OKC reprend la main, Wembanyama étouffé

Les Spurs, impuissants dans le game 5 remporté cette nuit par le Thunder, sont menés 3-2.

OKC reprend la main, Wembanyama étouffé

Oklahoma City n’est plus qu’à une victoire d’un retour en Finales NBA. Dans un Game 5 longtemps maîtrisé, le Thunder a dominé San Antonio 127-114 et a repris l’avantage dans cette finale de conférence Ouest. Shai Gilgeous-Alexander a encore dicté le tempo avec 32 points et 9 passes, pendant que le collectif d’OKC a puni presque chaque erreur des Spurs.

“On a simplement joué comme nous-mêmes ce soir”, a résumé Gilgeous-Alexander après la rencontre.

San Antonio a pourtant tenté de s’accrocher. Après un début de troisième quart-temps catastrophique, les Spurs ont réagi derrière un temps mort où Wembanyama a beaucoup parlé à ses coéquipiers. L’élan a permis aux Texans de revenir de -20 à -8, avec un regain d’agressivité, de meilleurs tirs et quelques séquences où Wembanyama a joué en point forward.

Mais chaque fois que les Spurs ont semblé capables de faire basculer la rencontre, le Thunder a immédiatement répondu.

Le deuxième quart a fait basculer le match

Oklahoma City a construit sa victoire dans le deuxième quart-temps avec 40 points inscrits. Le Thunder a accéléré offensivement, multiplié les séquences de transition et profité de l’indiscipline des Spurs pour creuser l’écart avant la pause.

Cette période a aussi été marquée par un rythme complètement haché et une avalanche de lancers francs. Il a fallu près de dix minutes avant de voir les premiers lancers de la soirée, puis les coups de sifflet se sont multipliés sans interruption. Les deux équipes ont combiné 29 lancers réussis dans le seul deuxième quart-temps, une première à ce niveau depuis la bulle d’Orlando en playoffs il y a près de six ans. San Antonio a terminé la période à 15/17 sur la ligne, Oklahoma City à un parfait 14/14.

Cette séquence a surtout tourné à l’avantage du Thunder, plus discipliné et plus solide dans les détails.

Le collectif du Thunder a encore fait la différence

Le grand enseignement de ce Game 5, c’est peut-être encore la profondeur d’Oklahoma City. Ni Gilgeous-Alexander, pourtant excellent, ni Wembanyama, clairement gêné tout au long de la soirée, n’ont totalement dominé les débats individuellement. Le match a surtout basculé grâce aux joueurs de complément construits autour de Shai par Sam Presti ces dernières années.

À chaque poussée des Spurs, le Thunder a trouvé une réponse. Jared McCain, titularisé pour la première fois en playoffs, a complètement changé de dimension après la pause. Après un début discret, il a inscrit 18 de ses 20 points en deuxième mi-temps, avec plusieurs tirs énormes, dont un 3-points longue distance puis un autre panier primé pour repousser San Antonio à -13 à cinq minutes de la fin.

Alex Caruso a aussi été capital avec 20 points, 6 passes et son habituelle activité défensive. Plusieurs de ses tirs ont cassé les runs des Spurs. Dans la peinture, Isaiah Hartenstein a livré un énorme travail de l’ombre avec 12 points et 15 rebonds, tout en participant au chantier collectif visant à fatiguer et limiter Wembanyama.

OKC a gagné énormément de possessions dans les marges : ballons 50/50, rebonds offensifs, aides défensives, activité permanente et agressivité. Le Thunder a joué plus dur, plus vite et avec davantage de cohérence.

Wembanyama sans rythme, Stephon Castle trop seul

Le plan défensif d’Oklahoma City sur Wembanyama a fonctionné. Le Français termine à 20 points, 6 rebonds et 3 contres, mais à seulement 4/15 au tir. Il a souvent reçu le ballon dans le trafic, avec plusieurs corps autour de lui, peu de situations faciles près du cercle et une vraie difficulté à imposer sa domination dans la peinture.

Même ses contests défensifs ont parfois manqué de tranchant. Les Spurs ont tenté de canaliser Gilgeous-Alexander vers la ligne de fond pour amener Wembanyama en aide, mais l’exécution n’a pas suffi. En attaque, Victor a semblé manquer de rythme et de fluidité tout au long de la rencontre, ratant même plusieurs finitions habituellement automatiques pour lui, y compris des dunks en transition sur passe aérienne.

Le Spur le plus constant a été Castle, excellent avec 24 points à 7/11. Julian Champagnie a aussi lancé San Antonio en première mi-temps avec 13 points consécutifs dans le premier quart-temps, une première pour un Spur en playoffs depuis les 16 points de suite de Kawhi Leonard contre Memphis en 2017, selon ESPN Research. Mais les fautes de Castle, Keldon Johnson et Champagnie ont fini par limiter les options de Mitch Johnson.

Les Spurs ont couru après le match

San Antonio a surtout payé son indiscipline. Les Spurs ont envoyé OKC sur la ligne, ont perdu trop de duels importants et ont vu leurs minutes sans Wembanyama tourner au cauchemar. Quand Luke Kornet a dû tenir la raquette, le Thunder a attaqué sans hésiter.

À 3 min 42 de la fin, après deux tirs à 3 points de Caruso et McCain, l’écart est remonté à +15. Les Spurs ont paru trop prévisibles, sans rythme, sans relais offensif suffisant autour de Wembanyama. Deux minutes plus tard, Mitch Johnson a vidé son banc.

OKC mène désormais 3-2 et aura l’occasion de conclure lors du Game 6 dans 48 heures. San Antonio, de son côté, va maintenant devoir prouver qu’il est capable d’aller chercher ce Game 7 que beaucoup espèrent voir depuis le début de cette série.