Ce shoot qui a tout changé

Ce shoot qui a tout changé

L'ancien joueur des Philadelphia Sixers Jimmy Butler se trouvait aux premières loges pour assister à l'exploit de Kawhi Leonard l'an dernier. L'occasion de revenir sur un shoot qui a changé à jamais la destinée des Toronto Raptors.

BasketSessionPar BasketSession  | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Focus

Le 13 mai 2019 restera à jamais une date importante dans l'histoire des Toronto Raptors. Sacrée quelques semaines plus tard, la franchise canadienne venait de se débarrasser des Philadelphia Sixers (92-90) lors d'un Game 7 d'une série palpitante. Et avec la manière puisque Kawhi Leonard a offert la qualification aux siens sur un game-winner tout simplement légendaire.

Joueur des Sixers à l'époque, Jimmy Butler se souvient très bien de cette action. Et lors d'un live sur le réseau social Instagram, la star du Miami Heat n'a pas manié la langue de bois au moment de revenir sur ce tir.

"Ma première réaction quand je vois le tir de Kawhi Leonard ? Fuck ! Le plus fou dans cette histoire, c'est que je me trouve sous le panier quand la balle arrive. Et immédiatement, je l'ai vu et je me suis dit : 'et merde, ça va finir dedans'. Est-ce que j'ai pleuré ? Hmm non", a ainsi lancé Jimmy Butler.

Jimmy Butler a probablement eu la même réaction que tous les fans de Philadelphia ! Il n'y avait tout simplement rien à faire devant l'exploit incroyable de Kawhi Leonard. Et malheureusement pour les Sixers, ce premier buzzer-beater de l'histoire d'un Game 7 restera donc dans la légende de la NBA. C'était une belle occasion de revenir sur ce panier historique... Retour.

 

Le shoot de Kawhi Leonard en images

 

Kawhi Leonard : "une bénédiction"

Auteur de playoffs absolument exceptionnels statistiquement et en termes de leadership technique, "The Klaw" a qualifié son équipe pour la finale de Conférence contre les Milwaukee Bucks dans les ultimes secondes du game 7 contre Philadelphie. Pour parachever un chef d'oeuvre à 41 points et éviter une prolongation à l'issue incertaine, Kawhi Leonard a justifié les comparaisons avec les plus grands de ce sport qui pleuvent depuis quelques semaines. Un tir plus clutch que clutch, au buzzer et malgré la présence de Joel Embiid, et le numéro 2 des Raptors pouvait attendre, accroupi, la langue tirée, de voir son ballon entrer après avoir rebondi quatre fois sur le cercle. Un moment suspendu et interminable. Jamais un game 7 ne s'était décidé au buzzer dans l'histoire des playoffs.

Derrière, preuve que le garçon a un peu fendu la carapace depuis son arrivée au Canada, Kawhi exultait à sa manière, sortant de sa poker face habituelle pour être rapidement enseveli par ses coéquipiers en délire. En se relevant, Leonard haranguait Danny Green, le compagnon que Gregg Popovich a choisi de mettre dans sa valise lorsqu'il s'est résigné à laisser partir sa pépite.

Evidemment, l'ancien protégé de Pop avait retrouvé son calme après la tempête de bonheur qui a envahi la Scotiabank Arena. Ses propos, pourtant emprunts de satisfaction et d'émotion, n'étaient pas forcément en adéquation avec son visage, qui indiquait lui qu'il ne s'agissait que d'une partie du boulot et qu'il restait deux séries à gagner avant que sa mission ne prenne fin...

"C'était super. Un game 7 et un panier de la gagne, c'est quelque chose que je n'avais jamais connu auparavant. C'est une bénédiction d'avoir pu en arriver là. Et d'avoir mis ce panier à cet instant...

Je savais qu'il me fallait essayer de créer un peu d'espace plutôt que de simplement faire du catch and shoot. J'ai fini par trouver ce spot. Je l'aime et sur lequel j'ai travaillé. Il me fallait juste shooter très haut ensuite".

Le ballon a rebondi quatre fois sur le cercle avant de rentrer, qualifiant du même coup les Toronto Raptors pour les finales de Conférence.

 

Kawhi Leonard Kyle Lowry

 

Kawhi Leonard a fait des Raptors une équipe de « tueurs »

« Je n’ai pas peur des grands moments. Je les apprécie. » Kawhi Leonard, dont les expressions du visage sont souvent inexistantes, a tout du tueur calme, au sang-froid, rarement paniqué pour ne pas dire jamais. Tout le contraire des Toronto Raptors depuis des années. La franchise de l’Ontario s’est forgé une réputation d’équipe très solide, parfois même plus que ça. Pendant la saison régulière, les Dinos sont terrifiants. Mais ils ont pris la coutume de ranger leurs griffes dès que les playoffs démarrent. Plus maintenant. Plus depuis que la meute a remporté un titre NBA en 2019 et même si l’ancienne superstar des San Antonio Spurs les a malheureusement quitté depuis.

