Steve Kerr sait de quoi il parle lorsqu’il évoque la défense. Il a partagé le vestiaire de Scottie Pippen et Dennis Rodman, deux monuments absolus dans ce domaine, deux joueurs qui ont façonné l’identité des Bulls et traumatisé des générations d’attaquants. Alors quand l’entraîneur des Golden State Warriors affirme que Draymond Green est « le meilleur défenseur que j’aie jamais vu », la phrase pèse forcément très lourd.
« C’est le meilleur défenseur que j’aie jamais vu. J’ai joué avec Scottie Pippen et Dennis Rodman. Le jeu moderne exige tellement plus qu’il ne demandait dans les années 90 », a résumé Steve Kerr devant les médias pour le meeting de fin de saison.
Kerr ne cherche pas simplement à flatter son intérieur. Il replace surtout Green dans une époque où défendre est devenu un exercice encore plus complexe qu’auparavant. Dans les années 90, il fallait être dur, physique, tenir son duel, protéger son cercle, encaisser les chocs. Aujourd’hui, il faut faire tout cela, mais aussi couvrir 8 mètres en une seconde, changer sur un meneur, anticiper les lectures adverses, communiquer sur chaque possession et survivre dans un espace immense, étiré par le tir à 3-points.
C’est précisément là que Draymond Green est unique. Il n’a jamais été le plus grand, ni le plus explosif, ni le plus spectaculaire au sens classique. Sa force, c’est son intelligence de jeu. Sa capacité à lire une attaque avant qu’elle ne se développe, à replacer ses coéquipiers, à tuer une action sans forcément contrer ou intercepter. Il défend comme un quarterback dirige une attaque.
La comparaison avec Scottie Pippen et Dennis Rodman n’efface rien de leur grandeur. Elle souligne surtout l’évolution du jeu et le profil rarissime de Green dans le basket moderne.
