’affilée, car c’est compliqué à mettre en place offensivement. Mais si on veut empêcher un joueur adverse de briller, c’est un atout, peut-être même avec une défense de zone 3-2 où les extérieurs mettent beaucoup de pression, et derrière, on a la muraille de Chine », estime l’ancien pivot des Bleus.

« C’est aussi un défi pour Victor de se réadapter, il repasse en poste 4. »

Alexis Ajinça imagine une répartition assez claire des rôles. Rudy Gobert resterait le pivot chargé de poser les écrans, de plonger vers le cercle et de mobiliser la défense, tandis que Wembanyama évoluerait comme un intérieur créateur capable de recevoir au poste bas ou de s’écarter.

« Pendant les Jeux, le staff avait amené Wembanyama et Gobert à essayer de se trouver sur des passes intérieur-intérieur, c’est un registre intéressant à explorer, on peut dominer sur alley-oop. Pour que ça fonctionne, il faut laisser Rudy en poste 5. On peut donner des ballons au poste bas à Victor, mais il faudrait éloigner Rudy et le faire couper au bon moment. On a vu avec Oklahoma City en NBA qu’un jeu à deux intérieurs, Chet Holmgren et Isaiah Hartenstein, a fonctionné.

On peut avoir Rudy en pivot qui roule, fait les écrans, et de temps en temps à la passe pour Victor. C’est aussi un défi pour Victor de se réadapter, il repasse en poste 4, lui qui joue pivot toute l’année. Face à des équipes qui jouent avec des intérieurs petits, tu peux imposer ton jeu défensif comme offensif quand les deux sont ensemble. Mais ça peut être plus compliqué si l’équipe d’en face veut jouer très rapide. », explique Ajinça.

Le défi consistera donc à profiter de cette taille exceptionnelle sans transformer la raquette française en embouteillage permanent. Wembanyama peut évoluer loin du cercle, mais le cantonner à ce rôle reviendrait à neutraliser une partie de son arsenal. À l’inverse, Gobert reste beaucoup plus efficace lorsqu’il peut poser des écrans, rouler vers le panier et vivre autour du cercle.

Le duo pourrait surtout devenir dévastateur face aux adversaires les plus grands ou lorsqu’il faudra verrouiller une rencontre. Face aux formations rapides et adeptes du small ball, son utilisation devra probablement être plus mesurée. Avec Wembanyama, Gobert et désormais Raynaud, le staff français possède en tout cas plusieurs associations intérieures très différentes à explorer.

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