Au fait, il devient quoi ? Edition Clippers 2000’s

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

Au début des années 2000, les Los Angeles Clippers ont suscité un espoir sans précédent chez leurs (rares) fans. Une bande composée de quelques jeunes fous qui a marqué les esprits avant de se crasher.

Cette semaine, Quentin Richardson a publié une "Letter to my younger self" poignante et comme souvent passionnante dans le "Player's Tribune". On vous recommande chaudement de vous pencher sur son histoire. Lire les péripéties, les joies et les drames de "Q" nous a donné envie de prendre des nouvelles des membres de cette fameuse équipe des Los Angeles Clippers au début des années 2000. Cette bande de jeunes insouciants et surdoués, c'était un peu le "Process" avant l'heure, avec une durée de vie plus limitée, une issue décevante, mais de belles histoires à raconter.

Voici ce que sont devenus ceux qui ont le plus incarné ce projet qui a donné de l'espoir aux fans de L.A. qui rêvaient d'une alternative aux Lakers, bien avant la période "Lob City".

Quentin Richardson

Honneur au "Q" pour commencer, puisque c'est de lui qu'est venu ce souhait de prendre des news des membres de cette team.

Drafté en 18e position de la Draft 2000, juste après ses futurs camarades Darius Miles (3e) et Keyon Dooling (10e) en provenance de la fac de De Paul, Quentin Richardson n'était pas le joueur le plus en vue du groupe sur le terrain - il est sorti du banc trois saisons sur quatre - mais montrait déjà les prémices du shooteur de talent qu'il allait devenir.

Dans l'équipe, le swingman était aussi l'un des plus vocaux et démonstratifs, ce qui a aidé à ce que l'on se souvienne de son passage de quatre ans à L.A. C'est pourtant à Phoenix, lors de sa seule saison chez les Suns, qu'il réussira la saison sa saison la plus aboutie dans un rôle de sniper pour le 7 seconds or less de Mike D'Antoni. Il y battra le record de paniers à trois points marqués par un joueur de la franchise sur une saison (199) jusque-là détenu par Dan Majerle et y décrochera le concours à trois point du All-Star Game, avant des passages plutôt erratiques à New York, Miami et Orlando.

A la fin de sa carrière, en 2014, Richardson a été nommé directeur du développement des joueurs chez les Detroit Pistons. Un rôle qu'il a occupé jusqu'en 2016, avant d'être réorienté vers un poste de scout basé en Floride, où il observe aujourd'hui les futurs adversaires des Pistons.

Darius Miles

L'un des talents les plus brutalement gâchés des années 2000. Ni plus, ni moins. Darius Miles était l'une des têtes de gondole du projet Clippers en même temps que le lycéen drafté le plus haut dans l'histoire à cet instant (3e pick). Ses qualités athlétiques, son sens du scoring et du spectacle auraient dû faire de lui un All-Star incontestable à terme, même s'il sortait du banc. Son hygiène de vie, son entourage et son profil de tête brûlée en ont décidé autrement.

Pendant deux saisons, Miles a alterné les séquences détonantes et excitantes et les errements sur le plan personnel et dans sa relation avec le staff des Clippers. Des problèmes qui s'aggraveront par la suite du côté de Portland après un an et demi à Cleveland et quelques matches avec LeBron. Dans l'Oregon, il se retrouvera au coeur d'une altercation avec son coach Maurice Cheeks assez médiatisée à l'époque. Des blessures et une incapacité à réintégrer durablement un roster auront raison de ses dernières opportunités dans la ligue en 2009.

Miles (dont le deuxième prénom est LaVar...), qui a gagné plus de 60 millions de dollars durant sa carrière, a été mis en banqueroute et forcé de vendre ses biens aux enchères l'année dernière. Le bilan est triste pour l'ancien ailier de seulement 36 ans. Un maillot signé par son ancien coéquipier LeBron James (1 500 dollars), un autre par Larry Bird (100 dollars), des chaussures signées par Dirk Nowitzki et Lamar Odom (600 dollars), des magnétoscopes (21 dollars) et... un toaster (2 dollars).

