Pendant une bonne partie de cette finale de conférence, le scénario semblait écrit à l'avance. Quand Victor Wembanyama dominait, les Spurs avaient une chance. Quand il soufflait sur le banc, Oklahoma City reprenait généralement le contrôle. C'était l'une des constantes de la série. Puis le Game 6 est arrivé.
Victor Wembanyama a évidemment donné le ton avec une première mi-temps monstrueuse, mais le véritable tournant de la rencontre est peut-être venu d'ailleurs. Il est venu d'un rookie qui, en quelques séquences, a complètement changé l'équilibre du match et offert à San Antonio ce qui lui manquait depuis plusieurs rencontres : une deuxième source de création capable de survivre à la pression du Thunder.
Le problème que les Spurs n'arrivaient plus à résoudre
Depuis le début de cette série, Oklahoma City avait trouvé une formule relativement simple lorsqu'il s'agissait de défendre sur les lignes arrière texanes. La pression exercée sur les porteurs de balle compliquait énormément la vie de San Antonio. Stephon Castle avait parfois souffert face à cette agressivité. Les Spurs perdaient davantage de ballons. Les minutes sans Wembanyama devenaient plus compliquées. Et lorsque le Français quittait le terrain, l'impression générale était souvent la même : l'attaque perdait soudainement son point d'ancrage.
Durant certains matchs de cette série, Mitch Johnson avait même été contraint de remettre Wembanyama sur le parquet plus tôt que prévu parce que l'équipe peinait à survivre sans lui. Jeudi soir, pour la première fois depuis longtemps, cette dynamique s'est inversée. Au moment où Wembanyama est allé se reposer, les Spurs n'ont pas seulement tenu le choc. Ils ont accentué leur domination. Une partie du fameux run qui a enterré le Thunder s'est même produite alors que le Français regardait le match depuis le banc.
Et c'est là que Dylan Harper entre en scène.
Un profil que le Thunder n'arrive pas à contrôler
Ce qui frappe avec Harper, ce n'est pas seulement sa production statistique. C'est la manière dont il produit. Face à Oklahoma City, il semble beaucoup moins affecté par la pression défensive que la plupart des jeunes arrières. Son gabarit lui permet d'absorber les contacts. Son handle lui permet de conserver son dribble dans des espaces réduits. Et lorsqu'il attaque le cercle, il oblige constamment la défense à réagir.
Lorsqu'Harper joue avec confiance, il est probablement le joueur des Spurs qui subit le moins la pression défensive exercée par OKC sur les lignes arrière. Ce n'est pas un détail. Parce que toute la défense du Thunder repose sur sa capacité à étouffer les créateurs adverses, provoquer des pertes de balle et empêcher les attaques de se mettre en place. Or Harper a précisément fait l'inverse. Il a cassé cette mécanique. À plusieurs reprises, il a attaqué le premier rideau, créé du mouvement, généré des décalages et permis à San Antonio de conserver son agressivité même sans Wembanyama.
Victor Wembanyama, un match de patron
Plus impressionnant encore : sa maturité
Le plus étonnant n'est peut-être même pas son niveau de jeu. Le plus étonnant, c'est son comportement. Le match précédent avait été très compliqué. Son tir extérieur avait souffert. Sa confiance semblait avoir été touchée. Certains pouvaient même se demander si sa blessure n'était pas plus gênante que prévu. Puis, dès les premières minutes du Game 6, Harper est revenu comme si rien ne s'était passé.
Après un premier tir raté, il a continué à jouer exactement de la même façon. Il a attaqué. Il a pris ses responsabilités. Il a défendu. Il a joué avec une sérénité déconcertante pour un joueur aussi peu expérimenté. C'est d'ailleurs l'un des enseignements de ce match. Dylan Harper a cette sa capacité à enchaîner une erreur et une bonne action sans jamais sortir mentalement du match. Une qualité que l'on associe généralement aux vétérans.
Le symbole de la profondeur des Spurs
Au fond, l'histoire de ce Game 6 dépasse même le cas Harper. Parce que cette performance raconte quelque chose de plus large sur San Antonio. Toute la saison, les discussions ont tourné autour de Wembanyama. Et c'est logique. Il est la superstar de l'équipe. Il reste le principal facteur de victoire. Mais cette finale de conférence montre que les Spurs possèdent désormais bien plus que cela.
Castle progresse à une vitesse impressionnante. Julian Champagnie attaque désormais des défenseurs d'élite avec une confiance inattendue. Devin Vassell apporte de l'impact dans tous les secteurs du jeu. Et lorsque Harper joue à ce niveau, San Antonio dispose soudainement d'une profondeur que peu d'équipes peuvent égaler.
Wembanyama a été le visage de la victoire dans ce Game 6. Mais celui qui a véritablement changé l'équation de la série pourrait bien être Dylan Harper. Parce que lorsque le rookie joue à ce niveau, les Spurs ne dépendent plus uniquement de leur phénomène français. Et c'est précisément ce qui rend cette équipe beaucoup plus dangereuse à l'approche du Game 7.
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