Les Knicks croient enfin en leur banc, et ça change tout

Trop peu utilisés sous Tom Thibodeau, les remplaçants des New York Knicks ont un impact évident sur le succès de l’équipe cette saison.

Les Knicks croient enfin en leur banc, et ça change tout

Un an en arrière, les New York Knicks s’inclinaient lors du Game 1 des finales de Conférence à l’Est contre les Indiana Pacers. Une rencontre décidée en prolongation avec une formation de Manhattan épuisée et finalement battue de 3 petits points (135-138) contre un adversaire plus frais et auteur d’un beau comeback en deuxième mi-temps. Tom Thibodeau n’avait fait confiance qu’à 8 joueurs ce soir-là, dont un Cam Payne limité à 9 minutes, et ce malgré un match qui s’est conclu en OT.

Le contraste avec le premier match des finales 2026 contre les San Antonio Spurs est saisissant. Malgré l’enjeu, Mike Brown a fait rentrer 8 de ses hommes. Plusieurs de ses réservistes ont trouvé un moyen de contribuer pour offrir la victoire sur ce match déjà crucial. Landry Shamet a inscrit 13 points, José Alvarado a mis du rythme, Mitchell Robinson s’est chargé de verrouiller des rebonds et Miles McBride a planté deux paniers primés qui ont fait du bien.

Et cet apport « nouveau » représente pourtant un facteur X constant en faveur des Knicks sur ces playoffs. Leur banc est au rendez-vous. C’est ce même Shamet qui avait notamment égalisé à 99 partout lors de la folle remontée réussie contre les Cleveland Cavaliers dans le Game 1 des finales de Conférence. Robinson, McBride, Alvarado, parfois même Jordan Clarkson… les remplaçants ont participé avec brio à la campagne mémorable des New-yorkais, vainqueurs de leurs 13 derniers matches. C’est presque comme si les Knicks avaient des nouvelles recrues dans l’effectif. Ces gars-là faisaient pourtant pour la plupart partie du groupe l’an passé. C’est le cas de Landry Shamet, membre crucial de la rotation alors qu’il cirait le banc avec Thibodeau.

Nommé sur le banc après le renvoi de ce dernier, Brown est arrivé avec deux missions : développer une attaque digne de ce nom autour de Karl-Anthony Towns et exploiter un peu mieux la profondeur de banc de l’équipe. Paris réussis. C’est d’ailleurs lui qui a insisté pour garder Shamet, finalement signé très tard lors du camp d’entraînement sur un contrat non garanti. « J’avais le sentiment que Landry pouvait avoir un impact. Son agent l’avait convaincu d’attendre avant de prolonger. Je lui ai dit que je le voulais dans mon équipe, que je sentais qu’il pouvait nous aider des deux côtés du terrain. »

Bien vu. L’ailier de 29 ans tourne à 60% derrière l’arc pendant ces playoffs. Il n’a pas toujours été utilisé mais il est revenu en force dans la rotation contre Cleveland. Il a d’ailleurs converti 11 de ses 12 tentatives extérieurs face aux Cavs et tourne à 13 points de moyenne et 46% à trois-points sur les deux premiers matches des finales NBA. Ça fait forcément la différence pour des Knicks qui ont semblé trop justes lors de leurs derniers runs en 2024 et 2025.

Mitchell Robinson, un impact défensif qui a fait la différence

Thibodeau s’appuyait essentiellement sur son cinq majeur, aussi bien en saison régulière qu’en playoffs. Cinq groupes différents de quatre joueurs, des variations de lineups incluant ses cadres, dépassaient les 1000 minutes passées sur le parquet l’an dernier. Et même 1300 minutes pour son équipe type. Brown n’a de son côté qu’un seul lineup à quatre joueurs qui a dépassé les 900 minutes. Il a préféré faire tourner au cours des derniers mois, afin de s’assurer que tout le monde soit frais en playoffs. Le club de la grosse pomme peut d’ailleurs sur un effectif au complet, même si Robinson s’est cassé un doigt avant les finales dans des circonstances encore inconnues.

« J’ai cette philosophie en matière de minutes. C’est l’une des nombreuses choses que j’ai appris de Gregg Popovich et de Steve Kerr. Steve était très bon pour faire jouer plein de mecs différents. Non seulement ça, mais aussi relancer un gars qui n’avait pas intégré la rotation depuis un moment. Il pouvait soudainement le mettre titulaire. Ça forçait les joueurs à rester prêts et engagés », explique l’entraîneur des Knicks.

Seulement 7 joueurs de Thibs avait passé plus de 10 minutes sur le terrain en moyenne lors des derniers playoffs. Contre 9 pour Brown. De la fraîcheur en plus mais aussi des occasions de pratiquer différents baskets. Ça a demandé un ajustement pour les titulaires, qui avaient pris l’habitude de jouer constamment plus de 35 minutes par match. Mais c’est pour le bien de tous. Le groupe avance dans le même sens, avec un objectif ultime. Ils ne sont plus qu’à deux victoires de pouvoir célébrer tous ensemble.