Amath M’Baye, le banc, Nando De Colo : les leçons des Bleus face à la Jordanie

S'il s'est achevé sans mauvaise surprise, ce France-Jordanie a permis aux Bleus de mettre en lumière plusieurs aspects qu'il faudra confirmer ou corriger

N.SPar N.S | Publié

Le boulot a été fait. Et bien fait. Voilà comment on peut brièvement résumer ce France-Jordanie. En s'imposant de 39 points, les Bleus se sont fait plaisir en attendant les trois prochaines échéances qui s'annoncent corsées. Tout d'abord cette finale du groupe face à la République Dominicaine qui sera capitale pour la suite de la compétition. En croisant avec l'Australie et la Lituanie au prochain tour, la France a tout intérêt à démarrer avec trois victoires. Surtout en voyant le niveau de jeu des Lituaniens, plus que celui des Boomers. Pendant que ces derniers étaient tout en contrôle, les hommes de Dainius Adomaitis ont démarré le pied au plancher. + 54 contre le Sénégal, +23 face au Canada. Il ne serait d'ailleurs pas étonnant de les voir disposer de Joe Ingles et ses compatriotes dans leur finale du groupe.

Un banc qui doit monter en puissance

Mais revenons à nos Bleus qui ont été séduisants pendant 30 minutes. Ce laps de temps de 10 minutes a appartenu aux remplaçants, cette seconde unit qui avait déjà failli contre l'Allemagne. À l'image de Nando De Colo, sixième homme de Vincent Collet pour cette campagne, les Français ont été trop tendres, permissifs. Les Jordaniens ne sont pas privés d'aligner les tirs lointains, ou encore de provoquer des fautes. Manque de proximité défensive ou adversaire en sur-régime ? Il y a sûrement un peu des deux là-dedans. On peut ajouter la suffisance de jouer face à un adversaire plus faible. De l'autre côté du terrain, le mot d'ordre était approximation.

Souvent pendant ces 10 minutes, les Bleus ont été poussés jusque dans les ultimes secondes des 24 car sans solution offensive. Si De Colo n'est pas en ferve, il n'y a clairement personne pour créer, que ce soit pour les autres ou soit-même. Peut-être avec un peu plus de jeu intérieur pour Vincent Poirier ? En intégrant Nicolas Batum dans cette deuxième escouade et qu'il se remémore son Mondial 2014 où il était le leader offensif ? Seul Vincent Collet a les clés et cette opposition face aux Dominicains pourra lui être très utile.

Nando De Colo a retrouvé la confiance

Il était porté disparu contre l'Allemagne. Peut-être même son pire match en sélection. Lors des vingt premières minutes cet après-midi, il était encore en-dessous. Obnubilé par son rôle de créateur, il a eu tendance à trop forcer certaines passes, comme s'il voulait que la suivante soit plus belle que la précédente. Au point d'en oublier ses qualités de scoreur dont ce deuxième cinq a besoin. Sa seconde période a été d'un tout autre niveau. Il boucle le tout avec 19 pions et 8 caviars. Ce n'était que la Jordanie mais la confiance, quoi qu'on en dise, est revenue. On attend confirmation dès jeudi pour ensuite attaquer les choses sérieuses.

Amath Mbaye, c'est sérieux

La blessure d'Adrien Moerman n'est qu'un lointain mauvais souvenir. Inconnu du grand public, Amath Mbaye est en train de se faire un nom dans cette Coupe du Monde. Éblouissant contre l'Allemagne avec son record en sélection, 21 points, l'ailier fort joue avec une justesse létale. Il ne force rien, prend ce qui vient à lui. Il sait qu'avec Fournier et les autres, il sera servi sur un plateau. Son adresse extérieure a encore fait des ravages. 3/4 derrière la ligne des 6,75m. Après un 4/6 dimanche. Et même sa petite taille pour le poste 4 est compensé par une densité athlétique bien au-dessus de la moyenne. Tout comme son QI basket. À voir maintenant comme il réagira face à des adversaires plus grands, physiques et talentueux comme le sont les intérieurs australiens et lituaniens.

Frank Ntilikina et Axel Toupane, verrous extérieurs des Bleus

On ne refera pas le CV de Rudy Gobert, double défenseur de l'année en NBA. Mais on attendait de l'accompagnement pour ce Mondial. Que ce soit Frank Ntlikina ou Andrew Albicy, les deux meneurs donnent le ton défensivement. Le premier cité, titulaire aujourd'hui, a marqué de précieux points dans l'esprit de Vincent Collet. Si Albicy reste un défenseur très solide, le joueur des Knicks est un cran au-dessus de part ses caractéristiques physiques. Incroyablement long, l'ancien Strasbourgeois a aussi les cannes et cette volonté de mettre une pression folle.

Ce n'est pas une découverte, mais dans un jeu moins aéré qu'en NBA, il donne cette sensation de prendre énormément de place dans sa moitié de terrain. En attaque, on aimerait le voir plus agressif, mais c'est un peu le leitmotiv de son début de carrière. Ce n'est pas en lui, et ça le sera peut-être plus tard. En attendant, il se contente de prendre, et mettre ses shoots ouverts. C'est déjà très bien. Axel Toupane, lui, a ce rôle de "3 and D". Un peu comme Ntilikina. Très à l'aise en premier quart-temps, son envergure sert également beaucoup en tant que stoppeur. L'association avec Ntlikina et Gobert, voir Nicolas Batum par séquences, peut rendre la défense des Bleus totalement imperméable.

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