Pourquoi Victor Oladipo mérite une nouvelle chance en NBA

Victor Oladipo, très ému après le workout qu’il a organisé pour convaincre des équipes NBA de le relancer, réussira-t-il le comeback dont il rêve ?

Pourquoi Victor Oladipo mérite une nouvelle chance en NBA

Des tirs, des exercices, des représentants de front offices NBA dans la salle et, pour finir, quelques larmes impossibles à retenir. Mardi, à Las Vegas, Victor Oladipo a organisé un workout pour tenter de convaincre les franchises NBA qu’il pouvait encore avoir sa place dans la ligue.

La séance, dirigée par Phil Handy, devait lui permettre de montrer où il en était physiquement et sportivement. Elle a surtout rappelé tout ce que cette tentative de retour représentait pour lui. À l’issue du workout, Oladipo a salué et remercié les personnes présentes, visiblement submergé par l’émotion. Quelques heures plus tard, il s’est déclaré « profondément reconnaissant ».

Victor Oladipo lance un appel aux franchises NBA

À 34 ans, le double All-Star n’a plus disputé un match NBA depuis avril 2023. Personne ne peut garantir qu’il possède encore le niveau nécessaire. Mais à un tarif raisonnable et dans un rôle adapté, Victor Oladipo mérite au moins qu’une équipe lui ouvre sa porte.

Il a déjà prouvé que son corps pouvait supporter la compétition

Un workout réussi ne suffit évidemment pas pour obtenir un contrat NBA. Les vidéos d’entraînement estivales peuvent être trompeuses et rien ne remplace l’intensité d’un véritable match.

Mais Oladipo ne revient pas uniquement avec quelques séquences tournées dans une salle vide. Il a disputé 15 rencontres avec le Wisconsin Herd en G League, dont huit comme titulaire, pour des moyennes de 13,5 points, 4,6 rebonds, 3,9 passes et 1,9 interception en près de 30 minutes par match.

Ses pourcentages, 38,3 % au tir et 32,5 % à trois points, n’étaient pas suffisamment bons pour réclamer immédiatement une place en NBA. Ils montrent qu’il reste encore du travail. En revanche, sa capacité à enchaîner les minutes et à conserver une véritable activité défensive constitue déjà une petite victoire après tout ce qu’il a traversé.

Depuis 2019, Oladipo a subi deux opérations importantes autour du tendon du quadriceps droit, puis une rupture du tendon rotulien du genou gauche pendant les playoffs 2023. Cette dernière blessure représentait sa troisième intervention majeure en un peu plus de quatre ans.

Le revoir courir, défendre et jouer à cinq contre cinq n’est donc pas anodin.

Une équipe ne prendrait presque aucun risque

Victor Oladipo ne réclame plus un statut de star, un rôle de titulaire ou un contrat à plusieurs dizaines de millions de dollars. L’enjeu est désormais de décrocher une invitation pour un training camp, un contrat partiellement garanti ou une place au salaire minimum.

À ce prix-là, le risque serait particulièrement limité. Une franchise pourrait l’observer quotidiennement, mesurer précisément son état physique et mettre fin à l’expérience si son corps ne suivait pas.

En revanche, si Oladipo retrouvait ne serait-ce que 60 ou 70 % du joueur qu’il a été à Indiana, l’opération pourrait devenir très rentable.

Lors de sa meilleure saison, en 2017-2018, il tournait à 23,1 points, 5,2 rebonds, 4,3 passes et 2,4 interceptions. Il avait terminé meilleur intercepteur de la ligue, intégré le meilleur cinq défensif et remporté le trophée de Most Improved Player.

Personne ne lui demande de redevenir ce joueur-là. Mais cette expérience et cette connaissance du très haut niveau n’ont pas entièrement disparu.

Son profil peut encore avoir une utilité

La première qualité à surveiller ne sera probablement plus son explosivité. Après autant d’opérations, Oladipo ne peut plus baser son jeu sur les accélérations et les changements de direction qui faisaient autrefois sa force.