En tout, l'ancien joueur NBA a pu rembourser moins de 13 000 dollars de dettes. Il n'a pas donné signe de vie depuis ce "nouveau départ" sur le plan financier.

Lamar Odom

En soi, difficile de considérer que la carrière de Lamar Odom a été un échec. Deux bagues de champion, un titre de meilleur 6e homme de l'année (2011) et des gains accumulés conséquents, beaucoup seraient prêts à se damner pour ces acquis. Malheureusement, les débuts en fanfare du New-Yorkais chez les Clippers ont marqué le point de départ d'une décennie troublée et dramatique sur le plan personnel. Odom, drafté en 4e position par les Clippers en 1999, a été le joueur le plus immédiatement prêt et performant de ce projet articulé autour des "Young Guns", avec deux premières saisons de très haut niveau pour un jeune joueur. Suivies malheureusement de deux exercices tronqués à cause des blessures et d'un contexte pesant autour d'une équipe vouée à se déliter.

A Miami, puis chez les Lakers pour un retour à LA, Odom a livré sa pleine mesure, celle d'un ailier polyvalent au talent formidable, parfait lieutenant pour Kobe Bryant et Pau Gasol. Il y a aussi embrassé le star system et ses excès, avant même d'officialiser sa relation avec Khloé Kardashian. Trois ans avant de fréquenter l'héritière, Lamar Odom pleurait la perte de l'un de ses trois enfants, Jayden, à l'âge de 6 mois et demi. Le commencement, loin des radars, d'une descente aux enfers.

"Comment surmonter la perte d'un enfant ? Je l'ai fait avec la drogue, vous l'aurez deviné. [...] Je pense qu'on s'oblige à devenir accro à cause du traumatisme vécu. [...] La coke, c'est les montagnes russes. Des hauts, des bas et un sentiment de honte. [...] Mon cerveau était brisé", raconte Odom dans le Player's Tribune.

Ses dernières années dans la ligue, une à Dallas, une autre chez les Clippers avant deux piges avortées à Baskonia et chez les Knicks, marquent son déclin irrémédiable. En coulisses, il achève de brûler la vie par les deux bouts. Le 13 octobre 2015, il est retrouvé inconscient dans un bordel de Crystal, dans le Nevada, après un abus de médicaments et d'aphrodisiaques. Dans le coma et placé sous assistance respiratoire pendant plusieurs jours, il se réveille finalement avec des séquelles mineures sur le plan neurologique.

En juillet dernier, Lamar Odom s'est confié au Player's Tribune dans un entretien et une lettre déchirants, traduits dans cet article sur sa déchéance. On y comprend mieux comment il s'est enfermé dans la dépendance et les excès. Odom tente aujourd'hui de se reconstruire. Une déshydratation et un malaise lors d'une apparition à un événement en boîte de nuit en fin d'année dernière ont laissé craindre le pire, mais ses représentants ont indiqué que ce n'était absolument pas le cas.

Michael Olowokandi

Anthony Bennett a encore quelques années pour sortir du trou et éviter d'intégrer le top des n°1 de Draft les plus décevants de l'histoire de la NBA. Michael Olowokandi se situe lui à tout jamais dans le gratin. Est-ce complètement de sa faute ? Les Clippers ont drafté le Nigérian alors qu'il n'avait que cinq années de basket derrière lui et alors que des talents comme Paul Pierce, Dirk Nowitzki ou Vince Carter faisaient partie de cette cuvée 1998. C'est pourtant sur lui que les Californiens ont jeté leur dévolu pour être leur pivot sur la décennie à venir.

Après de bons premiers mois (une place dans la All-NBA Rookie Second Team) et un début de carrière à L.A. acceptable bien que pas à la hauteur du talent annoncé, tout est allé de travers pour Olowokandi. Malgré l'aide de Kareem Abdul-Jabbar, assistant-coach désigné pour l'aider à progresser, le diplômé en économie a stagné et a pris ombrage du tutorat de la légende.

