On savait que la fin approchait. On ne pensait simplement pas qu'elle arriverait maintenant. Russell Westbrook a annoncé mercredi qu'il prenait sa retraite, mettant un terme à l'une des carrières les plus spectaculaires et les plus singulières de l'histoire récente de la NBA. « It's over », a-t-il annoncé sur ses réseaux sociaux.
La nouvelle a quelque chose de réellement surprenant. Pas parce que Westbrook n'a pas l'âge de raccrocher : il aura 38 ans en novembre. Mais parce qu'il semblait encore déterminé à continuer. Il y a seulement quelques jours, il était rapporté que l'ancien MVP n'avait aucune intention de prendre sa retraite et attendait simplement de trouver la bonne situation. Sacramento n'avait même pas totalement fermé la porte à un retour.
Russell Westbrook devient le meneur le plus prolifique de l’histoire
On imaginait donc encore une dernière pige. Un contender tenté par son énergie en sortie de banc, une franchise à la recherche d'un vétéran, peut-être un retour quelque part où il avait laissé de bons souvenirs. Et, si la NBA ne voulait vraiment plus de lui, pourquoi pas une expérience ailleurs, en Europe ou dans un autre championnat ?
Finalement, cette dernière aventure n'aura pas lieu.
Le marché n'est jamais vraiment venu. Et une carrière commencée en 2008 s'arrête donc après 18 saisons et 1 301 matches de saison régulière.
Russell Westbrook a rendu l'impossible presque banal
Il faudra probablement un peu de temps pour mesurer complètement ce qu'a été Russell Westbrook.
Parce que sa fin de carrière, ses difficultés d'adaptation aux Lakers, son adresse extérieure ou ses pertes de balle ont parfois pris énormément de place dans les discussions. Au point de faire presque oublier ce qu'était le joueur à son sommet. Un phénomène. Un meneur qui jouait chaque possession comme si sa vie en dépendait. Une boule d'énergie lancée à pleine vitesse vers le cercle, capable d'arracher un rebond au milieu des intérieurs, de traverser le terrain en quelques secondes et de terminer l'action avec une violence athlétique rarement vue à son poste.
Westbrook n'avait pas toujours raison. Mais il ne savait pas jouer à moitié. Et puis il y a les chiffres. Ceux qui semblaient relever d'une autre époque avant qu'il ne commence à les empiler.
En 2016-2017, après le départ de Kevin Durant d'Oklahoma City, Westbrook tourne à 31,6 points, 10,7 rebonds et 10,4 passes et devient MVP. Il termine la saison avec 42 triple-doubles, record NBA. Plus fou encore : il finira par moyenner un triple-double sur quatre saisons différentes.
Oscar Robertson avait longtemps donné l'impression d'avoir réalisé quelque chose qui ne serait jamais reproduit. Westbrook l'a fait.
Il quitte finalement la NBA avec 209 triple-doubles en saison régulière, record absolu, ainsi que le record de 11 triple-doubles consécutifs. À force, il avait presque réussi à banaliser quelque chose qui ne l'était absolument pas.
Un CV de légende
Son palmarès parle de lui-même : MVP en 2017, neuf fois All-Star, neuf fois All-NBA, deux fois meilleur marqueur de la ligue, trois fois meilleur passeur et deux fois MVP du All-Star Game. Il a également été sélectionné dans l'équipe anniversaire des 75 ans de la NBA.
Il termine avec plus de 27 000 points et s'est hissé cette saison à la cinquième place du classement historique des passeurs, devant Steve Nash.
Il lui manquera évidemment cette bague NBA après laquelle il a couru jusqu'au bout. Il avait atteint les Finales dès 2012 avec Kevin Durant et James Harden à Oklahoma City, sans jamais parvenir à y revenir.
Russell Westbrook laissera surtout derrière lui des images. Des dunks rageurs, des accélérations absurdes. Des soirs à 40 ou 50 points et cette impression permanente qu'il pouvait se passer quelque chose dès qu'il récupérait le ballon.
Houston, Washington, les Lakers, les Clippers, Denver puis Sacramento auront constitué la deuxième partie, plus chaotique, de son parcours. Mais Oklahoma City restera évidemment sa maison. C'est là que le gamin drafté en quatrième position en 2008 est devenu Russell Westbrook. C'est là qu'il est devenu une superstar, un MVP et l'un des visages d'une génération.
Russell Westbrook n'a jamais été un joueur consensuel. Son basket ne l'était pas davantage. On pouvait adorer ses qualités et devenir fou devant certains de ses choix quelques secondes plus tard. C'était aussi ce qui faisait de lui Russell Westbrook.
Un joueur imparfait, excessif, spectaculaire, parfois déroutant. Mais surtout un joueur absolument unique.

J'ai aimé ton état d'esprit Rus.
Bonne retraite