La prochaine saison NBA est encore loin. La date exacte de l’Opening Night n’a même pas encore été annoncée et il faudra patienter un peu plus de trois mois avant de retrouver les 30 franchises sur les parquets. Pourtant, l’impatience est déjà bien présente. Certains effectifs donnent immédiatement envie de se brancher sur le League Pass pour découvrir ce que leurs nouvelles associations, leurs jeunes talents ou leurs paris risqués peuvent produire.
Cela ne signifie absolument pas que ces équipes seront les meilleures de la ligue, ni même qu’elles répondront aux attentes. Certaines pourraient aussi rapidement tourner au fiasco. Mais, à quelques mois de la reprise, ce sont celles qui attisent le plus notre curiosité. Voici les cinq équipes que nous avons le plus hâte de voir jouer en 2026-2027, et les raisons pour lesquelles elles nous excitent déjà.
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Philadelphia Sixers : Jaylen Brown derrière les lignes ennemies
Il aurait été difficile d’imaginer un contexte plus électrique pour Jaylen Brown. Après avoir passé dix saisons à Boston et remporté un titre sous le maillot des Celtics, le voilà envoyé à Philadelphie en échange de Paul George et de plusieurs choix de Draft. Chez le rival historique. Dans l’équipe qui vient justement d’éliminer Boston dès le premier tour des playoffs.
Une saison de Brown à Philadelphie aurait déjà été fascinante pour sa seule dimension émotionnelle. Il faudra observer chacune de ses retrouvailles avec les Celtics, son comportement dans son nouveau vestiaire et la manière dont il utilisera la colère ou la frustration née de ce transfert. Le Brown revanchard des grands rendez-vous a toujours été l’un des joueurs les plus intenses de la ligue. Cette fois, son ancienne franchise lui a directement fourni une cible.
Mais les Sixers ne sont évidemment pas intéressants uniquement pour cette histoire de vengeance. Leur nouvelle association de talents est aussi intrigante que potentiellement dévastatrice. Tyrese Maxey est devenu un attaquant spectaculaire, capable de changer de rythme, de sanctionner de très loin et de faire exploser une défense en quelques accélérations. Joel Embiid, lorsqu’il peut évoluer dans des conditions physiques correctes, reste l’un des joueurs les plus dominants de la ligue.
Brown leur apporte de la puissance, de la défense, de la polyvalence et une capacité à attaquer le cercle qui devrait permettre à Philadelphie de moins dépendre des exploits individuels de Maxey ou d’Embiid. Sur le papier, les qualités des trois joueurs semblent complémentaires. Dans les faits, il faudra tout de même partager le ballon entre trois stars qui aiment créer leurs propres tirs et occuper une place importante dans l’attaque.
C’est précisément ce qui rend cette équipe aussi excitante. Les Sixers peuvent devenir une formidable machine, capable de dominer physiquement et offensivement la conférence Est. Ils peuvent également retomber dans leurs vieux travers, être continuellement perturbés par la santé d’Embiid et peiner à trouver un équilibre collectif. Personne ne sait vraiment ce que cette expérience va donner. Mais tout le monde aura envie de regarder.
San Antonio Spurs : jusqu’où peut monter Victor Wembanyama ?
La question n’est plus de savoir si les San Antonio Spurs sont en avance sur leur calendrier. Ils viennent d’atteindre les Finales NBA et ne peuvent donc plus se cacher derrière leur jeunesse. La véritable interrogation est désormais plus vertigineuse : jusqu’où peut progresser une équipe déjà finaliste alors que ses joueurs les plus importants sont encore loin de leur apogée ?
Victor Wembanyama a été élu meilleur défenseur de la saison et s’est déjà installé parmi les joueurs les plus dominants de la planète. Pourtant, à seulement 22 ans, son jeu n’a toujours pas trouvé sa forme définitive. Davantage de création balle en main, un tir extérieur plus constant, une meilleure lecture des prises à deux, une domination physique croissante… Chaque nouvelle saison du Français reste une exploration.
Il est déjà capable de prendre le contrôle d’une rencontre en défense, de marquer dans toutes les zones et de produire des séquences que personne d’autre ne peut reproduire. Mais il donne encore l’impression de ne pas avoir atteint la moitié de ce qu’il pourrait devenir. C’est assez terrifiant pour le reste de la NBA et extrêmement excitant pour tous ceux qui aiment voir apparaître quelque chose de nouveau.
