Dylan Harper joue bien. Stephon Castle fait ses matches. De’Aaron Fox affiche de l’efficacité. Présenté comme ça, le début de saison des Spurs devrait plutôt nous rassurer. Sauf qu’on regarde l’ensemble et qu’on reste avec une drôle d’impression : les individualités répondent, mais l’équipe patine encore.
La victoire contre Dallas a au moins permis de sortir de ces premiers matches sans succès. Elle demande toutefois quelques précautions. Les Mavericks étaient privés de Cooper Flagg, blessé à l’épaule, et de Kyrie Irving, ménagé. On prend la victoire, évidemment. Pour le grand test collectif, il faudra repasser.
Notre première interrogation concerne Victor Wembanyama. On le trouve moins spontané, moins libéré dans son jeu. Cela donne parfois une impression de manque de mordant, notamment près du cercle, là où on ne s’attend pas forcément à le voir autant contrarié.
L’action contre Houston résume ce sentiment. Wembanyama a un lay-up potentiel pour égaliser, mais se fait contrer. Thompson possède de sacrées qualités athlétiques, certes. Il reste qu’avec Victor aussi près du panier et un tel avantage de taille (plus de 20 cm d'écart !), on imaginait une autre conclusion.
Après cette rencontre, il avait déjà subi six contres depuis le début de la saison, un rythme nettement supérieur à celui de l’an dernier au même stade. Puis Zaccharie Risacher l’a également contré contre Dallas. Rien qui permette de décréter un problème durable après quelques matches. Mais on a l’impression que les adversaires hésitent un peu moins à venir le défier au cercle. À lui de leur rappeler pourquoi ils pourraient avoir tort.
Victor Wembanyama fait-il moins peur à ses adversaires en attaque ?
Autour de lui, le cinq avec Fox, Harper et Castle reste en place, accompagné de Devin Vassell. Individuellement, il y a de quoi défendre ce choix : Harper est pour l’instant le deuxième meilleur marqueur de l’équipe, Castle répond présent et Fox trouve de l’efficacité. Le problème ne se résume donc pas à un arrière qui jouerait mal et qu’il suffirait de sortir.
Ensemble, leur bilan est légèrement positif en net rating. Encourageant ? Un peu. Suffisant pour considérer que la formule fonctionne ? On n’en est pas là. Certaines séquences sont intéressantes, d’autres beaucoup moins, et les autres associations ne permettent pas toujours de compenser.
D’ailleurs, les trois ne passent pas leurs soirées collés les uns aux autres. Les rotations arrivent vite. Harper et Castle partagent régulièrement le terrain, Fox se retrouve souvent avec les remplaçants, et l’on voit aussi l’association Fox-Castle. Le cinq de départ est une partie de l’équation ; trouver les bons groupes au fil du match en est une autre.
Le retour de Tobias Harris pourrait apporter un nouvel élément de réponse. On aimerait notamment voir ce que donnerait sa présence à la place de Vassell aux côtés du trio. Est-ce que cela équilibrerait davantage l’ensemble ? C’est une piste à observer, pas une solution qu’on peut déjà annoncer comme acquise.
Pour le moment, on attend surtout que San Antonio batte un adversaire de gros calibre, ou au moins une équipe qui ne soit pas diminuée. Un match sur lequel s’appuyer, avec cette nouvelle formule, pour se dire que les pièces commencent vraiment à s’assembler.
Les Kings arrivent au programme. Ce serait une bonne occasion de prendre confiance, même si on n’y voit pas le fameux test référence. En revanche, mieux vaudrait éviter d’en faire une nouvelle source de questions.
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