Un putain de mur. La stratégie défensive de Mitch Johnson et des San Antonio Spurs sur ce premier match des finales de Conférence rappelle les plus grandes heures de Stan Van Gundy, quand le coach implorait alors ses joueurs à former « un putain de mur » pour fermer l’accès à la raquette à leurs adversaires. Toutes les équipes qui affrontent le Oklahoma City Thunder ont pour mission de verrouiller le chemin vers le cercle à Shai Gilgeous-Alexander, le lauréat du MVP lors des deux dernières saisons. Mais elles ne peuvent pas se targuer de le faire aussi bien que les éperons.
Question de personnel. La dernière pierre du mur texan est un alien de 2,24 mètres avec des bras tentaculaires et une énergie débordante. Sachant que le premier rideau, en l’occurrence souvent Stephon Castle, est un athlète suffisamment puissant et vif sur ses appuis pour ne pas décramponner à la moindre feinte de la superstar canadienne. Les Spurs ont fait front pour avoir constamment un corps en opposition entre « SGA » et le panier, de manière à le forcer à prendre des tirs contestés à mi-distance. Ils l’ont même des fois forcé à lâcher la gonfle le plus tôt possible dans la possession, un peu comme le faisaient les Los Angeles Lakers au tour précédent, en faisant prise-à-deux, même loin du cercle.
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Gilgeous-Alexander a bataillé pour mettre ses 24 points en prenant 23 tirs (7 paniers) et 9 lancers-francs (8 réussis) en 51 minutes. Il a délivré 12 passes décisives mais aussi perdu 4 ballons pour terminer avec un différentiel de -15 sur l’ensemble de la rencontre. Une nouvelle soirée difficile pour un joueur qui a conclu son troisième match des playoffs sous les 35% de réussite, soit autant que pendant l’intégralité de la saison régulière (68 matches disputés).
La stratégie des Spurs a payé. De justesse. Parce qu’il faut bien choisir son poison en cherchant en priorité à ralentir le meilleur joueur adverse. San Antonio a accepté de vivre avec l’idée que plusieurs « role players » d’Oklahoma City seraient grands ouverts à trois-points. En commençant par Alex Caruso.
Mark Daigneault s’est vite tourné vers son vétéran lundi soir. Moins de cinq minutes après l’entre-deux, il rappelait Isaiah Hartenstein sur le banc en optant pour un cinq majeur plus mobile dans l’espoir d’étirer les lignes et de créer des espaces ses stars. Mais Caruso a été tout bonnement ignoré par la défense. Même après avoir rentré deux de ses trois premières tentatives derrière l’arc.
Deux, trois puis quatre, cinq, six. La pluie s’est abattue toute la soirée sur les Spurs quand le « divin chauve » dégainait de loin. Ses 31 points ont bien failli faire la différence. Parce qu’il a claqué huit paniers primés au final ! Comme un symbole, c’est lui qui a donné l’un des rares avantages au Thunder au tableau d’affichage sur un nouveau tir extérieur en fin de partie (95-94). Il aurait été le héros de la soirée si les champions avaient finalement réussi le hold-up.
Mais Alex Caruso peut-il reproduire ce genre de performances ? Et si oui, combien de fois ? Shai Gilgeous-Alexander ne sera pas toujours aussi maladroit et le staff va trouver des ajustements pour donner d’autres options. Les Spurs, eux, sont bien partis pour continuer à laisser les Caruso, Luguentz Dort, Cason Wallace et compagnie seuls à trois-points en leur tendant le bâton pour se faire battre. Il appartient aux joueurs de devoir d’Oklahoma City de leur donner tort.
