Preview NBA : 11e – Los Angeles Clippers, « Dodgeball »

Alexis RabutéPar Alexis Rabuté Publié

Les Los Angeles Clippers sont orphelins de Chris Paul. Malgré tout, ils ont réussi à constituer un groupe de soldats plutôt solides.

Le film de leur saison : « Dodgeball »

La maison Clippers est en danger cette saison. Après plusieurs campagnes plutôt bonnes (malgré des regrets), Los Angeles doit faire face à une concurrence accrue à l’Ouest. Si tout le monde les enterrait au départ de Chris Paul (et même de JJ Redick), force est de constater qu’ils ont limité la casse.

Prolongé, Blake Griffin va enfin avoir l’occasion d’être le leader de son équipe. De plus, il ne devrait pas être si mal entouré avec les arrivées de Danilo Gallinari, Patrick Beverley, Sam Dekker, Milos Teodosic etc.. Pas de candidats au All-Star Game mais des valeurs sûres qui vont produire immédiatement.

Surtout, la franchise a enfin enlevé du pouvoir à Doc Rivers. Ce dernier reste le coach de l’équipe mais il n’occupe plus cette double casquette de dirigeant. À sa place, les Clippers ont nommé la légende Jerry West. Un vrai patron, à l’origine de nombreuses dynasties. Le genre de gars qui peut aussi pousser un coup de gueule dans le vestiaire et endurcir ce groupe souvent fragile mentalement.

À l’Ouest, tout le monde attend davantage les Rockets de Chris Paul, le Ben Stiller moderne. Petit, hargneux, ambitieux et épaulé de nouveaux lieutenants, il doit faire régner la loi pour aller chercher son premier titre.

De leur côté, la saison des Clippers est assez mystérieuse. Pas assez forte pour aller jouer le titre, l’équipe a tout de même son mot à dire. L’objectif principal ? Tenir tête à ce Paul qui veut leur peau. D’ailleurs, on a hâte d’assister aux retrouvailles entre CP3 et son ancienne équipe.

C’est l’heure pour Griffin de montrer qu’il est armé pour être le leader d’une équipe. Ça peut paraître fou sur le papier mais il ne faut pas oublier le monstre qu’il était il y a deux ans, avant d’être freiné par les blessures..

En cas d’échec, beaucoup de choses pourraient vraiment bouger. Griffin semble verrouillé pour un moment. C’est moins le cas d’un Doc Rivers de plus en plus en retrait et qui n’aura plus Chris Paul pour lui créer un plan de jeu.

Le casting

Le cinq attendu : Patrick Beverley - Austin Rivers - Danilo Gallinari - Blake Griffin - DeAndre Jordan

En terme de frontcourt, peu de franchises peuvent se vanter d’avoir autant de talent. On sait déjà que le duo Griffin-Jordan fonctionne parfaitement. Si son physique le laisse tranquille et qu’il arrête de lever la main sur n’importe qui, Gallinari est un ailier qui assure aisément une vingtaine de points par match.

Le backcourt risque d’être le révélateur du coaching de Doc Rivers. Milos Teodosic semble trop juste en défense pour démarrer, ce qui laisse le champ libre à Patrick Beverley. Doc devrait encore faire confiance à son fils en 2, après ses (légers) progrès la saison dernière.

En sortie de banc, Sam Dekker pourrait avoir un rôle majeur et poursuivre sa progression. Dans une moindre mesure, le très intense Montrezl Harrell a tout de la bête physique qui pourrait s’éclater aux côtés de Teodosic.

Le scénario

L’irrégularité est certainement ce qui définit le mieux l’ADN des Clippers. Cette franchise a toujours été imprévisible, elle ne va pas changer en un été. Parfois, elle nous donnera envie de croire en elle. À d’autres moments, elle se retrouvera affaiblie par des blessures et ira perdre à Orlando.

Malgré tout, cela reste quand même un effectif de qualité. Il y a très peu de jeunes, les joueurs confirmés vont permettre un certain équilibre en terme de bilan. Sans trop de difficulté, on devrait les retrouver dans le top 8 en fin de saison. Après, une fois en playoffs, on refuse de miser quoique ce soit sur eux. C’est la règle d’or avec cette franchise.

L’acteur à suivre : Milos Teodosic

On aurait préféré le voir débarquer en NBA il y a deux ou trois ans mais ne faisons pas les fines bouches. Milos Teodosic, l’un des meilleurs meneurs de jeu européens depuis près d’une décennie, pose ses valises à Los Angeles.

Son physique et son manque de dureté en défense font qu’il ne devrait pas jouer un rôle majeur aux Clippers. Surtout connaissant l’amour très relatif de Doc Rivers pour les joueurs européens.. Malgré cela, vu la concurrence à son poste, il va avoir sa chance.

Pour remplacer le jeu de passe de Chris Paul à Lob City, on pouvait difficilement espérer mieux. Il a commencé à le montrer en pré-saison, Teodosic est entouré d’athlètes qu’il va parfaitement servir. Il devrait y avoir quelques arceaux qui vont souffrir cette saison.

La note League Pass

7/10. Les Clippers ont perdu Chris Paul mais l’esprit Lob City va perdurer. Teodosic va envoyer des alley-oops dans tous les sens. Jordan, Griffin, Harrell et même Dekker : les machines à highlights ne manquent pas. De plus, Gallinari est l’un des ailiers les plus élégants de la ligue.

Par contre, cette note peut vite baisser si Doc Rivers boycotte le Serbe et file tous les ballons à son fils Austin. On en rigole mais il y a un vrai risque que ça arrive..

Le saviez-vous

S’il n’a pas encore joué un match de saison régulière en NBA, Milos Teodosic jouit déjà d’une certaine réputation en NBA. Kevin Durant l’a affronté lors d’un match entre Team USA et la Serbie aux Jeux Olympiques de Rio. L’occasion de voir ce qu’il a lui-même qualifié comme la passe la plus incroyable qu’il n’ait jamais vu.