Wembanyama n’est pas le seul motif d’impatience. Stephon Castle et Dylan Harper ont parfois joué comme des vétérans durant le parcours jusqu’aux Finales. Les deux jeunes arrières possèdent la taille, la puissance et la polyvalence nécessaires pour défendre plusieurs postes, attaquer le cercle et participer à la création. Leur association avec Wembanyama pourrait former l’une des structures les plus impressionnantes de la prochaine décennie.
San Antonio dispose également de De’Aaron Fox, d’un Devin Vassell toujours capable de prendre feu et de Keldon Johnson, élu meilleur sixième homme de la saison. L’effectif est déjà extrêmement compétitif, mais il n’est pas figé. Plusieurs hiérarchies restent à définir et le basket des Spurs peut encore évoluer dans différentes directions.
Harper ou Castle peut-il devenir la véritable deuxième star de l’équipe ? Fox est-il le parfait finisseur autour de Wembanyama ou finira-t-il par gêner le développement des jeunes arrières ? Le Français va-t-il simplement progresser ou effectuer l’un de ces bonds qui changent brutalement la hiérarchie de la ligue ?
Après une défaite en Finales, une jeune équipe peut hésiter, se tendre ou revenir transformée. Observer la réponse de San Antonio sera l’un des grands fils rouges de la saison.
Minnesota Timberwolves : LaMelo Ball et Anthony Edwards, ça donne quoi ?
Lors de la Draft 2020, les Timberwolves avaient préféré Anthony Edwards à LaMelo Ball avec le premier choix. Six ans plus tard, Minnesota n’a plus besoin de choisir : les deux joueurs évoluent désormais dans la même équipe.
Pour récupérer LaMelo, les Wolves ont notamment envoyé Naz Reid, un premier tour de Draft et plusieurs échanges de choix à Charlotte. Ils ont payé cher, mais ils ont enfin offert à Edwards le grand créateur extérieur qui semblait lui manquer.
Sur le seul plan du spectacle, l’association paraît presque injuste. Edwards est l’un des attaquants les plus explosifs de la ligue, capable de terminer au-dessus des intérieurs, de sanctionner à trois points et de transformer un match en duel personnel. LaMelo voit des passes que très peu de meneurs osent seulement tenter. Il joue vite, loin du cercle et avec une imagination permanente.
Le meneur doit permettre à Edwards de recevoir davantage le ballon en mouvement, plutôt que de devoir systématiquement fabriquer l’intégralité de ses possessions. De son côté, LaMelo n’a encore jamais évolué avec un partenaire extérieur aussi puissant, aussi athlétique et capable d’attirer autant de défenseurs.
Il suffit d’imaginer leurs premières contre-attaques pour comprendre l’intérêt du projet : Ball récupérant le ballon et lançant Edwards vers le cercle avant même que la défense ait eu le temps de se replacer. Ant courant vers le alley-oop pendant que le public comprend une seconde avant tout le monde ce qui va se produire.
Autour d’eux, Minnesota conserve des garanties défensives avec Rudy Gobert et Jaden McDaniels. Ayo Dosunmu doit également apporter de l’équilibre dans les lignes arrière. Les Wolves ont donc la possibilité d’associer un basket spectaculaire à une vraie solidité défensive.
Tout ne sera pas simple. Ball doit enfin enchaîner les matches, les Wolves ont sacrifié une partie importante de leur profondeur et leur duo vedette devra prouver qu’il peut défendre suffisamment pour survivre face aux meilleures équipes en playoffs. Mais avant même de parler de titre, Minnesota a probablement créé l’un des backcourts les plus difficiles à quitter des yeux.
Portland Trail Blazers : du talent, des revenants et un joyeux chaos
Les Portland Trail Blazers peuvent produire une excellente saison, une expérience totalement dysfonctionnelle ou quelque chose d’étrange situé entre les deux. C’est précisément ce qui les rend irrésistibles.
Leur principal pari se nomme Ja Morant. Portland l’a récupéré en envoyant Jerami Grant et Kris Murray à Memphis, sans céder le moindre choix de Draft. Sur le papier, acquérir à ce prix un meneur de 26 ans, deux fois All-Star, ressemble à une occasion impossible à refuser.
