Chris Paul, le respect retrouvé

Chris Paul, le respect retrouvé

Chris Paul et son leadership sont en train de créer la première grosse surprise des playoffs, contre une équipe qui ne voulait plus de lui...

Shaï MamouPar Shaï Mamou  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Il y a un an et trois mois, Chris Paul était envoyé à Oklahoma City pour permettre aux Houston Rockets de réunir James Harden et Russell Westbrook. Ainsi prenait fin le rêve de CP3 de remporter un jour le titre NBA, tout du moins dans un rôle majeur. C'est ce qu'on se disait, en tout cas. A 34 ans, Paul était sur la pente descendante mais avait encore de beaux restes et chercherait sans doute à ne pas s'éterniser au Thunder malgré un salaire prohibitif pour d'autres équipes ambitieuses. On ne reparlerait sans doute plus de lui dans les mêmes terme, lui le "Point God", considéré sur le plan du talent comme l'un des meilleurs meneurs de tous les talents malgré un palmarès vierge. Erreur, Chris Paul n'est pas fini.

Quinze mois et une pandémie plus tard, le meneur vétéran est toujours à Oklahoma City. Mieux, il vient d'obliger, par son leadership et son talent, l'équipe qui ne voulait plus de lui à disputer un game 7 au 1er tour des playoffs.

Houston et son coach Mike D'Antoni ne pensaient très certainement pas retrouver Chris Paul sur leur route à cet instant. Et encore moins, sans doute, dans ce rôle de bourreau potentiel. La nuit dernière, il a tout simplement rappelé qu'il n'était pas un joueur lambda de cette ligue, dans la droite lignée de ce qu'il avait déjà superbement démontré en saison régulière.

On peut trouver le garçon un peu agaçant et bavard sur un terrain. Un peu trop exigeant et intransigeant avec ses partenaires, pourquoi pas. Il y a toutefois une constante qui s'est confirmée avec cette expérience dans le "Sooner State". Christopher Emmanuel Paul rend tout le monde meilleur autour de lui. Billy Donovan s'est énormément appuyé sur lui tout au long de la saison pour encadrer un groupe jeune et assez inexpérimenté. Finalement, c'est un peu ce dans ce contexte qu'il avait excellé au début chez les Clippers et on le retrouve en mentor et modèle parfait pour Shai Gilgeous-Alexander, Luguentz Dort ou Dennis Schröder.

Luguentz Dort, la kryptonite de James Harden ?

Lundi, son 4e quart-temps, au cours duquel il a inscrit 15 de ses 28 points, a été une masterclass. Ses shoots classieux (et un peu humiliants en ce qui concerne leur célébration...), sa défense et sa gestion ont tout simplement permis à OKC de s'imposer. Chris Paul n'a pas perdu le moindre ballon de la rencontre. Seuls deux joueurs ont réussi plus de matches de playoffs à plus de 25 points et zéro turnover : LeBron James et Kevin Durant.

A 35 ans, Chris Paul semble plus affûté que jamais et ses performances, comme son langage corporel, respirent la confiance. On l'a vu plusieurs fois regarder Harden, son ancien compagnon de route, droit dans les yeux avec un air de défi. Comme s'il voulait lui montrer qu'il aurait peut-être dû insister auprès de la direction pour que leur tandem perdure.

Immédiatement après le coup de sifflet final, son partenaire de Banana Boat LeBron James tweetait, à juste titre :

"CP3 ! Respectez son nom et même plus".

LeBron a raison. A Houston, à cause de ses pépins physiques au mauvais moment et de sa relation technique plus si évidente avec Harden, on en était venu à sous-coter Chris Paul. Son salaire est gigantesque, c'est un fait. Mais ce qu'il apporte et ce qu'il va continuer d'apporter à cet effectif subitement devenu l'un des plus excitants à suivre à court et moyen terme, n'a pas de prix.

On a rien contre les Rockets, mais voir le Thunder l'emporter dans le game 7 avec Chris Paul à la baguette aurait une signification et une saveur assez incroyables.

 

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