Lorsqu'il est arrivé dans le grand froid du Canada, Leonard a transmis une partie de son ADN de cyborg à tous ses coéquipiers. Il les a guidé. Et ils ont formé une armada capable de gagner d’octobre à juin. Même dans les moments cruciaux. Le 12 mai 2019, les Raptors ont gagné le match le plus important de leur Histoire. Le genre de rencontres qu’ils ne finissaient jamais par remporter avant, de ce fameux Game 7 contre les Philadelphia Sixers en 2001 – avec une dernière tentative au buzzer ratée par Vince Carter – à tous les duels contre les Cleveland Cavaliers de LeBron James plus récemment.

Mais là, ils l’ont fait. Avec les tripes. Au courage. Un trait de caractère que l’on ne connaissait pas encore à ce groupe. Pas avant le transfert de Kawhi Leonard. Ce dernier a évidemment été au cœur de la victoire décrochée quelques jours plus tard (105-99) lors du Game 5 contre Milwaukee. Il a inscrit 35 points, dont 15 dans le dernier quart temps. Plus aucun souci de la douleur à la jambe qui le faisait boiter lors de ses deux sorties précédentes. Il semblait opérationnel. Tranchant dans les minutes clés de la partie. Comme lorsqu’il a enchaîné deux paniers à trois-points consécutifs puis deux lancers pour mettre son équipe au contrôle en fin de rencontre.

Parce que les Raptors ont cavalé après le score pendant quasiment tout le match avant ce passage héroïque. Ils ont vite été dans le trou, avec 14 points de retard dans le premier quart temps. Il fut un temps où ils auraient baissé les bras. Mais plus maintenant. Pas avec Leonard pour les porter. Ils ont gagné le match le plus important de leur Histoire et, ils s’apprêtaient à disputer le… match le plus important de leur Histoire. Ce Game 6, à domicile. Avec pour enjeu une place pour leurs premières finales.

Toronto Raptors

On connait la suite de l'histoire. Toronto remporte la série haut la main et enchaine quelques jours plus tard sur des Warriors défigurés par les blessures. Les Raptors décrochent alors leur premier titre de l'histoire. Mais, plus qu'un titre, la franchise a gagné le respect de toute la NBA. Un respect qui, même sans son immense star, est resté cette saison.

Avant le break lié à l'épidémie de COVID-19, les Raptors affichaient un bilan de 46-18. Ils sont actuellement 2e de la conférence Est derrière les Bucks. Sans Leonard, ils ont poursuivi sur leur lancée cette année, portés par leur nouvelle philosophie... de guerriers et de winners. Laurent Sciarra disait qu'il n'était pas possible de transformer les dauphins en requins. Et bien peut-être que si. Avec le bon patron. Avec Kawhi Leonard. Dorénavant, c'est certainement cette même transformation qu'espèrent les Clippers...

 

Anecdote : Serge Ibaka aurait pu tout gâcher

4.2 secondes. Game 7 entre Toronto et Philadelphie et égalité parfaite au score, 90-90. Kawhi Leonard s'empare du ballon dans l'axe, se dirige sur sa droite pour finir dans le corner. Il lève son ballon de manière presque exagérée pour éviter Joel Embiid. Mais Kawhi est court... sauf que la capricieuse balle rebondit une deuxième fois sur le devant du cercle avant de partir vers l'arrière. Deux rebonds plus tard, Leonard devient le premier joueur de l'histoire à rentrer un buzzer beater dans un game 7.

Tout le monde s'attarde sur la scène de liesse et les innombrables ralentis proposés par TNT. Pourtant, au moment où toute la planète basket attend le dénouement de ce tir, des hommes attendent sous le cercle. Serge Ibaka est l'un d'entre eux. Le congolais est même le mieux placé et il a failli commettre l'irréparable.

"Je ne pensais pas qu'il allait rentrer. J'étais sous le panier à la lutte au rebond. La balle était en train de rebondir et j'étais tout proche d'y aller pour le toucher.

Dieu merci, je n'y suis pas allé parce que j'aurais fait un goaltending. Ça aurait été terrible. J'aurais pris ma retraite si c'était arrivé", a-t-il confié.

Sur la vidéo, on le voit effectivement, à un moment, hésiter à sauter. De plus, Serge Ibaka aurait touché le ballon alors que le chrono était écoulé, ce qui aurait envoyé tout le monde en prolongation.

 

L'hommage des Toronto Raptors pour Leonard

Les Toronto Raptors ont mis le paquet pour le grand retour de Kawhi Leonard dans l'Ontario il y a quelques mois. Ils lui ont diffusé une vidéo sur l'écran géant, classique, mais ont aussi reproduit en live - avec le son des commentateurs et les pas retraçant l'action sur le parquet - le buzzer beater de la superstar lors du Game 7 des demi-finales de Conférence contre les Philadelphia Sixers.

Les Raptors lui ont offert sa bague de champion. Tous ses coéquipiers sacrés à ses côtés étaient présents. Le tout sous les applaudissements des fans qui ont accueilli leur ancien héros avec des "MVP, MVP".

"Je peux vous dire qu'il a vraiment apprécié cette ovation. Je trouve que ce que les Raptors ont fait, la façon dont les joueurs sont venus, avec leur vidéo, c'est le plus bel hommage que j'ai vu en NBA. Très classe de la part de l'organisation", notait Doc Rivers après coup.

Kawhi Leonard a été touché par le geste des fans et de la franchise, qu'il a aussi remercié. Il a ensuite mené les Los Angeles Clippers à la victoire (112-92).

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