Deux victoires convaincantes pour la France, un énorme avertissement pour Team USA et quelques certitudes déjà sérieusement ébranlées : la Coupe du monde féminine a démarré très fort. Dans le CQFR du jour présenté par Shaï et Antoine, nous revenons également sur l’exploit du Mali, le départ de Cathy Engelbert et le drôle de chantier des Sacramento Kings.
Les Bleues savent déjà changer de visage
Après les victoires contre la Hongrie et la Corée du Sud, notre premier ressenti est franchement positif. Les Bleues marquent beaucoup, partagent le ballon et donnent surtout l’impression de pouvoir pratiquer plusieurs types de basket. Même lorsque les Coréennes les ont bousculées en début de rencontre, elles ont su modifier leurs associations et reprendre rapidement le contrôle.
Cette capacité d’adaptation nous plaît particulièrement. Jean-Aimé Toupane dispose de taille, de vitesse, de création et de profils très différents. Marine Johannès assume parfaitement son rôle de joker, tandis que Dominique Malonga confirme qu’elle est en train de passer un cap. Gabby Williams complète un trio offensif de très haut niveau, sans que l’équipe paraisse dépendre d’une seule individualité.
Les Bleues dominent la Corée en mode diesel
Tout n’est pas réglé pour autant. Nous attendons encore de voir comment le cinq majeur réagira lorsqu’un adversaire plus puissant le placera durablement dans le dur. Mais pour le moment, personne ne semble prisonnier de son statut et les rotations ont du sens. Après deux journées, la France est peut-être même l’équipe qui nous a le plus impressionnés.
Team USA a-t-elle encore une patronne ?
Le contraste avec les Américaines est saisissant. Après avoir écrasé la Chine, Team USA a péniblement battu l’Italie, 55-52, au terme d’une prestation invraisemblable de médiocrité. Un seul panier à trois points, une attaque sans rythme et plusieurs cadres en difficulté : cela rappelait dangereusement la finale olympique face à la France.
Nous avons surtout été surpris par le respect de la hiérarchie. Breanna Stewart et Napheesa Collier n’étaient pas dans leur match, mais les nouvelles venues n’ont pas réellement récupéré les clés. Or Caitlin Clark, Paige Bueckers, Rhyne Howard ou Kahleah Copper ont le talent nécessaire pour peser davantage.
Le problème dépasse cependant les seules rotations. Sans A’ja Wilson, il manque cette joueuse clairement supérieure aux autres, capable de prendre le contrôle lorsque le collectif américain s’enraye. On pense que Clark ou Bueckers sont déjà prêtes à endosser ce rôle. Mais on se demande aussi si une première campagne internationale ne rend pas cette transition plus délicate. Sur le constat principal, nous nous rejoignons : Team USA paraît beaucoup plus prenable que prévu.
La France, la Belgique ou l’Australie devront sans doute livrer un match presque parfait. Mais, sur 40 minutes, l’exploit ne ressemble plus à une pure fantaisie. Toute notre discussion sur la nouvelle hiérarchie américaine et les chances réelles des Bleues est à retrouver dans le CQFR complet.
Le Mali refuse de rester un faire-valoir
La victoire du Mali contre l’Espagne constitue l’autre immense moment de ce début de compétition. Les Espagnoles ont beaucoup fait tourner et leur jeunesse les expose encore à une certaine irrégularité, mais cela ne doit rien enlever à la performance malienne.
Ce collectif progresse depuis plusieurs campagnes et possède désormais de vraies individualités, dont plusieurs joueuses connues du championnat français. Ce succès n’est donc pas seulement une jolie surprise : il confirme que le basket féminin international gagne en profondeur.
Engelbert, Simmons et les fins de cycle
Le départ annoncé de Cathy Engelbert mérite également un bilan nuancé. Ses dernières relations avec les joueuses étaient devenues compliquées et le moment semblait venu de tourner la page. Mais réduire son mandat à ses polémiques récentes serait injuste : la WNBA s’est développée, s’est ouverte économiquement et se dirige vers 18 franchises. Elle restera une figure importante de ce virage.
À Sacramento, Ben Simmons tente lui aussi d’écrire une nouvelle fin. Nous ne croyons plus au retour du joueur proche du niveau All-Star, mais les Kings lui offrent peut-être enfin le marché tranquille dont il avait besoin. Reste à comprendre son rôle dans une équipe sans direction très lisible.
Entre Zach LaVine et Domantas Sabonis potentiellement transférables, l’intérêt se portera surtout sur Darius Acuff Jr et Maxime Raynaud. Pour les supporters des Kings, la saison consistera essentiellement à chercher quelques motifs de réjouissance au milieu d’un chantier qui pourrait durer.
Retrouvez l’intégralité du CQFR, avec toutes les analyses, nuances et digressions de Shaï et Antoine, sur la chaîne YouTube BasketSession et sur les plateformes audio.
