Miami contrôle la zone

Miami contrôle la zone

Dominateur à chaque fois qu’il passe en défense de zone, le Miami Heat a trouvé une tactique pour perturber les Boston Celtics.

Antoine PimmelPar Antoine Pimmel | Publié  | BasketSession.com / MAGAZINES / Analyse

Ce qui se passe à Miami fut un temps illégal. On ne parle pas du trafic depuis la Colombie, ni même des magouilles de Pat Riley ou du business façon Starbucks de luxe lancé par Jimmy Butler dans la bulle. Mais bien de la défense de zone, un temps interdite en NBA. Jusqu’en 2001. Même autorisée aujourd’hui, elle ne séduit pas vraiment les coaches. Erik Spoelstra est de loin celui qui se reposait le plus dessus pendant la saison régulière. Et ça dans un but bien précis. Exposé sous nos yeux lors cette série entre le Heat et les Celtics.

L’équipe floridienne décrochait sa deuxième victoire de suite contre Boston hier soir (106-101). Encore une fois après avoir compté une dizaine de points de retard en première mi-temps. Parmi les principaux facteurs du succès, on retrouve le sang-froid de Goran Dragic ou l’énergie de Bam Adebayo. Mais aussi donc cette fameuse défense de zone. Les Boston Celtics ont complètement buté sur le mur mobile mis en place par Spo’ et ses troupes.

Comment Bam Adebayo a encore fait la différence pour le Heat

Une zone pour les contrôler tous

Seulement 41 points inscrits par Kemba Walker et ses coéquipiers au retour des vestiaires, contre 60 avant la pause. Une attaque qui stagne et une équipe qui fait mollement tourner le ballon sans trouver de solution. Après avoir défendu en zone sur 16 possessions dans le Game 1, le Heat a doublé la mise en passant à 32 sur le Game 2. Essentiellement en deuxième période. De quoi chambouler totalement les scoreurs adverses, à l’image d’un Jayson Tatum perdu sur le parquet. Seulement 5 paniers marqués par les Celtics sur les 25 possessions jouées dans cette situation dans les troisièmes et quatrièmes quart temps hier. Depuis le début des finales de Conférence, Miami n’a donc concédé que 41 points en 48 actions lorsque l’équipe défendait en zone. Efficace.

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« C’est une zone très difficile à attaquer », avouait Brad Stevens, le coach des Celtics, même s’il ne veut pas en faire le cœur du problème pour ses joueurs.

Le Heat s’appuie sur un défense « 2-3 » avec deux extérieurs devant et trois joueurs derrière pour empêcher l’accès à la raquette. Un schéma qui permet notamment à Goran Dragic ou Tyler Herro d’être moins exposés dans les duels. Ces gars-là peuvent alors avoir leur impact habituel en attaque sans le faire payer à leur formation de l’autre côté du parquet. Pour briser cette zone, l’équipe adverse est censée faire circuler la balle pour trouver des tirs ouverts. Les Celtics n’ont inscrit que 4 paniers à trois-points (en 14 tentatives) en deuxième période cette nuit. Bien trop peu pour gagner. Leur manque de purs snipers se fait ressentir et c’est sans doute pour ça que les coaches de Miami relancent ce système défensif après l’avoir laissé de côté lors des deux premiers tours de playoffs.

Le Heat, un groupe tellement spécial

NBA MIAMI HEAT WINS

Mais au-delà de la théorie, ce qui rend cette zone si délicate à manœuvrer dans la pratique, ce sont justement les atouts particuliers du Heat. Déjà, une star comme Jimmy Butler. Un athlète redoutable, costaud, véloce, avec des longs bras, toujours prêt à faire les efforts. Faire tourner la balle pour trouver la faille, c’est bien. Mais ça ne sert à rien quand un défenseur comme Butler recouvre sur chaque action comme si sa vie en dépendait. Ce n’est pas une zone statique à Miami. C’est actif. Engagé. Concentré. Ce sont les longs centimètres de Derrick Jones Jr, la hargne de Jae Crowder ou la science d’Andre Iguodala. Puis c’est aussi un vrai collectif soudé.

« Nous sommes tous reliés les uns aux autres [avec cette défense] », explique Bam Adebayo. « Il faut communiquer. Et c’est ça qu’on adore, ça nous force à se parler. On fait le boulot. »

Très proches les uns des autres, les joueurs du Heat se battent pour leur pote sur le terrain. Ça peut sembler un brin romantique mais ça fait vraiment la différence. C’est ça, la zone. De l’envie, de la communication. Il n’y a pas que la défense individuelle qui pousse les individus à se dépasser et à s’arracher.

Tant que les Floridiens ont du jus, ce schéma peut faire mal. Et les Boston Celtics vont vite devoir y trouver une réponse. Ils ne peuvent pas se permettre de prendre un trou d’air à chaque fois que Jimmy Butler et ses coéquipiers changent de tactique. Il y a déjà 2-0. Ce n’est pas fini, évidemment. Mais pour l’instant, Miami contrôle la zone. Et son destin avec.

Miami Heat Zone Defense : une analyse vidéo pour aller plus loin

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