Les Spurs sont à une victoire de la finale de Conférence. San Antonio mène 3-2 contre Minnesota avant un Game 6 qui s’annonce brûlant au Target Center, où les Wolves joueront leur saison. Si Victor Wembanyama et les siens ferment la porte cette nuit, ils retrouveront Oklahoma City au tour suivant. Sinon, il faudra survivre à un Game 7 qui aurait tout du piège.
La première clé est évidemment Victor Wembanyama. Sur ces playoffs, le Français tourne à 20,4 points, 11,2 rebonds et 4,2 contres de moyenne, tout en étant le centre de gravité absolu de la défense des Spurs. Son Game 5 a rappelé à Minnesota l’ampleur du problème : 27 points, 17 rebonds, 5 passes, 3 contres, et une raquette complètement verrouillée. Après le match, Anthony Edwards a résumé le sentiment général avec une forme de fatalisme : « Sur certaines choses que faisait Wemby, il n’y avait pas vraiment de réponse. Il fallait juste espérer qu’il rate. »
Comment gérer Wembanyama ?
C’est justement là que Chris Finch doit trouver autre chose que l’espoir. Rudy Gobert peut gêner certaines prises de position, Naz Reid peut l’écarter par séquences, mais Minnesota ne peut pas laisser Wembanyama installer son rythme aussi tôt qu’au Game 5, où il avait déjà 18 points et 6 rebonds après le premier quart-temps. Les Wolves vont sans doute devoir varier davantage : prises à deux plus rapides, aides depuis le côté faible, défense plus physique avant la réception, voire quelques possessions plus petites pour essayer de l’attirer loin du cercle. Le risque, évidemment, c’est d’ouvrir les angles pour Devin Vassell, De’Aaron Fox, Stephon Castle ou Keldon Johnson.
L’autre enjeu majeur sera l’adresse extérieure de San Antonio. Sur l’ensemble de la série, les Spurs ne tirent qu’à 33% à 3 points, contre 34% pour Minnesota. Dans leurs trois victoires, les Texans sont à 37,5% derrière l’arc. Dans leurs deux défaites, ils sont tombés à 24%. San Antonio n’a pas besoin d’un festival permanent. En revanche, il lui faut assez de réussite pour empêcher les Wolves de resserrer complètement la peinture autour de Wembanyama. Quand les shooteurs punissent, la gravité de Wemby devient presque impossible à gérer. Quand ils ratent tôt dans la possession, les Spurs peuvent vite redevenir jeunes, pressés et vulnérables.
Edwards, réponse attendue
Côté Minnesota, tout commence par Anthony Edwards. Il reste le seul joueur capable de tordre le match par son volume, sa puissance et sa création. Les Spurs l’ont bien compris : au Game 5, ils ont souvent envoyé deux défenseurs très haut pour l’obliger à lâcher le ballon, le limitant à seulement 13 tirs. Il a fini à 20 points à 8/13, propre statistiquement, mais trop peu influent pour une équipe dos au mur. Cette nuit, Edwards devra attaquer plus tôt, mettre la pression sur le cercle et forcer Wembanyama à défendre en mouvement plutôt qu’en tour de contrôle.
Le soutien autour de lui sera tout aussi crucial. Julius Randle doit sanctionner les décalages au lieu de s’enfermer dans des possessions forcées. Jaden McDaniels doit rester loin des fautes. Ayo Dosunmu, Naz Reid et les remplaçants doivent faire mieux pour compenser l’absence de Donte DiVincenzo, notamment dans l’adresse et le rythme. Minnesota ne peut pas gagner ce match avec Edwards seul contre la structure défensive la plus impressionnante de ces playoffs.
Enfin, il y a le facteur émotionnel. Les Spurs ont déjà prouvé qu’ils pouvaient gagner à Minneapolis, mais conclure une série à l’extérieur demande autre chose. Wembanyama l’a dit après le Game 5 : « Le boulot n’est pas terminé. Il nous reste un match pour aller en finale de Conférence. » Toute la question est là. San Antonio a les armes, l’élan et le joueur le plus intimidant de la série. Il lui reste à montrer qu’il a déjà la maturité pour tuer Minnesota avant que la série ne lui échappe.
