Victor Wembanyama, le grand bleu

Alors qu’il se prépare seulement à jouer son troisième match en équipe de France, Victor Wembanyama émerge déjà comme l’avenir des Bleus.

Victor Wembanyama, le grand bleu

Victor Wembanyama voit peut-être la vie en rose en ce moment, mais il ne perd pas de vue son avenir en bleu pour autant. Le phénomène français, qui s’apprête à disputer les deux derniers matches de qualification au Mondial 2023, se projette déjà sur le toit du monde avec son pays. Un mélange de passion et d’ambition qui promet des lendemains radieux à l’équipe de France de basket.

"Je me vois gagner le plus de titres possible", imagine l’intérieur de 2,21m, interrogé ce mardi sur son futur en sélection nationale. "Très prochainement, j’espère apprendre le plus possible des compétitions FIBA, parce que je n’en ai jamais fait aucune pour l’instant."

S’il a déjà un pied en NBA, "Wemby" garde bien la tête des deux côtés de l’océan Atlantique. Au moment de rejoindre les Metropolitans 92 de Vincent Collet, le sélectionneur de l’équipe de France, ses ambitions apparaissaient comme une évidence.

Le natif du Chesnay, dans les Yvelines, a toujours assumé le rôle déterminant qu’a joué la présence du technicien dans son choix. Parce qu’il s’agit "sûrement du plus grand coach français" à ses yeux, dans un premier temps. Sans doute aussi pour préparer les fenêtres internationales dans les meilleures conditions.

C’est dans ce contexte que Wembanyama a fait ses débuts très remarqués sous le maillot tricolore, au mois de novembre. Dans un groupe jeune et inexpérimenté, son talent lui a permis de s’imposer immédiatement comme la "star" de l’équipe. Ce rôle lui sied jusqu’ici parfaitement.

Auteur de 19 points face à la Bosnie-Herzégovine, puis 20 contre la Lituanie, l’intérieur a largement répondu aux attentes. C’est notamment grâce à lui que la France a pu assurer sa qualification au Mondial 2023 avant même la deuxième phase. "Je ne veux rien voir changer tant qu’on gagne", a ainsi décrété l’intéressé, à l’aube de cette dernière.

Imposer la France sur le devant de la scène mondiale

Au premier abord, les rencontres à venir face à la République tchèque (23 février) et la Lituanie (26 février) semblent dénuées d’intérêt. L’essentiel, c’est-à-dire la qualification, est déjà là. Alors, pourquoi la victoire serait-elle importante dans ce cas ?

Parce que "chaque match compte", comme l’a logiquement rappelé Vincent Collet, ce mardi, au Palais des Sports Maurice Thorez de Nanterre. Le sélectionneur a pris le temps d’évoquer plusieurs objectifs secondaires, dont le ranking mondial, pour le justifier. "La culture qu’on veut instiller dans cette équipe de France est une culture de la gagne. Donc on ne peut pas avoir ce discours-là en permanence avec les joueurs et considérer que ce sont des matches sans enjeu", retient-on surtout.

Victor Wembanyama se manifeste aujourd’hui comme le garant de cette identité. Leader par le talent de ce groupe dans lequel il dit avoir "beaucoup de responsabilités, mais pas de pression", l’intérieur partage la vision du sélectionneur. Chaque victoire contribue, à ses yeux, à "imposer petit à petit la France comme la nation dominante d’Europe".

"Au-delà de se qualifier, vu que c’est déjà fait, on veut juste gagner les matches. L’enjeu, c’est aussi d’imposer la France comme une grande nation de basket mondiale. L’une des plus grandes, la plus grande, un jour, j’espère", explique-t-il, animé par une ambition non dissimulée. "Pour ça, il n’y aura pas de relâchement."

 

"En équipe de France, il y a peu de place pour les objectifs individuels. Les attentes, c’est de gagner des matches. C’est toujours ça."

Avec un athlète en telle maîtrise de sa communication, il est parfois difficile de faire la part des choses entre la langue de bois et la vérité. Il n’y a toutefois aucune raison de douter de la sincérité de Wembanyama lorsqu’il se présente comme un joueur désintéressé, au service du collectif. À seulement 19 ans, il semble avoir parfaitement intégré les valeurs d’unité et de cohésion prônée en sélection nationale.

