Deux ans après leur finale olympique mémorable face aux États-Unis, les Bleues retrouvent une grande compétition mondiale avec des ambitions très élevées. La Coupe du monde 2026 débute ce vendredi à Berlin et la France ouvrira son tournoi à 21 heures face à la Hongrie. Sur le papier, les joueuses de Jean-Aimé Toupane sont nettement favorites. Mais ce premier match devrait déjà apporter quelques réponses intéressantes sur une équipe qui a énormément de talent… et quasiment pas eu le temps de travailler au complet.
Le format renforce d’ailleurs l’importance de cette phase de groupes. Le premier du groupe B rejoindra directement les quarts de finale, alors que les deuxième et troisième devront passer par un match de barrage. Avec la Hongrie, la Corée du Sud et le Nigeria au programme, les Bleues ont donc toutes les cartes en main pour s’éviter une rencontre couperet supplémentaire.
La première mission : retrouver des automatismes
C’est probablement le premier élément à observer. Huit des douze Françaises sélectionnées évoluent en WNBA et n’ont rejoint leurs partenaires à Berlin qu’entre le 29 et le 31 août. Dominique Malonga, dernière arrivée, n’a retrouvé le groupe que lundi. Les Bleues ont disputé un match d’entraînement à huis clos contre la Chine mardi, puis essentiellement travaillé sur les derniers ajustements avant le début du tournoi. Autrement dit, le temps consacré au cinq-contre-cinq avec l’effectif définitif a été extrêmement limité.
Gabby Williams capitaine : l’histoire est belle, la mission immense
Cela ne devrait pas empêcher la France de battre la Hongrie, mais la manière sera instructive. Il faudra notamment observer la circulation du ballon, les connexions offensives et la façon dont Toupane distribue les responsabilités entre Gabby Williams, Marine Johannès, Leïla Lacan, Pauline Astier et Carla Leite. Cette dernière va d’ailleurs découvrir une grande compétition avec seulement quatre sélections au compteur.
La profondeur française devrait permettre de maintenir une intensité défensive très élevée et de courir dès que possible. C’est probablement là que l’écart peut se créer : transformer les pertes de balle hongroises en jeu rapide, multiplier les changements défensifs et éviter que la rencontre ne s’installe dans un basket de demi-terrain confortable pour l’adversaire.
Dorka Juhasz, premier gros test pour Malonga
Le danger hongrois est parfaitement identifié. Dorka Juhasz sort d’un remarquable tournoi de qualification à Istanbul, où elle a compilé 18 points, 9 rebonds et 1 contre de moyenne. Elle avait notamment inscrit 35 points contre le Japon puis 24 contre la Turquie dans le match qui a permis à la Hongrie de valider son retour à la Coupe du monde, 28 ans après sa dernière participation.
À 1,92 m, Juhasz est suffisamment puissante pour jouer près du cercle, mais également assez mobile et adroite pour sortir de la raquette. C’est ce qui rend son duel avec Malonga particulièrement intéressant. La Française possède des qualités athlétiques extraordinaires, mais elle devra éviter les fautes rapides face à une intérieure beaucoup plus expérimentée.
La Hongrie ne se limite pas pour autant à sa star. Virág Takács-Kiss avait elle aussi tourné à 9,6 points et 9 rebonds lors du tournoi qualificatif, tandis que Réka Lelik apportait 5,8 passes par match. Réka Dombai, Debora Dubei ou Yvonne Turner donnent également à cette équipe suffisamment de création et de tir extérieur pour sanctionner une défense française trop approximative.
L'une des clés sera donc la capacité des Bleues à couper la relation entre Juhasz et les créatrices hongroises plutôt que de simplement chercher à contenir l’intérieure en un-contre-un.
Malonga, Johannès, Leite… plusieurs curiosités dès le premier soir
Ce match devrait également donner une première indication de la hiérarchie choisie par Jean-Aimé Toupane. Malonga sera forcément très attendue après un tournoi de qualification où elle avait tourné à 14,5 points et 6 rebonds. Janelle Salaün avait été encore plus productive avec 16,7 points par rencontre, pendant que Johannès et Lacan distribuaient chacune 4,6 passes.
Il faudra également voir comment la France compense l’absence d’Iliana Rupert dans les douze retenues. Malonga, Marième Badiane et Aminata Gueye constituent le secteur intérieur, avec la possibilité d’utiliser Valériane Ayayi ou Salaün sur des configurations plus petites et rapides.
Enfin, l’une des grandes curiosités sera le partage des minutes à la mène. Astier et Lacan connaissent déjà parfaitement le système, alors que Leite apporte un profil de création différent et arrive après une saison WNBA qui a accéléré son développement. Dans une rencontre où la France devrait disposer d’une marge, Toupane pourrait rapidement tester plusieurs associations.
La Hongrie est un adversaire suffisamment sérieux pour obliger les Bleues à être concentrées sans représenter, normalement, un danger comparable aux principales candidates au titre. C’est presque le scénario idéal pour débuter. La France reste d’ailleurs sur 14 victoires consécutives face aux Hongroises, dont un succès 82-68 lors du match pour la troisième place de l’Euro 2023.
L’enjeu ne sera donc pas uniquement de gagner. Il sera de voir à quelle vitesse cette équipe peut retrouver ses automatismes, quelle rotation se dessine et si son énorme potentiel défensif peut immédiatement servir de moteur à son attaque. À moins de dix jours d’une éventuelle finale mondiale, les Bleues n’ont de toute façon pas beaucoup de temps pour se chercher.
Hongrie-France, vendredi 4 septembre à 21h à Berlin. Match diffusé sur TFX et beIN Sports 2.