"Olowokandi est la description parfaite du joueur talentueux impossible à coacher. Quand je pointais les fautes et erreurs à répétition de Monsieur Olowokandi, il prenait cette envie de l'aider à corriger ça pour des insultes et une gêne. Il m'a dit qu'il n'accepterait lus d'être critiqué devant ses coéquipiers", a raconté Jabbar quelques années plus tard.

Son départ en fin de contrat pour le Minnesota marque le début de la fin, à 27 ans. Les blessures s'enchaînent et son niveau ne décolle logiquement pas. Après une part relativement honorable dans la campagne de playoffs des Wolves jusqu'à la finale de la Conférence Ouest en 2004, il disparaît progressivement des radars.

Aujourd'hui, c'est via son ex-femme Suzie Ketcham, que le nom de Michael Olowokandi réapparaît à l'occasion. L'ancienne compagne du pivot, mère de ses deux enfants, a été pendant des années un membre phare du programme Basketball Wives après 10 ans de vie commune avec l'ancien Clipper. Elle y revient à l'occasion, même si elle est sortie du cast principal depuis 2013. Ketcham a souvent évoqué des détails intimes de sa relation avec le n°1 de Draft et les 15 millions de dollars que lui a rapporté son divorce.

Lui s'est éloigné du paysage médiatique optant pour une retraite hors d'un staff NBA au contraire de beaucoup de ses congénères. Difficile de faire plus discret que Michael Olowokandi, déjà pas très fan à l'époque des intéractions avec les médias, puisqu'il n'apparaît sur un aucun réseau social majeur et n'accorde aucun entretien à la presse.

Corey Maggette

L'ancien de Duke débarque en tant que sophomore chez les Los Angeles Clippers en l'an 2000 en provenance d'Orlando. Rapidement, "Maximus" devient l'un des chouchous du public à l'aile grâce à ses qualités de scoreur, son flair pour aller sur la ligne et ses dunks puissants. Même après le départ des Young Guns, Maggette reste un cadre du groupe et aide même les Clippers à remporter leur premier match de playoffs depuis 13 ans contre les Nuggets en 2006.

Après 8 ans en Californie, il opt-out et rejoint les Warriors, pour lesquels il devient un 6e homme très estimable. Malgré un profil apprécié, il enchaîne ensuite les trades jusqu'à la fin de sa carrière en NBA en 2013 à Detroit.

Maggette n'est pas resté éloigné très longtemps du monde du basket. Consultant sur Fox Sports, l'ex-Blue Devil était l'une des têtes d'affiche de la Big3 League inaugurée cette saison. Malheureusement, une blessure à la jambe dès le premier match de son équipe l'a poussé à mettre un terme à sa saison. Il n'est pas exclu de le revoir pour la deuxième édition.

Elton Brand

Après deux bonnes saisons chez les Bulls en tant que n°1 de Draft, Elton Brand débarque dans ce groupe en développement en 2001 via un trade. Impact immédiat : Brand rayonne à l'intérieur, au point de devenir le premier All-Star de la franchise depuis Danny Manning en 1994. En 2003, alors que la courte fenêtre qui nous intéresse se referme, Brand signe un contrat colossal de 82 millions de dollars sur 6 ans avec les Los Angeles Clippers malgré une offre de Miami. Un an plus tôt, Donald Sterling lui avait refusé un deal pour un montant nettement moins élevé...

Sept ans après ses débuts à L.A. et au sortir d'une grave blessure, Brand rejoint Philadelphie pour relancer une carrière qui n'atteindra plus jamais les hauteurs espérées à la fin des années 90. Devenu un vétéran admiré et un vrai leader de vestiaire, Brand prend sa retraite définitive en 2016 après 17 matches chez les Sixers.

Il est toujours dans le giron de la franchise de Pennsylvanie et officie en tant que General Manager des Delaware 87ers, la franchise de G-League affiliée aux Sixers.

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