Sa popularité et son immense potentiel ne sont apparemment pas un motif pour se détourner de cette voie. Ce qu’il attend de lui-même, c’est de "remplir son rôle", comme tous les autres. "En équipe de France, il y a peu de place pour les objectifs individuels. (Les attentes), c’est de gagner des matches. C’est toujours ça, tout bêtement", raisonne l’intérieur.

Son moment à lui viendra sans doute plus tard. Pour l’instant, son but "est déjà d’apprendre ce que c’est d’être un joueur de l’équipe de France", en toute sobriété. "Ensuite, j’apprendrai ce que c’est d’être le leader", avance-t-il. Après tout, la pépite n’en est encore qu’au début de son voyage initiatique.

Victor Wembanyama : la préparation du phénomène français

Victor Wembanyama, un bleu chez les Bleus

Le statut de star, Victor Wembanyama l’a déjà. En une de Slam Magazine et de Sports Illustrated, sur les antennes d’ESPN et de France TV… le jeune joueur est complètement à part. Meilleur marqueur et meilleur rebondeur de Betclic Élite, futur premier choix de la draft NBA, il s’est habitué à être au-dessus dans tous les domaines. Un réflexe à prendre quand on mesure 2,21m.

En équipe de France, cependant, il n’est encore qu’un débutant. Son talent lui permettra sans doute de rejoindre immédiatement le groupe lors des grandes échéances, mais il en sera le petit nouveau.

Les cadres comme Nicolas Batum, Evan Fournier et Rudy Gobert ne lui accorderont certainement pas le moindre privilège. S’il n’est pas en contact direct avec eux, "Wemby" en a visiblement conscience : "j’imagine qu’aux yeux de ceux avec qui je serai cet été, je serai encore un rookie".

Wembanyama n’aurait pas pu rêver meilleur moment pour faire ses premiers pas avec les Bleus. À l’approche de deux échéances clés, la Coupe du Monde en 2023 et les Jeux olympiques de Paris en 2024, la sélection est plus soudée que jamais. "Je sais que, inconsciemment, on est tous connectés parce qu’on y pense tous", relève ainsi la recrue. "On est tous conscients de ce qui arrive cet été et l’année prochaine."

 

"Mon objectif est déjà d’apprendre ce que c’est d’être un joueur de l’équipe de France. Aux yeux de ceux avec qui je serai cet été, je serai encore un rookie."

Bien sûr, un Mondial est d’une importance capitale sur la scène internationale. Pour la France, la compétition qui se tiendra un an plus tard revêt toutefois un caractère historique. Paris accueillera en effet les Jeux d’été pour la première fois depuis 1924 —après  exactement 100 ans d’attente. L’un des enjeux de cette première échéance sera donc de préparer la seconde pour Victor Wembanyama.

Par conséquent, ce dernier ne peut pas manquer l’appel. "Je n’ai pas du tout envie de passer à côté de cet évènement", garantit-il. Il semble d’ailleurs prêt à imposer cette volonté à l’équipe qui le sélectionnera à la draft. Le précédent Théo Maledon, parmi d’autres, a montré que les franchises NBA n’étaient pas toujours enclines à laisser leurs joueurs regagner leur pays pour les compétitions internationales.

Interrogé à ce sujet, le probable first pick a veillé à bien choisir ses mots, mais il affirme que sa volonté est "d’être en équipe de France cet été". Et cela, sans doute indépendamment des directives de sa future équipe.

Après tout, le seul maillot avec lequel la sensation de Boulogne-Levallois peut se projeter sur le long terme actuellement est le maillot bleu. Ne connaissant pas encore sa destination dans la ligue nord-américaine, la sélection tricolore apparaît aujourd’hui comme sa priorité.

Avec tout son talent, Victor Wembanyama pourra-t-il s’imposer comme le prochain visage de l’équipe de France ? Comme souvent, il laissera probablement les actions parler. Elles sont d’ailleurs généralement plus éloquentes que les discours. Entre son sourire lorsqu’il évoque son avenir en bleu et son éclat de rire enthousiaste en racontant les sensations que lui procure l’hymne avant les matches, on devine toutefois dès à présent une étincelle bleue au plus profond de lui.

Non, Victor Wembanyama n’a pas été mesuré à 2,26m