Le trade Houston-Phoenix : bravo Morey

Shaï MamouPar Shaï Mamou Publié

En récupérant Marquese Chriss notamment, tout en se débarrassant du contrat de Ryan Anderson, les Houston Rockets ont plutôt réussi leur coup.

C'était tellement calme ces dernières semaines qu'on en avait presque oublié qu'il était possible de faire des trades. Les Houston Rockets et les Phoenix Suns ont trompé la monotonie et pris tout le monde de court cette nuit. Alors que le contrat de Ryan Anderson était une vraie épine dans le pied des Rockets en termes de flexibilité, Daryl Morey a pris son temps mais a parfaitement géré l'affaire. On disait le bail d'Anderson impossible à trader ou presque, avec deux ans de contrat grassement payés. Non seulement Morey a trouvé preneur, mais il a aussi récupéré des atouts intéressants à défaut d'être cruciaux dans la conquête du titre.

Everybody (won't) hate Chriss

L'atout majeur dans la transaction, c'est assurément Marquese Chriss. A Phoenix, le jeune intérieur a frustré beaucoup de monde. Ses qualités athlétiques ont sauté aux yeux. Son flair défensif, nettement moins. Malgré de vraies qualités de contreur, des tentatives honnêtes de montrer qu'il pouvait être un peu "stretch" et des présences fréquentes dans le top 10, le constat des fans des Suns était le même : "mouais".

Earl Watson et Jay Triano ne lui ont pas toujours donné le temps de jeu qu'il aurait souhaité et c'était compréhensible. Trop de fautes, trop d'errements coupables bien qu'explicables par son inexpérience. A Houston, toutefois, l'histoire pourrait être différente. Le changement de culture, entre une équipe jeune et en transition, et un contender du niveau des Rockets, est énorme. Et cela pourrait se traduire par un vrai rôle pour Chriss.

En doublure sur les postes 4 et 5, le garçon a le profil pour aller capter les alley-oops de Chris Paul et James Harden, tout en étant une présence intérieure capable de libérer de l'espace pour les autres. Clint Capela est déjà ce pion fondamental pour Mike D'Antoni. Chris peut être cette doublure qui permettra au Suisse de souffler ou à D'Antoni.

Melton, bonne pioche pour Phoenix

Avec l'ancien de la fac de Washington, Houston a aussi récupéré Brandon Knight. Ce dernier, sorti des radars après des saisons moyennes puis des blessures, n'aura que des miettes dans un premier temps. Le backcourt des Rockets compte déjà Chris Paul, James Harden, Eric Gordon et Michael Carter-Williams. C'est vraisemblablement avec l'ancien Rookie of the Year que Knight sera en concurrence. Plus scoreur et playmaker que "MCW", Knight a ses chances sur ce spot que devait occuper DeAnthony Melton.

Le rookie, très en vue durant la Summer League, était aussi là pour sa défense et son activité. On est du coup un peu moins fans de ce move. Néanmoins, un attaquant de plus ou de moins dans la fanfare texane, ça ne changera pas grand chose. Avec Melton, Phoenix récupère un prospect intéressant et un peu sous-coté. Pour le moment, Elie Okobo semble devoir accompagner Devin Booker au sein du backcourt. Mais Melton aura sa chance et davantage d'opportunités qu'à Houston.

Pour Ryan Anderson, l'affaire est mitigée. Voué à jouer encore moins qu'en fin de saison dernière, il va probablement changer de perspectives en Arizona. On ne sait pas encore ce qu'Igor Kokoskov a prévu pour lui. Son expérience ne sera pas de trop dans un roster où seuls Trevor Ariza et Tyson Chandler ont vécu des campagnes de playoffs au long cours. Anderson n'a que 30 ans. Qui plus est, son profil d'intérieur stretch est précieux en NBA aujourd'hui. Si Houston ne voulait plus de lui, c'est parce que ses 20 millions par an étaient disproportionnés par rapport à son (non) apport défensif. Phoenix pourrait lui trouver plus de valeur.

En somme, les Rockets n'ont pas réglé leurs problèmes défensifs avec ce move. Mais ils se sont fait du bien sur le plan salarial, tout en prenant un pari pas hyper risqué sur un jeune intérieur au profil intéressant.