Il peut néanmoins apporter autre chose : de la pression sur le porteur de balle, de l’anticipation dans les lignes de passe, un peu de création secondaire et la capacité de prendre en charge quelques possessions lorsque l’attaque se dérègle.

Même diminué lors de son passage à Miami, il avait encore montré qu’il pouvait défendre avec intensité et rendre service dans une rotation de playoffs. Une équipe ne le recruterait plus pour construire son attaque autour de lui, mais pour tenir dix ou quinze minutes, pousser ses coéquipiers à l’entraînement et éventuellement apporter une solution supplémentaire en cas de blessure.

Sur un bout de banc NBA, il existe des paris bien moins séduisants.

Sa mentalité mérite aussi d’être récompensée

Il faut faire attention à ne pas transformer chaque comeback en conte de fées. Le courage et les bonnes intentions ne garantissent pas d’être encore assez fort pour jouer en NBA.

Mais la manière dont Victor Oladipo a tenté de revenir compte malgré tout. Ancien deuxième choix de la Draft, double All-Star et joueur All-NBA, il aurait pu refuser de descendre en G League. Il aurait également pu se contenter de ses activités loin des terrains et considérer qu’il n’avait plus rien à prouver.

Il a préféré reprendre au Wisconsin, loin de l’attention qu’il connaissait autrefois.

Son acharnement au travail n’est pas une légende construite pour accompagner ce comeback. Après l’élimination des Pacers contre Cleveland en 2018, Oladipo avait contacté son préparateur physique quelques minutes seulement après le Game 7 pour lui demander quand ils pouvaient reprendre le travail.

Erik Spoelstra avait également raconté, après sa blessure de 2023, les journées de quatre ou cinq heures passées entre la table de soins, la musculation et la rééducation, y compris les week-ends et les jours où personne ne regardait. Le coach du Heat avait notamment souligné son état d’esprit constamment positif.

Une franchise qui lui accorderait sa confiance récupérerait vraisemblablement un joueur conscient de la fragilité de cette dernière opportunité. Oladipo rendrait probablement au centuple la confiance qui lui serait accordée.

Milwaukee, Cleveland, Miami ou Indiana comme points de chute ?

Aucun intérêt précis n’a pour le moment été rendu public dans les premiers comptes rendus du workout. Quelques destinations paraissent néanmoins plus naturelles que les autres.

Les Milwaukee Bucks connaissent déjà son état physique après ses 15 matches avec leur équipe de G League. Cleveland a ensuite récupéré ses droits en G League, même s’il n’a finalement pas joué avec le Charge. Ces deux organisations disposent donc d’informations récentes sur son niveau et son comportement au quotidien.

Miami connaît également très bien Oladipo, ses qualités comme ses limites physiques. Un retour au Heat aurait une certaine logique culturelle, même si l’organisation pourrait estimer avoir déjà fait le tour de cette expérience.

Indiana représenterait évidemment la piste la plus romantique. C’est avec les Pacers qu’il est devenu une star et l’un des meilleurs arrières two-way de la ligue. Mais une réunion ne devrait avoir lieu que si elle répond à un véritable besoin sportif, pas seulement pour provoquer un moment nostalgique.

D’autres équipes ambitieuses pourraient également être tentées par un pari à faible coût. Pour une formation à la recherche d’un défenseur expérimenté, d’un vétéran irréprochable dans un vestiaire ou d’une solution de secours sur les postes arrière, l’idée mérite au moins d’être étudiée.

Victor Oladipo ne réclame pas un passe-droit

Victor Oladipo ne mérite pas un contrat simplement parce que son histoire est touchante. Il ne mérite pas non plus qu’une équipe lui garantisse des minutes ou ferme les yeux sur son état physique.

Il mérite en revanche une véritable évaluation et l’occasion de se battre pour une place pendant un training camp.

Après trois opérations majeures et plus de trois ans sans jouer en NBA, il est toujours là. Rien que pour découvrir ce qu’il lui reste réellement dans les jambes, une franchise devrait lui donner cette dernière chance.