Dans la réalité, Morant n’a disputé que 79 rencontres lors des trois dernières saisons, entre blessures, suspensions et problèmes extrasportifs. Son arrivée constitue donc moins une garantie qu’une tentative de renaissance. Le meneur veut changer son image, repartir sur de nouvelles bases et rappeler qu’avant de devenir l’un des joueurs les plus controversés de la ligue, il était surtout l’un de ses phénomènes les plus spectaculaires.
À son meilleur niveau, Morant transforme chaque possession en menace. Il peut traverser le terrain en quelques secondes, décoller au-dessus des intérieurs et créer des paniers impossibles malgré son gabarit. Portland n’a pas seulement recruté un meneur. La franchise a ajouté un événement permanent.
Et comme si cette histoire ne suffisait pas, Damian Lillard doit lui aussi tenter de revenir après sa rupture du tendon d’Achille. La perspective d’un backcourt Morant-Lillard est aussi séduisante offensivement qu’inquiétante défensivement. Deux meneurs qui aiment contrôler le ballon, deux corps dont il faudra surveiller la résistance et deux stars qui cherchent à prouver qu’elles n’appartiennent pas encore au passé.
Portland ne se résume pourtant pas à ses anciens All-Stars. Deni Avdija a franchi un cap spectaculaire, Donovan Clingan s’installe comme un intérieur particulièrement prometteur, tandis que Shaedon Sharpe et Scoot Henderson ont encore besoin de responsabilités pour poursuivre leur développement. Jrue Holiday appartient également toujours à un secteur arrière devenu complètement encombré.
Comment les Blazers vont-ils répartir les responsabilités entre Morant, Lillard, Holiday, Scoot et Sharpe ? Portland accélérera-t-il avec Ja ou jouera-t-il davantage sur demi-terrain avec Dame ? Avdija conservera-t-il le rôle central qui lui a permis d’exploser ? Un ou plusieurs arrières seront-ils finalement transférés ?
Les Blazers sont sans doute l’équipe la plus imprévisible de cette liste. Ils sont aussi celle dont les premières semaines pourraient le plus facilement ressembler à une série télévisée.
Washington Wizards : le projet le plus étrange de la ligue
Les Wizards ont passé plusieurs années à perdre sans véritable direction. Ils débuteront désormais la saison avec Trae Young, Anthony Davis, le premier choix de la Draft AJ Dybantsa, Alex Sarr, Bilal Coulibaly et Tre Johnson. Oui, tout ce monde se trouve bien dans la même équipe.
Washington avait récupéré Young et Davis durant la saison, avant de remporter la loterie et de sélectionner Dybantsa avec le premier choix de la Draft. En quelques mois, la franchise est passée d’une reconstruction assez anonyme à l’un des effectifs les plus difficiles à définir de toute la NBA.
Le mélange est fascinant. Trae Young possède exactement les qualités de création capables de faciliter les débuts d’un jeune ailier. Sa capacité à manipuler les défenses, à trouver ses intérieurs et à attirer plusieurs adversaires loin du cercle doit offrir des situations favorables à Dybantsa.
Anthony Davis peut protéger le cercle, servir de partenaire de pick-and-roll à Young et absorber une partie de la pression défensive. Dybantsa, lui, arrive avec un physique déjà impressionnant, une véritable capacité à attaquer le panier et un potentiel évident de scoreur principal.
Autour d’eux, Alex Sarr continue sa progression, Bilal Coulibaly peut devenir le défenseur extérieur chargé des missions les plus compliquées et Tre Johnson apporte une option supplémentaire pour créer des points. Cela ressemble moins à une reconstruction traditionnelle qu’à une tentative de traverser plusieurs étapes en même temps.
Washington doit développer ses jeunes, intégrer deux stars expérimentées, trouver une identité collective et éviter que les problèmes physiques de Davis ne détruisent l’équilibre intérieur de l’équipe. Il faudra également décider rapidement quelle place accorder à chacun. Les Wizards veulent-ils gagner immédiatement ou simplement utiliser Young et Davis pour accompagner leur jeunesse ? Dybantsa doit-il devenir le premier attaquant dès sa saison rookie ou prendre le temps d’apprendre auprès des vétérans ?
Le plafond est difficile à mesurer. Le plancher l’est tout autant. Les Wizards ne gagneront peut-être pas 50 matches, mais ils peuvent passer en quelques mois du statut d’équipe invisible à celui de l’un des projets les plus fascinants de la conférence Est. Après des années de vide, ce simple changement mérite déjà de les regarder.





